L’accueil globalement positif réservé par les responsables européens aux propositions grecques a créé un climat d’optimisme. Aris Messinis/AFP
Les partenaires de la Grèce au sein de la zone euro ont salué hier les nouvelles propositions de réformes avancées par le gouvernement d'Alexis Tsipras en jugeant qu'elles pourraient servir de base à un accord dès cette semaine pour permettre au pays d'obtenir une aide financière et éviter ainsi un défaut sur sa dette.
Ils n'ont toutefois pas eu le temps de les examiner en détail avant le sommet des chefs d'État et de gouvernement qui s'est tenu hier en soirée et ont demandé à la Grèce et aux institutions représentant ses créanciers (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) de se mettre immédiatement au travail pour tenter de parvenir à un compromis.
L'accueil globalement positif réservé par les responsables européens aux propositions grecques a créé un climat d'optimisme dont ont profité les principales Bourses européennes, en premier lieu Athènes, dont le principal indice a bondi de 9 %, avec une envolée de plus de 20 % pour le secteur bancaire grec.
Dans la matinée, la BCE a pour sa part relevé pour la troisième fois en six jours le montant des liquidités d'urgence (ELA) auxquelles peuvent avoir accès les banques grecques, confrontées à d'importants retraits des épargnants craignant l'instauration d'un contrôle des capitaux. On ignore le montant du nouveau plafond, déjà porté la semaine dernière à quasiment 86 milliards d'euros selon des sources bancaires.
Au sortir d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro, le président de l'Eurogroupe a qualifié les propositions transmises hier par la Grèce de « base pour vraiment relancer les discussions et parvenir à un résultat dans les prochains jours ».
Évoquant le délai « très court » pour examiner ces propositions, Jeroen Dijsselbloem a ajouté que l'Eurogroupe avait demandé au gouvernement grec et aux représentants des créanciers d'entamer « immédiatement » l'étude détaillée des pistes avancées par Athènes « avec l'objectif de parvenir si possible à un accord cette semaine ». Un compromis semble nécessaire avant le 30 juin, date à laquelle la Grèce aura à rembourser 1,6 milliard d'euros au FMI.
À Bruxelles, Alexis Tspiras a multiplié les rencontres avant de participer à ce sommet. Le Premier ministre grec s'est entretenu avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, celui de la BCE, Mario Draghi, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Après cinq mois de vaines négociations agrémentées d'échanges acrimonieux, les nouvelles propositions grecques (voir encadré) vont dans le sens des exigences des créanciers. Des écueils demeurent avant de parvenir à un accord. Membre du conseil des gouverneurs de la BCE, l'Autrichien Ewald Nowotny a souligné que la mise à disposition des fonds d'urgence par l'institut de Francfort n'avait été prolongée que pour la seule journée d'hier dans l'attente des conclusions du sommet de la zone euro.
(Source : Reuters)
Les principales propositions d'Athènes pour « une solution viable »
Dans un document dévoilé par la presse et représentant sa proposition présentée hier à Bruxelles, Athènes souligne que cette dernière est « le résultat de négociations difficiles afin d'arriver à un accord (...) et constitue une solution viable pour l'économie grecque sans frapper les bas et moyens revenus ».
Les principaux points de cette proposition sont :
– L'acceptation d'un budget en excédent primaire (hors charge de la dette) de 1 % cette année et 2 % l'an prochain.
– Un rachat des 27 milliards d'euros d'obligations grecques détenues par la BCE grâce au Mécanisme européen de stabilité, afin d'obtenir un allongement des maturités sur ces titres, et parallèlement un accès au programme d'assouplissement quantitatif actuel de la BCE.
– L'abaissement des taux de la taxe de solidarité pour les petits revenus, et son relèvement pour les hauts revenus.
– Une taxation plus lourde des entreprises à partir de 2016, avec un impôt sur les sociétés passant de 26 à 29 % et une taxe spéciale de 12 % sur les entreprises réalisant un bénéfice supérieur à 500 000 euros.
– Une hausse de la taxe sur le luxe, pour les voitures de grosse cylindrée, les piscines, les avions et bateaux de plus de dix mètres, notamment.
(Source : AFP)

