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Économie - Focus

Le « trading haute fréquence » effraie toujours

Être le plus rapide sur les marchés pour empocher la mise : près de dix ans après son arrivée retentissante, la technologie du « trading à haute fréquence » (HFT en anglais) s'est développée mais continue de nourrir les inquiétudes.
Cette technique de transaction utilise des ordinateurs ultrapuissants pour passer une multitude d'ordres à une vitesse extrême. Elle est apparue à la faveur de la libéralisation du secteur des opérateurs boursiers en 2007.
L'ouverture à la concurrence s'est traduite par la création d'une multitude de plateformes alternatives, une même action pouvant désormais être vendue sur plusieurs marchés, à un prix différent.
Certains traders ont profité de cet éclatement en cherchant à être les plus rapides dans les échanges, contribuant du même coup, selon certains observateurs, à établir un prix plus uniforme entre les plateformes.
« Le trader de HFT ne sait pas ce qu'il traite, c'est un mathématicien. Son objectif est d'avoir un algorithme qui essaie de deviner la tendance », à l'achat ou la vente d'un titre, « pour se placer au milieu entre l'acheteur et le vendeur », remarque Jean-Pierre Pinatton, président du conseil de surveillance de la banque Oddo & Cie.
Après quelques années d'existence, le HFT est accusé de favoriser la survenue de « flash crash », ces chutes éclair de certains indices boursiers.
Loin d'avoir été mis à mal par ses fragilités, il s'est depuis « normalisé », observe Benoît Lallemand, un expert de l'organisation non gouvernementale Finance Watch. « En 2007, le HFT était centré sur un petit nombre d'acteurs spécialisés, souligne-t-il. Aujourd'hui, une plateforme d'échanges ne peut pas se permettre de vivre sans. »
Les américains Virtu et Getco, ou encore le néerlandais Optiver, qui misaient leur propre argent sur les marchés, côtoient certains géants bancaires qui utilisent le HFT pour le compte de leurs clients.
Chez Euronext, l'opérateur boursier européen chapeautant les Bourses de Paris, Amsterdam, Lisbonne et Bruxelles, les acteurs qui ont recours au HFT sur les actions sont estimés à 21 %. « Différents chiffres circulent et la proportion du HFT est très volatile », estime néanmoins Jean-Edouard Colliard, professeur de finances à HEC.
Le secteur est aussi soumis à une concurrence acharnée qui pousse les professionnels à se moderniser sans cesse. Or, l'amélioration des outils « devient de plus en plus coûteuse pour un gain supplémentaire de plus en plus aléatoire », note M. Colliard.
« Le risque de krach d'un de ces systèmes est beaucoup plus important que par le passé car ils sont poussés au maximum de leurs capacités », observe M. Lallemand.
Ses défenseurs lui prêtent la capacité de fluidifier au maximum les échanges, ses détracteurs rétorquant que cela se fait sur des actifs déjà liquides et disparaît en cas de tension sur les marchés.
En outre, le HFT présente aux yeux de certains le risque d'accroître les fortes variations de prix à la hausse ou la baisse. « Certaines opérations en matière de HFT peuvent être très proches de la manipulation de cours », prévient pour sa part Gérard Rameix, président de l'Autorité des marchés financiers française.
Face à ces défis, les régulateurs cherchent à mieux encadrer cette pratique. En Europe, une nouvelle réglementation appelée Mif 2 est prévue pour 2017.
Ces nouvelles lois « sont les plus ambitieuses au niveau mondial, mais restent très insuffisantes du point de vue de l'intérêt général », estime cependant M. Lallemand.
Selon lui, le HFT entraîne « une perte de confiance dans les marchés financiers des investisseurs institutionnels et particuliers », qui se sentent de plus en plus systématiquement doublés.
Cécile DE CORBIÈRE/AFP

Être le plus rapide sur les marchés pour empocher la mise : près de dix ans après son arrivée retentissante, la technologie du « trading à haute fréquence » (HFT en anglais) s'est développée mais continue de nourrir les inquiétudes.Cette technique de transaction utilise des ordinateurs ultrapuissants pour passer une multitude d'ordres à une vitesse extrême. Elle est apparue à la faveur de la libéralisation du secteur des opérateurs boursiers en 2007.L'ouverture à la concurrence s'est traduite par la création d'une multitude de plateformes alternatives, une même action pouvant désormais être vendue sur plusieurs marchés, à un prix différent.Certains traders ont profité de cet éclatement en cherchant à être les plus rapides dans les échanges, contribuant du même coup, selon certains observateurs, à...
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