Un membre de la Défense civile syrienne dort dans une rue d'une partie d'Alep sous contrôle des rebelles, le 8 juin 2015. AFP PHOTO / KARAM AL-MASRI
Un couple et leurs cinq enfants ont été tués dans la nuit par une frappe de la coalition anti-jihadiste dirigée par les Etats-Unis sur la province syrienne d'Alep (nord), rapporte une ONG lundi.
D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 148 civils ont été tués en Syrie par les raids de cette coalition internationale qui combat l'organisation extrémiste Etat islamique (EI) depuis le début de cette campagne aérienne en septembre. La famille a été tuée dans la nuit de dimanche à lundi dans un raid sur le village de Dali Hassan, dans le nord-est de la province septentrionale d'Alep.
"Cela porte le bilan des civils syriens tués dans les raids de la coalition depuis le 23 septembre à 148 morts, dont 48 enfants et 32 femmes", rapporte l'OSDH qui dresse méticuleusement le bilan des morts de la guerre en Syrie.
En mai, l'Observatoire avait rapporté la mort d'au moins 64 civils, dont 31 enfants, dans des frappes de la coalition fin avril sur le village de Birmahlé, également dans la province d'Alep. La Coalition de l'opposition syrienne en exil avait alors appelé à une enquête.
Le Pentagone dément généralement la mort de civils dans les frappes de la coalition, malgré de nombreuses informations faisant état de la mort de non-combattants. Mais le 22 mai, le chef de la coalition internationale a reconnu pour la première fois qu'un raid en novembre dernier sur Alep avait tué deux enfants. Une enquête avait conclu qu'aucune erreur n'avait été commise.
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Raids du régime sur Idleb
Parallèlement, au moins 49 civils ont été tués lundi dans des raids aériens des forces gouvernementales sur un village de la province d'Idleb (nord-ouest), dominée par les rebelles, a rapporté l'OSDH.
"L'aviation militaire a bombardé le village d'Al-Janoudiya, dans la région de Jisr al-Choughour (ouest), tuant au moins 49 civils, dont six enfants", a déclaré le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Les raids ont touché "une place publique, où beaucoup de gens se rassemblent d'habitude parce qu'il y a beaucoup d'échoppes", a-t-il dit à l'AFP, précisant que le village compte de nombreux déplacés ayant fui les violences dans d'autres régions.
(Témoignage : « Il y avait des corps partout, sur les tables, dans les couloirs, sur le sol... »)
Al-Janoudiya a été sous le contrôle des rebelles pendant longtemps, mais ce n'est qu'au cours des derniers mois que la quasi-totalité de la province d'Idleb est tombée aux mains d'une coalition qui se fait appeler l'Armée de la conquête, incluant rebelles islamiste et la branche syrienne d'el-Qaëda, le Front al-Nosra.
Al-Janoudiya est située au nord de la ville de Jisr al-Choughour, tombée aux mains de cette coalition le 25 avril, soit moins d'un moins après la chute d'Idleb, chef-lieu de la province éponyme. Le régime ne dispose plus que d'une poignée de positions dans cette région frontalière de la Turquie, notamment l'aéroport militaire d'Abou Douhour.
Sur le plan diplomatique, des représentants de l'opposition syrienne ont entamé lundi une réunion de deux jours au Caire pour tenter de créer un nouveau regroupement "élargi" contre le régime de Bachar el-Assad et adopter une charte nationale.
L'idée de cette Conférence internationale sur la Syrie est de trouver une alternative à la Coalition de l'opposition, principal regroupement en exil soutenu par l'Occident et par des pays arabes comme le Qatar, l'Arabie saoudite et la Turquie. Notamment en l'élargissant à d'autres groupes et en la rendant "indépendante" financièrement et politiquement des puissances étrangères, selon Haytham Manna, un opposant de premier plan au régime syrien et l'un des co-organisateurs de la conférence.
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