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Ely Dagher à « L’OLJ » : Que je gagne ou pas, Cannes a déjà validé mon travail

Festival de Cannes

La sélection du film d'Ely Dagher, « Waves'98 », en compétition officielle pour la Palme d'or du court-métrage à peine annoncée, et voilà toutes les forces du pays du Cèdre, notamment l'Office du tourisme libanais à Paris, qui se mobilisent pour faciliter au maximum le séjour du jeune réalisateur à Cannes.

23/05/2015

C'est demain dimanche, au cours de la cérémonie de clôture, que le verdict de cette Palme d'or du court sera, lui aussi, rendu public. Déjà, tout un pays, ou presque, se met à espérer la récompense suprême, même mini puisqu'il s'agit encore une fois des courts, pour le jeune réalisateur. Ce serait une première, sachant que le très regretté Maroun Baghdadi, un ancien collaborateur de L'Orient-Le Jour, avait reçu le prix du Jury pour Hors la vie, et que Nadine Labaki avait été sélectionnée pour Et maintenant on va où ? dans la section Un certain regard.
À 48 heures des résultats, Ely Dagher répond, une nouvelle fois, aux questions de L'Orient-Le Jour.

Waves'98 est votre premier film depuis votre diplôme. Comment accueille-t-on l'annonce d'une sélection aussi prestigieuse ?
Quand j'ai appris ma sélection, j'ai mis du temps à assimiler et à comprendre. D'ailleurs, jusqu'à présent, je n'arrive pas à réaliser ce qui m'arrive.

Que ferez-vous si vous gagnez ? Et si vous ne gagnez pas ?
Je pense que ce sera la même chose pour moi. Bien sûr, la victoire sera exaltante, mais franchement, je me sens déjà gagnant, parce que la sélection est aussi importante que la victoire. D'ores et déjà, le Festival a validé mon travail, et m'a reconnu parmi tellement de candidats. Gagnant ou pas, la voie est ouverte. Ce sera pour moi plus facile de trouver des fonds à l'avenir, notamment pour mon prochain scénario que je suis déjà en train d'écrire.

Continuerez-vous à faire de l'animation ?
Non, pas nécessairement. Pour Waves'98, j'avais écrit le scénario au préalable, et comme l'histoire est assez personnelle, j'ai mêlé vidéos réelles, qui évoquent le Liban, à l'animation, un art que je trouve plus adéquat à ce récit irréel.

Quelles sont vos références cinématographiques ?
Je suis surtout influencé par les cinéastes qui utilisent le son comme un autre langage cinématographique. Dans mon film, le son est un personnage en soi. Je ne pense pas qu'un film puisse se résumer à une simple narration. C'est davantage une atmosphère que le réalisateur fabrique par tous les moyens. Alors, côté influences, je pencherais vers Jim Jarmusch et David Lynch.

Le film, très personnel, est-il une manière d'exorciser tous les démons de la guerre ?
En effet. Il y a, dans ce film, deux couches de lectures qui se superposent et s'enchevêtrent. Il s'agit surtout du questionnement auquel fait face l'interprète principal. Va-t-il continuer à vivre dans cette bulle créée par la guerre, ou va-t-il s'en détacher ? Aujourd'hui, après plusieurs allers-retours entre le Liban et Bruxelles, je suis en paix avec moi-même et je ne me pose plus ce genre de questions. Je n'ai plus à choisir. Je n'ai aucune attitude négative envers mon pays, mais l'éloignement a permis que mon regard gagne de la perspective.

 

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Et la Palme d'or de « L'Orient-Le Jour » est attribuée à...

Qui succédera à « Winter Sleep » ? Avant la cérémonie de clôture, demain dimanche 24 mai, L'Orient-Le Jour s'est prêté au jeu des pronostics. Après visionnage d'un grand nombre de films parmi les 19 arrivés des quatre coins de la planète, voici notre verdict – très européen, certes, mais c'est cette cuvée 2015 qui le veut. Palmarès subjectif en toute... objectivité.

Palme d'or
Le coup de cœur de L'OLJ va à Youth, de Paolo Sorrentino, ce réalisateur qui a raté sa palme en 2013, mais qui s'est rattrapé avec l'oscar du meilleur film étranger pour La Grande Bellezza. Youth est un magnifique portrait groupé avec le temps qui passe comme personnage principal. Il fédère toutes sortes de disciplines artistiques et réunit, entre autres, Michael Caine, Harvey Keitel et Rachel Weisz. Voilà un film d'une beauté formelle à couper le souffle.

Grand Prix du jury
Il devrait être remis à Mia Madre de Nanni Moretti. Comme c'est le second prix le plus prestigieux du festival, il serait normal de récompenser cette œuvre à la fois personnelle et collective de l'Italien, encore un, habitué de la Croisette et qui nous a tant émus.

Prix du jury
Jacques Audiard, qu'on ne voudrait pas voir uniquement abonné aux César, est le favori de L'OLJ. Dheepan raconte l'histoire d'un guerrier tamoul qui émigre clandestinement en France. Il y retrouvera dans ce pays d'accueil la même violence que dans celle de son pays. Son élégance et son style feront l'unanimité du jury.

Prix d'interprétation masculine
La récompense est remise à Vincent Lindon. Dans le film La Loi du marché qui décrypte, à la loupe, le monde féroce du travail. Lindon, comédien authentique et vrai, y signe sa troisième collaboration avec le réalisateur Stéphane Brizé.

Prix d'interprétation féminine
Petite hésitation entre Margherita Buy (Mia Madre) et Cate Blanchett (Carol). Cette dernière a accumulé jusqu'à présent toutes sortes de récompenses, entre oscar et Golden Globe pour Blue Jasmine, et diverses autres distinctions pour Elizabeth et I'm not there de Todd Haynes. Pour le même Todd Haynes, elle interprète Carol, une femme mariée qui tombe amoureuse d'une vendeuse, interprétée par la troublante Rooney Mara.

Prix de la mise en scène
Ce prix récompense le meilleur réalisateur de la compétition. L'OLJ le verrait échoir au Taïwanais Hou Hsiao-hsien, pour la beauté des formes et des plans dans un cinéma qui a manqué à la Croisette, puisque The Assassin marque le retour de ce grand metteur en scène après huit ans d'absence.

Prix du scénario
Œuvre atypique et qui a retenu l'attention du festival par son originalité : The Lobster, du réalisateur grec Yorgos Lanthimos, mérite qu'on s'attarde dessus.

Palme d'or du court-métrage
On optera en toute impartialité pour l'œuvre animée et fantastique du Libanais Ely Dagher, Waves'98.

 

Qui peut ne pas aimer Gérard Depardieu...


À la 68e édition du Festival de Cannes, le comédien Gérard Depardieu qui avait disparu ces dernières années de l'écran – « Je m'occupais d'un tas de choses, je suis un acteur à la retraite », a-t-il jugé bon de préciser – était plus que présent. Mais de cette présence qui ne pourrait en aucun cas passer inaperçue : il y a une carrure, massive, imposante, et il y a un rire, tonitruant et qui résonne encore dans les couloirs du Palais du Festival.
Présent donc pour le film de Guillaume Nicloux, Valley of Love, où il retrouve Isabelle Huppert avec laquelle il n'avait pas tourné depuis Loulou (1980), et dans lequel il livre une performance remarquable.
Présent également dans le documentaire de Richard Melloul projeté hier, avant son film, et qui dévoile des facettes inconnues de ce monstre sacré.
Trois raisons pour aimer encore et toujours ce Gégé international :
Il n'a pas honte d'avouer qu'il a fait ce métier parce qu'il n'avait pas envie de travailler et qu'il aime de plus en plus regarder les gens de ce milieu dont il est le premier spectateur.
Pour ses blessures qu'il transforme en grand rire fracassant et parce que, pour lui, les morts continuent à vivre avec nous.
À sa façon de dire, exactement comme dans le film de Nicloux : « Qu'est-ce qu'il fait chaud ici ! » Mais aussi : « C'est magnifique de retrouver une étreinte. »
Comment ne pas l'aimer...

 

PS : à l'heure d'aller sous presse, le Macbeth de Justin Kurzel avec Michael Fassbender et Marion Cotillard n'a pas été visionné. Créera-t-il la surprise ?

 

 

Pour mémoire
À Cannes, l'immense chantier du cinéma libanais...

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