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Yokichi Nakagawa, doyen des journalistes à Cannes, poète et passionné

Son premier souvenir de la Croisette ? « L'Arbre aux sabots », d'Ermanno Olmi, Palme d'or en 1978. Depuis, le journaliste japonais, 73 ans, n'a jamais manqué à l'appel. Il couvre, cette année, son 38e festival.

Loïc Venance/AFP

« C'est fatigant, mais ça m'attire toujours autant », confesse à l'AFP Yokichi Nakagawa, cinéphile de toujours, au visage rieur, dans un français précis. Près de 40 ans ont passé et la passion est intacte. L'espoir aussi, à chaque fois renouvelé, de découvrir de nouvelles pépites parmi la quarantaine de films qu'il visionne avidement pendant douze jours. « La sélection officielle, bien sûr, mais aussi les autres comme Un Certain Regard, qui permet de découvrir de nouveaux talents », explique le doyen des quelque 4.000 journalistes qui couvrent le Festival de Cannes. Il assure une correspondance pour le quotidien Shimbun Akahata, organe du Parti communiste nippon, qui tire à trois millions d'exemplaires.
Flashback au milieu des années 1960. Après des études d'économie et de sciences politiques dans une université de Tokyo, le jeune Nakagawa, déjà mordu de pellicule, débute comme assistant réalisateur pour des cinéastes japonais.
Puis ce sera la France, en 1967, où il décide de venir quelques mois pour se familiariser avec la langue de Voltaire. Il passe par les bancs de la Sorbonne puis la faculté de Vincennes. « 1968 est vite arrivée. Ça a été la pagaille », se souvient ce fils de médecin, né en 1942 dans la préfecture de Miyagi, sans le nord-est de l'archipel. « J'allais au cinéma voir des films français en version originale, auxquels je ne comprenais rien, alors j'imaginais une histoire à ma façon. »
Il décide de s'attarder, de tenter sa chance comme assistant auprès de réalisateurs français, sollicite Jacques Deray, Nelly Kaplan. « Tous les deux m'ont répondu positivement. Nelly Kaplan m'a même contacté pour le tournage de La Fiancée du pirate (sorti en 1969), mais j'avais du mal à obtenir ma carte de séjour. » L'affaire ne se fera pas.

Intarissable sur Sautet
C'est finalement le journalisme qui lui servira de sésame, via l'agence de presse Kyoto News qui lui propose « d'écrire sur le cinéma français ». Nous sommes au début ces années 1970. On le voit sur la Croisette à partir de 1978, année où Alan J. Pakula préside le jury du festival et Isabelle Huppert décroche le prix d'interprétation féminine dans Violette Nozière, de Claude Chabrol. Le souvenir de la Palme 1979, attribuée à Apocalypse Now de Francis Ford Coppola – ex aequo avec Le Tambour de Volker Schlöndorff 0, a pour lui un arrière-goût d'injustice. « Le Tambour était un bien meilleur film », assure Yokichi Nakagawa.
Devenu critique, il connaît à fond le cinéma d'Yves Boisset et est intarissable sur l'œuvre de Claude Sautet. Difficile toutefois pour un journaliste japonais de décrocher l'interview de réalisateurs d'envergure mondiale à Cannes. Il se rattrape avec ses compatriotes, plus accessibles à Cannes que dans leur pays. Ainsi a-t-il échangé avec Nagisa Oshima (L'Empire des sens), Akira Kurosawa (Les Sept Samouraïs, Ran, Kagemusha,...) ou Shohei Imamura (Palme d'or en 1997 pour L'Anguille).
Outre les films, Yokichi Nakagawa s'est aussi fait une spécialité des dispositifs d'aide à la création comme ceux mis en place en France par le Centre national du cinéma (CNC). Il donne d'ailleurs des cours sur ce thème à l'Université de Tokyo et enseigne à ses étudiants les bienfaits de l'exception culturelle à la française.
Franck IOVENE / AFP

« C'est fatigant, mais ça m'attire toujours autant », confesse à l'AFP Yokichi Nakagawa, cinéphile de toujours, au visage rieur, dans un français précis. Près de 40 ans ont passé et la passion est intacte. L'espoir aussi, à chaque fois renouvelé, de découvrir de nouvelles pépites parmi la quarantaine de films qu'il visionne avidement pendant douze jours. « La sélection officielle, bien sûr, mais aussi les autres comme Un Certain Regard, qui permet de découvrir de nouveaux talents », explique le doyen des quelque 4.000 journalistes qui couvrent le Festival de Cannes. Il assure une correspondance pour le quotidien Shimbun Akahata, organe du Parti communiste nippon, qui tire à trois millions d'exemplaires.Flashback au milieu des années 1960. Après des études d'économie et de sciences politiques dans une...
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