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Moyen Orient et Monde - États-Unis

L’église de Charleston rouvre avec un service religieux plein d’émotions

L'EAMEC dénonce la tuerie de ses paroissiens noirs par le « diable ».

Faute de place, des centaines de personnes ont écouté à l’extérieur de l’église de Charleston le discours du pasteur John Gillison et les chants religieux. Carlo Allegri/Reuters

Larmes, chants religieux et condamnation de la tuerie : l'église de Charleston, en Caroline du Sud, a réconforté hier ses paroissiens pour un premier service religieux depuis le massacre mercredi dernier dans cette ville des États-Unis de neuf Noirs abattus par un jeune suprématiste blanc. Pour rappel, le pasteur de la paroisse, Clementa Pinckney, a été tué ce soir-là, ainsi que deux hommes et six femmes, âgés de 26 à 87 ans.
Plusieurs centaines de personnes, blanches et noires, ont donc occupé hier pendant deux heures les bancs de l'Emanuel African Methodist Episcopal Church, la plus vieille église de la communauté noire de Charleston, lieu emblématique pour les droits civiques, et théâtre du bain de sang mercredi soir provoqué par le jeune Dylann Roof. Des centaines d'autres fidèles et badauds, principalement blancs, étaient aussi massés, faute de place, à l'extérieur de l'église, d'où ils pouvaient entendre aux haut-parleurs le long discours du pasteur John Gillison et les chants religieux. Une chorale a entonné un gospel face à une foule calme, parfois émue aux larmes. En mémoire aux victimes, les cloches d'une vingtaine d'églises à et autour de Charleston ont sonné, tout comme des dizaines d'autres aux États-Unis. La cérémonie, très forte en émotions, a été retransmise par les télévisions américaines.

« Le diable est rentré »
Le révérend Gillison a maintes fois fait référence, sans le nommer, à Dylann Roof, le tueur présumé de neufs paroissiens noirs, et qui a été inculpé et maintenu en détention. Les paroissiens « étaient dans la maison du seigneur, étudiant ses paroles, priant les uns avec les autres », a clamé le dignitaire religieux. « Mais le diable est aussi rentré (...) Mais grâce à Dieu, alléluia (...) il n'a pas pu prendre le contrôle de vos fidèles. Et il n'a pas pu s'emparer de votre église », s'est exclamé M. Gillison. « C'était très intense mais apaisé et joyeux », s'est enthousiasmée à la sortie de l'église Tanosha Bosier, 40 ans. Elle a trouvé « émouvant et exaltant d'aider notre communauté à revenir à ce qu'elle était avant mercredi ».
Samedi déjà, plusieurs manifestations avaient secoué la Caroline du Sud. Des milliers de personnes s'étaient rassemblées à Columbia, capitale de l'État et siège du Parlement local, devant lequel flotte toujours le drapeau confédéré, symbole controversé du Sud esclavagiste des États-Unis, défait lors de la guerre de Sécession (1861-1865). Les manifestants ont exigé le retrait de ce drapeau, qui n'avait pas été mis en berne en hommage aux victimes après la tuerie, contrairement au drapeau fédéral ou au drapeau de la Caroline du Sud. Symbole durable de la fierté et de l'héritage du Sud pour ses partisans, le drapeau confédéré représente le racisme et la théorie de la suprématie blanche pour ses détracteurs. Une autre manifestation s'est tenue samedi soir, à Charleston, à l'appel du mouvement Black Lives Matter (La vie des Noirs compte).
La découverte samedi d'un site Internet raciste attribué à M. Roof a permis d'en savoir plus sur le contexte du massacre. Sur des photos, on voit le jeune Blanc brûler la bannière étoilée et brandir le drapeau confédéré. Et, surtout, dans un manifeste bourré de fautes d'orthographe, on peut lire qu'il justifie a priori son crime par sa haine des Noirs. Le texte en dit long sur l'état d'esprit et la motivation du jeune homme, sorti du système scolaire après la 3e et chômeur au moment des faits. « Je n'ai pas le choix (...) J'ai choisi Charleston parce que c'est la ville historique de mon État et qui a eu à un moment le ratio le plus élevé de Noirs par rapport aux Blancs dans le pays », peut-on lire. « Nous n'avons pas de skinheads, pas de véritable KKK (Ku Klux Klan), personne ne fait rien d'autre que de parler sur l'Internet. Quelqu'un doit avoir le courage de le faire dans le monde réel et j'imagine que cela doit être moi », ajoute l'auteur avant de se lancer dans une série de diatribes racistes contre les Noirs « stupides et violents ».
Le drame de Charleston a également provoqué la colère du président Barack Obama qui a de nouveau réclamé de légiférer sur les armes.

(Source : AFP)

Larmes, chants religieux et condamnation de la tuerie : l'église de Charleston, en Caroline du Sud, a réconforté hier ses paroissiens pour un premier service religieux depuis le massacre mercredi dernier dans cette ville des États-Unis de neuf Noirs abattus par un jeune suprématiste blanc. Pour rappel, le pasteur de la paroisse, Clementa Pinckney, a été tué ce soir-là, ainsi que deux hommes et six femmes, âgés de 26 à 87 ans.Plusieurs centaines de personnes, blanches et noires, ont donc occupé hier pendant deux heures les bancs de l'Emanuel African Methodist Episcopal Church, la plus vieille église de la communauté noire de Charleston, lieu emblématique pour les droits civiques, et théâtre du bain de sang mercredi soir provoqué par le jeune Dylann Roof. Des centaines d'autres fidèles et badauds, principalement...
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