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Moyen Orient et Monde

Pourquoi le régime syrien veut-il à tout prix reprendre l’hôpital de Jisr el-Choughour ?

Analyse
OLJ/AFP/Sammy KETZ
12/05/2015

Le régime syrien veut reprendre à tout prix l'hôpital de Jisr el-Choughour afin de remonter le moral de ses partisans et montrer qu'il n'abandonne pas la centaine de militaires qui y sont assiégés.
Bachar el-Assad cherche ainsi à éviter une répétition du scénario d'août 2014 lorsque les jihadistes avaient exécuté plus de 200 soldats après la prise de la base aérienne de Tabqa, dans la province de Raqqa, sans que l'armée ne vienne à leur secours. L'armée a donc déployé d'importants moyens autour de Jisr al-Choughour, une ville proche de la frontière avec la Turquie, pays favorable à la rébellion, et à la périphérie de la province de Lattaquié, fief du régime.

La ville est tombée le 25 avril aux mains d'al-Nosra, la branche syrienne d'el-Qaëda, et de ses alliés rebelles, à l'exception de l'hôpital, situé au sud, où résistent depuis une centaine de soldats. « La perte de Jisr el-Choughour a laissé un impact psychologique et moral » dans les territoires contrôlés par le régime, affirme Bassam Abou Abdallah, directeur du Centre de Damas pour les études stratégiques. « Cette bataille est donc à la fois symbolique, pour prouver que l'armée ne laisse pas ses soldats sur le champ de bataille sans soutien, et stratégique, car Jisr el-Choughour ouvre la voie sur la région de Lattaquié vitale pour les autorités », précise Waddah Abed Rabbo, directeur du quotidien syrien al-Watan, proche du pouvoir. Le 6 mai, le président Assad avait promis que l'armée allait « arriver bientôt vers ses héros bloqués dans l'hôpital de Jisr el-Choughour ». « Le régime veut envoyer un message qu'il ne lâchera pas ses soldats comme à Tabqa », souligne Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
L'été dernier, les photos des soldats exécutés diffusées par les extrémistes avaient provoqué une onde de choc chez les partisans du régime. De jeunes alaouites avaient été arrêtés pour avoir critiqué le ministère de la Défense pour son absence de réaction.

(Repère : Pour l'armée de Bachar el-Assad, une série de revers en quelques mois)

 

Plus de 70 morts
Lors de la prise de Jisr el-Choughour, un colonel et 120 hommes des Forces spéciales avaient « refusé » d'obtempérer aux ordres de quitter la ville et s'étaient barricadés dans l'hôpital au sud, selon une source syrienne de sécurité.
« Nous avons de l'eau et de la nourriture et assez d'armes et de munitions. Nous attendons seulement que l'armée revienne en ville », a ajouté l'officier, dont les propos ont été rapportés par un responsable. Selon lui, il n'y a « que des soldats » dans l'hôpital, mais l'OSDH affirme que 150 soldats et 100 civils et hauts fonctionnaires y sont assiégés. Les violents combats qui s'y sont déroulés dimanche ont coûté la vie à 72 soldats et rebelles, selon l'OSDH.

Une source syrienne de sécurité a confié à l'AFP que la contre-offensive était conduite par le colonel Souheil Hassan, un favori d'Assad surnommé « le Tigre » par ses hommes. Il était apparu sur une vidéo se plaignant auprès de ses supérieurs du manque de munitions qui l'obligeait à se retirer de Jisr el-Choughour. « Il veut prendre sa revanche », selon cette source. Pour M. Abou Abdallah, « ce n'est pas la première fois que des militaires encerclés parviennent à résister. Ce fut le cas dans l'aéroport de Mennegh et la prison centrale d'Alep, où ils ont résisté plus d'un an et demi avant que le siège ne soit brisé ». Ces dernières semaines, le régime a perdu Jisr el-Choughour après Idleb, la capitale de la province éponyme, qui s'est ajouté à d'importants revers dans la province méridionale de Deraa, où il a abandonné le principal poste-frontière à la frontière jordanienne ainsi que la ville antique de Bosra al-Cham.
À la suite de ces défaites, la peur de l'arrivée des jihadistes s'est installée chez de nombreux Syriens vivant dans les zones contrôlées par le régime.

De son côté, le chef de la Coalition de l'opposition, Khaled Khoja, s'est félicité hier du « changement de l'équilibre des forces en Syrie ces deux derniers mois ». Il l'a mis en particulier au crédit du « rapprochement entre les pays de la région », notamment l'Arabie saoudite et la Turquie, deux grands parrains de la rébellion.

 

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HABIBI FRANCAIS

ASSAD conteste jusque dans les rangs de sa propre communaute alaouite...cela est certainement le debut de la fin de ce dictateur sanguinaire marionette des mollahs de teheran.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

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