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Liban - Incidents aériens

Et de deux pour la MEA : après Paris, Erevan...

En route vers Beyrouth, l'avion a fait demi-tour. Un pilote de la compagnie assure que les deux incidents sont similaires, qu'ils ne sont « pas graves », et qu'il s'agit d'une pure coïncidence.

Une panne dans une des pompes hydrauliques, à Erevan comme à Paris, assure un pilote.

Lundi soir, vers 21h45, Erevan, capitale de l'Arménie. Le vol de la Middle East Airlines vers Beyrouth décolle avec une demi-heure d'avance, ce qui enchante le passager Antoine Kalaydjian. Ce juriste de formation vient de passer quelques jours de vacances en Arménie, en compagnie de sa fille, elle aussi avocate.
« Dès le décollage, nous avons entendu un bruit étrange et ressenti des vibrations, comme si l'avion perdait de sa puissance, se souvient-il. Ma fille, assise près de moi, a été prise de vertige. Ce n'était clairement pas un décollage normal. »
Au bout de trente minutes environ, une voix déclare aux passagers que l'avion connaît un « petit problème technique » et que le pilote a décidé de faire demi-tour pour revenir à Erevan. « Ma fille n'était pas tranquille, poursuit Antoine Kalaydjian. Autour de nous, les gens avaient peur mais sont restés calmes. Le pilote n'a pas donné de plus amples explications sur le problème technique, peut-être pour ne pas nous alarmer. L'atterrissage a été difficile, nous sentions que l'avion a eu du mal à freiner. »

C'est le deuxième incident de ce type survenu à bord d'un avion de la MEA en trois jours. Samedi, un vol qui faisait la connexion entre Paris et Beyrouth a été interrompu, également en raison d'un problème technique. Le pilote avait fait demi-tour pour se poser à l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, d'où il venait de décoller.

Pour mieux comprendre la multiplication de ces incidents, nous avons interrogé le capitaine Fadi Khalil, secrétaire général du syndicat des pilotes. « Les deux incidents ne représentaient pas de danger réel, explique-t-il. Malgré la similitude des deux cas, c'est une pure coïncidence si les deux pannes sont survenues la même semaine, sur deux avions différents, qui plus est : un Airbus 320 dans le cas de Erevan et un Airbus 330 pour Paris. »
Selon le capitaine Khalil, il s'agissait dans les deux cas de pannes dans une des pompes hydrauliques de l'avion. « L'avion est doté de trois de ces systèmes, dit-il. Si l'un d'entre eux tombe en panne, cela ne met pas l'appareil en danger. Mais nos pilotes optent pour l'option la plus sûre, qui est celle de faire demi-tour et de se poser dans l'aéroport de départ. Il est tout à fait possible de poursuivre le voyage vers la destination finale, et c'est commercialement plus viable, mais cela aggrave la panne en général. Notre politique est de privilégier la sécurité au détriment de tous les autres aspects. »

Prise en charge insuffisante
Pour Antoine Kalaydjian, le problème ne s'est pas limité à l'ennui technique dans l'avion. « Quand nous nous sommes retrouvés de nouveau à l'aéroport de Erevan, on nous a priés de rester assis dans la salle d'attente où nous nous trouvions avant d'embarquer, raconte-t-il. Non seulement personne n'était là pour nous prendre en charge ni nous expliquer ce qui s'est passé, mais nous sommes restés toute la nuit sur des chaises, sans savoir quand le retour serait possible. Certains n'avaient plus de monnaie arménienne. Ce n'est que bien plus tard qu'un ticket repas nous a été distribué. Autour de nous, des familles, des enfants pleuraient... Finalement, un avion de la MEA est arrivé de Beyrouth vers 5h. Il a encore fallu attendre pour commencer l'embarquement, qui s'est fait dans le chaos. »
Le juriste est révolté par ce qu'il considère comme un « manque de respect envers les passagers ». « Nous avons patienté ce jour-là parce qu'il s'agit de notre compagnie nationale, dit-il. Les circonstances étaient exceptionnelles, il est vrai. Mais même en temps normal, cela fait longtemps que nous souffrons de pratiques telles que les retards dans le décollage, la confusion dans les places, etc. Il est temps que les choses changent. »

Interrogée sur cette prise en charge quasiment inexistante, Rima Maccaoui, directrice des relations publiques de la MEA, explique que l'équipe sur place a fait de son mieux, prévenant les passagers qu'un avion était en route de Beyrouth pour assurer leur retour. Quant au capitaine Khalil, il dit être entré en contact avec les pilotes du vol Erevan-Beyrouth. « Ils m'ont raconté que les passagers ont applaudi à la descente de l'avion, dit-il. Il n'y a eu aucun désaveu, selon eux. Preuve en est, tous ces passagers sont rentrés dans l'avion dépêché de Beyrouth, qui a été piloté par la même équipe, ce qui n'est pas évident pour des passagers qui viennent de vivre un vol difficile. »

 

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Lundi soir, vers 21h45, Erevan, capitale de l'Arménie. Le vol de la Middle East Airlines vers Beyrouth décolle avec une demi-heure d'avance, ce qui enchante le passager Antoine Kalaydjian. Ce juriste de formation vient de passer quelques jours de vacances en Arménie, en compagnie de sa fille, elle aussi avocate.« Dès le décollage, nous avons entendu un bruit étrange et ressenti des...
commentaires (1)

La MEA ....a une déléguée relations publiques talentueuse...! , elle pratique la langue ...de bois et la langue de cèdre en même temps....

M.V.

14 h 37, le 03 juin 2015

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Commentaires (1)

  • La MEA ....a une déléguée relations publiques talentueuse...! , elle pratique la langue ...de bois et la langue de cèdre en même temps....

    M.V.

    14 h 37, le 03 juin 2015

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