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Un monde de solutions (III)

« Code comme une fille »

Manos CHARALAMBAKIS (Ta Nea/GRÈCE)
OLJ
20/06/2015

Pendant l'été 2014, Anastasia Siapka et Maria Dermetzi, deux étudiantes à la faculté de droit de Thessalonique, réfléchissaient à une idée de petite entreprise. Elles se sont toutefois vite rendu compte qu'elles auraient besoin de bonnes compétences en programmation informatique quel que soit leur projet – des aptitudes qu'elles n'avaient pas. Elles avaient aussi besoin du savoir-faire indispensable pour créer un site Internet de qualité, c'est pourquoi elles ont commencé à chercher des informations en anglais sur le Web.
Il n'en fallait pas plus, une idée était née. Leur défi est devenu une source d'inspiration. En août 2014, elles ont ainsi créé « Code it like a girl », une petite entreprise dont le but est précisément d'aider les jeunes femmes à se familiariser avec la programmation et d'autres compétences fondamentales en matière de nouvelles technologies. Elles contribuent ainsi à combler le fossé qui sépare encore les hommes et les femmes dans ce domaine.
Sous trois mois, les deux étudiantes avaient créé un site Internet sophistiqué et de belles pages personnelles. En réalité, elles ont commencé leurs activités quasiment immédiatement. Depuis, elles organisent des conférences qui donnent aux femmes les compétences fondamentales (en langages HTML et CSS) pour créer leurs sites Internet et leurs blogs.

« C'est précisément parce que nous avons été confrontées à de nombreux défis en voulant créer un site et que nous avons dû compiler des instructions à partir de différentes sources en anglais que nous avons jugé très utile d'aider les femmes grecques qui veulent faire quelque chose de semblable », explique Anastasia Siapka, 21 ans.
« Nous voulions aider les femmes à se familiariser avec des techniques fondamentales de programmation afin d'acquérir des connaissances et des compétences. Actuellement, si on veut apprendre à coder, on trouve des documents et des cours en ligne. Toutefois, l'essentiel de ce matériel d'information n'est disponible qu'en anglais. Il nous a semblé nécessaire de fournir des ressources similaires dans notre langue, le grec, pour toutes les femmes qui ont peu ou pas de connaissances en anglais. Naturellement, notre intention est aussi de développer une relation plus personnelle avec elles », précise Maria Dermetzi, 22 ans.

L'objectif principal de « Code it like a girl » est de combler les inégalités hommes-femmes qui persistent en informatique et en technologies de la communication. « Nous avions remarqué que les femmes étaient sous-représentées dans ces domaines. Il était étonnant de rencontrer si peu de femmes aux manifestations liées aux nouvelles technologies où nous allions », confie Maria Dermetzi. Avec le temps, elles ont découvert de nombreuses études qui appuyaient cette observation empirique. Dans toute l'Europe, seuls 30 % des employés dans le secteur de l'informatique sont des femmes et seulement 9 % de toutes les applications sont développées par des femmes. « Nous avons vu, d'une part, que les femmes ne faisaient pas d'études d'informatique ou dans d'autres domaines scientifiques connexes. D'autre part, les compétences maîtrisées par les femmes qui avaient fait ce type d'études et entraient sur le marché du travail étaient souvent sous-évaluées et sous-exploitées par rapport aux hommes. Avec notre projet, nous avons l'intention de nous concentrer sur la nécessité de donner aux femmes les moyens de réussir dans ce domaine, mais aussi de gagner en confiance », explique Maria Dermetzi.

Six jeunes femmes participent à ce projet original, qui est en passe de prendre la structure juridique d'une coopérative. Parmi elles, trois ont un bagage technique et trois ont appris à coder toutes seules. « Nous avons voulu rassembler des femmes venant de différents secteurs, comme le commerce et l'économie, pour contribuer au succès de notre projet », précise la jeune femme.
« Code it like a girl » a déjà eu un impact, car les femmes semblent très intéressées par une formation en nouvelles technologies. « Nombre de femmes ont entendu parler de notre projet et ont demandé quand commenceraient les conférences », affirme Anastasia Siapka. D'ailleurs, des femmes de tous âges se sont manifestées, dont certaines de plus de 60 ans.
Les fondatrices de « Code it like a girl » s'adressent peut-être spécifiquement aux femmes, mais leur message est valable pour les jeunes en général. « Nous devons encourager les jeunes à s'embarquer dans des aventures similaires. Nous avons déjà acquis de nombreuses compétences », poursuit la jeune femme.

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