... Et de quatre ?
Parce que c'est lui qu'il faut élire ou alors personne, cela fait maintenant plus d'un an que le Liban est sans président. Le Liban n'a pas davantage un Parlement digne de ce nom. Autoreconduite à deux reprises, l'Assemblée se perd en arguties sur l'opportunité d'un débat sur les lois dites de nécessité, étant clair pourtant que la première des nécessités, la plus pressante, est bien l'élection d'un nouveau chef de l'État. Voici maintenant que le gouvernement est frappé de paralysie ; les désaccords portent sur ce qu'un pays peut avoir de plus précieux : sa sécurité, qu'il s'agisse de la désignation de hauts responsables militaires ou de la défense du pays face aux hordes de radicaux islamistes venant de Syrie.
On en vient ainsi au tour de l'armée, dernière institution, dernier attribut étatique encore debout face aux pelles des experts du travail de sape. L'armée, on commence par la salir ; et puis, on la pousse au suicide en invoquant de prétendus impératifs stratégiques. Cette manœuvre à pinces, Hassan Nasrallah l'entamait la semaine dernière en reprochant son laxisme à la troupe puis en la sommant de se joindre à sa guerre privée à la frontière libano-
syrienne. Évoquant une nouvelle fois hier la bataille du Qalamoun, le chef du Hezbollah ne s'est pas départi un seul instant de son ton triomphal (mais si ces succès sont bien réels, pourquoi insister pour s'assurer le concours de l'armée ? ). Assez curieusement cependant, le chef du Hezbollah fait l'impasse sur la consigne prudente et rationnelle, impartie la veille à l'institution militaire, laissée seule juge des dispositions à prendre. Il faut dire que dans l'intervalle, c'est son allié du Courant patriotique libre, le ministre des Affaires étrangères, qui avait pris le relais. Ce que l'armée multiconfessionnelle s'est abstenue de faire, c'est le Hezbollah chiite qui a dû s'en charger, affirmait-il, toujours hier, à un journal saoudite. Bravo, petit, leçon bien apprise !
Ce que la milice voudrait, en somme, c'est enliser l'armée dans une guerre qu'il dit préventive, mais qui, en réalité, serait une guerre d'usure, par définition coûteuse en pertes humaines et en matériel. Une telle guerre nécessiterait le déploiement de milliers de soldats et d'importants moyens logistiques dans un espace difficile à contrôler totalement et où le tracé de la frontière est proprement inexistant, Damas se refusant en effet à toute délimitation. Si bien que les soldats libanais risqueraient de se retrouver guerroyant sur le sol syrien, tout comme les meneurs de la milice, sinon à leur traîne. Et, comble des combles, ce serait au bénefice total, exclusif, d'un Bachar el-Assad.
Sidérant, non ?
Issa GORAIEB
igor@lorient-lejour.com.lb
Parce que c'est lui qu'il faut élire ou alors personne, cela fait maintenant plus d'un an que le Liban est sans président. Le Liban n'a pas davantage un Parlement digne de ce nom. Autoreconduite à deux reprises, l'Assemblée se perd en arguties sur l'opportunité d'un débat sur les lois dites de nécessité, étant clair pourtant que la première des nécessités, la plus pressante, est bien l'élection d'un nouveau chef de l'État. Voici maintenant que le gouvernement est frappé de paralysie ; les désaccords portent sur ce qu'un pays peut avoir de plus précieux : sa sécurité, qu'il s'agisse de la désignation de hauts responsables militaires ou de la défense du pays face aux hordes de radicaux islamistes venant de Syrie.
On en vient ainsi au tour de l'armée, dernière institution, dernier attribut...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef