La Russie, l'un des principaux fournisseurs de céréales de la planète, a annoncé vendredi de nouvelles taxes sur les exportations de blé, pour éviter un assèchement de son marché intérieur en cas de rechute du rouble. Le mécanisme publié vendredi par décret du gouvernement vise à remplacer de manière pérenne celui bien plus restrictif imposé entre le 1er février et le 15 mai pour contenir l'hémorragie des céréales russes vers les marchés internationaux, à l'origine de flambées de prix en Russie.
Prévue pour entrer en vigueur le 1er juillet, cette taxe flottante restera au niveau très symbolique de 50 roubles par tonne (87 centimes d'euro) tant que le prix du blé sera inférieur à 11 000 roubles par tonne (191 euros), ce qui est le cas actuellement.
Mais si les prix dépassent ce seuil, soit parce que les cours augmentent sur les marchés agricoles internationaux, soit parce que la monnaie russe rechute, elle deviendra bien plus douloureuse. Les céréaliers seront alors découragés de vendre leur production à l'étranger, empêchant les prix du blé, et donc ceux très sensibles du pain, d'augmenter en Russie.
La taxe, « en cas de brusque affaiblissement du rouble, permettra de limiter les exportations de céréales », a expliqué le gouvernement dans un communiqué.
C'est en effet en réaction à l'effondrement du rouble de décembre que les autorités russes avaient décidé une première fois d'imposer des barrières douanières, fixées à partir du 1er février à un niveau bien plus élevé (35 euros par tonne minimum).
Il s'agissait alors de frapper fort, sans avoir recours à l'arme ultime de l'embargo craint par les marchés agricoles du monde entier, contre la hausse des prix du blé et du pain. Le tout dans un contexte d'inflation galopante due à la crise monétaire et à l'embargo imposé aux produits alimentaires occidentaux en réponse aux sanctions liées à la crise ukrainienne.
Le phénomène était d'autant plus irritant pour Moscou que la dernière moisson s'est révélée l'une des plus abondantes de la période postsoviétique, à 105 millions de tonnes tous types de céréales compris.
La taxe réduisant effectivement les exportations et le rouble rebondissant au printemps, le gouvernement avait décidé d'annuler au 15 mai cette mesure s'apparentant à une double peine pour les agriculteurs, eux-mêmes affectés par la crise économique actuelle en Russie et privés de ventes très rentables à l'étranger.
(Source : AFP)
Économie - Matières Premières
La Russie va taxer à long terme ses exportations de blé
OLJ / le 30 mai 2015 à 00h00

