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« Les primates de Park Avenue », essai sur les affres des mamans ultrariches

Kena Betancur/AFP

Les primates de Park Avenue se distinguent par l'imposant salaire de leurs époux, une plastique parfaite et une existence vouée à la «carrière» de leurs enfants, si l'on en croit la New-Yorkaise Wednesday Martin dans un essai à vocation anthropologique qui fascine autant qu'il révulse.
Le train de vie de cette maman blonde focalisée sur l'embauche de nounous de choc et l'achat d'articles de luxe détone avec le reste de la mégalopole, où plus de 20 % des enfants ne mangent pas à leur faim, selon certaines études. Mais le livre de Wednesday Martin, qui rencontre depuis le 2 juin un succès en librairie et sur Internet, veut montrer l'ombre du tableau idyllique dans lequel vivent ces femmes au foyer richissimes du quartier de l'Upper East Side.
Elle raconte les névroses, calmées à grand renfort de médicaments et de verres de vin, servis dès 11h du matin pendant que leurs enfants partagent un tapis de jeu. Ses anecdotes personnelles sont ponctuées d'observations que l'auteur emprunte à Jane Goodall, une primatologue britannique qui a observé les chimpanzés en Tanzanie. La quête d'un sac Hermès pour la bagatelle de 150000 dollars est ainsi comparée à la manière dont les chimpanzés poussent des hurlements.
La ségrégation entre hommes et femmes lors des dîners mondains revêt, elle, l'aspect d'une vie « de Gheishas à Manhattan », avec l'obsession constante d'avoir un corps parfait. La descendance aussi doit aspirer à cette perfection maladive, si bien que même le jour de la naissance devient un enjeu. C'est ainsi le drame lorsqu'elle réalise que son garçon ne naît pas au bon moment pour figurer parmi les enfants les plus âgés dans sa classe de maternelle.
Le livre, déjà publié à 63000 exemplaires, offre «une perspective amusante» de la haute bourgeoisie, commente le New York Times. Il se révèle «sexiste et cruel» pour le magazine Elle. Les plus vives critiques portent sur la véracité du témoignage. D'après les recherches du New York Post, Wednesday Martin n'a pas vécu six ans, mais trois ans, dans l'Upper East Side. Elle n'a pas deux, mais un enfant, et n'a pas non plus eu besoin de porter des perles pour obtenir la location d'un appartement qu'elle convoitait. Tous les livres à caractère autobiographique contiennent ce genre d'inexactitudes, rétorquent l'auteur et sa maison d'édition Simon and Schuster, promettant d'annoter les prochaines éditions de Primates of Park Avenue.
Les réactions d'habitantes de l'Upper East Side ont fusé dans les médias, surtout pour contrer les allégations de l'auteure. « C'est une tentative de déshumaniser ces personnes, c'est un livre qui semble vouloir générer la division et humilier une catégorie de gens », explique une anonyme à People magazine.
Une des anecdotes qui a fait bondir est celle où Wednesday Martin raconte comment les riches mères au foyer touchent un pourcentage du bonus annuel de leur mari, pour payer leur frais de beauté et de personnel s'occupant de leurs enfants. «Je ne connais personne, absolument personne, qui a une clause de la sorte dans son contrat de mariage. Et je connais beaucoup de personnes», s'est insurgée dans le magazine Vanity Fair Allison Aston, une autre habitante de l'Upper East Side. Avant de concéder que «cela doit exister dans des cas extrêmes, mais ce n'est certainement pas la norme».

Jennie MATTHEW/AFP

Les primates de Park Avenue se distinguent par l'imposant salaire de leurs époux, une plastique parfaite et une existence vouée à la «carrière» de leurs enfants, si l'on en croit la New-Yorkaise Wednesday Martin dans un essai à vocation anthropologique qui fascine autant qu'il révulse.Le train de vie de cette maman blonde focalisée sur l'embauche de nounous de choc et l'achat d'articles de luxe détone avec le reste de la mégalopole, où plus de 20 % des enfants ne mangent pas à leur faim, selon certaines études. Mais le livre de Wednesday Martin, qui rencontre depuis le 2 juin un succès en librairie et sur Internet, veut montrer l'ombre du tableau idyllique dans lequel vivent ces femmes au foyer richissimes du quartier de l'Upper East Side.Elle raconte les névroses, calmées à grand renfort de médicaments et de verres...
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