Dans la décennie précédant la crise de 2008, les taux de chômage français et allemand étaient presque identiques à un niveau élevé, d'environ 9 %. Aujourd'hui, on approche de 11 % en France et de 5 % en Allemagne selon les données d'Eurostat. Dans cet écart, des facteurs démographiques sont à l'œuvre (ainsi, en Allemagne, la population en âge de travailler se contracte déjà, ce qui facilite la baisse du chômage). Les gouvernants français ne sauraient toutefois s'exonérer à si bon compte, car la « préférence française pour le chômage » continue de faire des ravages en créant des barrières à l'entrée et à la sortie. Toute cela aboutit à une segmentation du marché du travail que des esprits éminents ont souvent proposé de réformer sans être entendus par les gouvernements, ni hier ni aujourd'hui.
Dans un tel système, une croissance économique faible (+0.4 % par an depuis 2012) ne permet pas la création d'emplois, surtout dans le secteur privé. Les derniers chiffres de demandeurs d'emploi sont donc lamentables (+5.1 % sur un an, +76 % depuis début 2008). En réaction, le gouvernement vient d'annoncer une hausse des « contrats aidés », mesure coûteuse et peu efficace si l'on en juge par l'insertion de ses bénéficiaires. Une politique plus utile est la baisse du coût du travail à la charge des entreprises. Les efforts en ce sens ont certes été accentués depuis deux ans, mais le poids des taxes sur le travail est encore bien supérieur en France à celui de ses pairs. Le système français reste perclus de rhumatismes réglementaires. Les spécialistes de l'économie du travail ont démontré de manière convaincante que pour encourager la création d'emplois, un bon moyen est d'assouplir les procédures de licenciements car cela fait sauter le verrou à l'embauche. Il serait vraiment temps que les gouvernants français veuillent bien s'en aviser.
Cet article est réalisé par Fidus

