J'ai toujours entendu, depuis mon plus jeune âge, que « les noirs » courent vite et ont la musique dans le sang, que « les jaunes » sont forts en mathématiques et en ping-pong, et que « les blancs » sont bons en tout.
Mais quelles sont ces évidences qui collent à la couleur de la peau ? Plus loin encore, mes parents me disaient toujours qu'être riche, avoir des terrains, une bonne somme d'argent à la banque procure la joie de vivre. N'est-ce pas une sous-estimation des pauvres ? Ces gens ne sont-ils pas un reflet de l'image de Dieu, notre créateur ? Les nombreux aspects que la société m'a montré m'ont poussé à réfléchir sur le sujet de la discrimination et de ses causes. Je me suis interrogé sur les différentes raisons qui poussaient l'homme a distribuer des étiquettes et à classer « les autrui différents » en catégories.
Biologiquement parlant, la coloration de notre peau est due à un pigment, « la mélanine ». Ce pigment peut être brun, ainsi appelé phéomélanine, ou clair, eumélanine. On comprend que la couleur de notre peau est effectivement codée par un gène, un gène responsable. On ne peut choisir la couleur de sa peau. C'est une question d'hérédité et d'ancêtres. Ainsi, les aptitudes d'une personne n'ont pas de rapports avec sa coloration ni sa race. C'est peut-être vrai que « les Noirs » s'y connaissent en musique, mais que dire alors de l'Américain à la peau claire : Eminem ? De même, pour le ping-pong, les mathématiques, et le sport.
Sur un autre front, on remarque toujours que les peuples d'Afrique sont traités moins bien que le reste de la mosaïque mondiale. La couleur sombre des Africains leur vaut d'être regardés d'un œuil méprisant. Mais sur quoi se base cette discrimination ?
Pourquoi sous-estimer une population, qui, physiquement ne nous ressemble pas ?
L'ex-président d'Afrique du Sud, Nelson Mendela, l'a bien dit : « Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau. » On le comprend bien, la personne apprend à être raciste ; elle est influencée par l'éducation de ses parents, de son entourage et de sa société. Dans son œuvre, Le racisme expliqué à ma fille, l'auteur explique à son enfant les enjeux du racisme, montrant ainsi l'importance de l'égalité et de la justice. Ce qui nous stupéfait, c'est que l'auteur lui-même a été attrapé en train de s'adresser à la « bonne » de son domicile avec des mots blessant tout en la maltraitant. Tahar Ben Jelloun a ainsi montré le bon exemple à sa fille en lui écrivant un livre ; mais il a montré le contraire en pratiquant la discrimination à l'égard de son employée de couleur noire. Loin de la discrimination raciale, se trouve la discrimination économique et sociale. Les gens dans le besoin sont toujours sous-estimés, hélas !
Cette analyse montre à quel point la discrimination est présente et ancrée en nous. La question qui se pose : d'où vient-elle, et comment l'arrêter ? « On ne naît pas raciste, on le devient »... Exactement. Mais au fait, « on ne naît pas homme, on le devient », répétait Erasme. Il faut apprendre à apprécier la pluralité, la différence, et les diverses personnalités de l'homme. Hannah Arendt le disait : « Ce n'est pas un homme, mais des hommes qui peuplent notre planète, la pluralité est la loi de la Terre ! » Il faut dire, qu'avec l'éducation, on peut essayer d'éliminer le racisme, puisque les comportements racistes ne sont pas inscrits dans les gènes mais résultent d'une construction intellectuelle qui façonne l'individu !
Beaucoup de gens ont déjà commencé cette lutte, tout comme Lilian Thuram et son association de bienfaisance.
Perla KHATTAR, 16 ans
auteure en herbe

