Le Conseil des ministres hier. Photo Ani
« Le gouvernement a examiné certaines clauses du deuxième chapitre du projet de budget 2015 », a annoncé hier le ministre du Travail Sejaan Azzi, au terme de la séance du Conseil des ministres consacrée à ce sujet et qui a duré près de trois heures. Le débat doit se poursuivre lors de la séance de demain.
Cette deuxième partie du projet de budget, dans sa partie relative aux lois-programmes, porte sur « les projets de développement et de construction, c'est-à-dire aussi bien les projets relevant de l'administration centralisée et de l'État, que ceux qui concernent les régions », a expliqué le ministre Azzi.
« Les différentes clauses du deuxième chapitre ont été débattues sur la base de deux principes : le respect de l'équilibre dans la répartition régionale des projets et l'abstention d'approuver des projets auxquels aucune part du budget n'est allouée », a-t-il précisé.
Profitant de ce débat, des ministres ont proposé l'élaboration de projets de lois relatifs à l'édification de nouveaux bâtiments ministériels, l'aménagement ou la réhabilitation d'axes routiers, et d'autres projets dont l'exécution doit s'étaler sur plusieurs années, apprend-on de sources ministérielles.
Plusieurs ministres ont exprimé leur souhait d'obtenir l'approbation de nouveaux projets relatifs aux régions qui les intéressent respectivement, ce qui a suscité les réserves du ministre d'État pour le Développement administratif, Nabil de Freige. « Je crains de donner libre cours aux surenchères clientélistes », a-t-il confié.
Les échanges portant sur l'élaboration de nouvelles lois ont en tout cas éveillé hier quelque peu les tensions qui accompagnent généralement les répartitions des « services » dans les différentes régions. Il est probable que la question de l'opportunité des nouveaux projets, proposés par les ministres sous le volet des lois-programmes, soit tranchée lors de la séance de demain.
En outre, le débat n'a pas manqué de porter sur certains projets de développement, insérés dans de précédentes lois budgétaires, mais qui n'ont toujours pas été mis en œuvre. Ainsi, les parts qui avaient été allouées à certains de ces projets ont été réexaminées, sur base notamment des explications fournies par le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil. Des amendements portant sur les montants relatifs à certains projets, prévus dans les budgets de 2001 et 2002, ont ainsi été effectués. Parmi les anciens projets que certains ministres ont appelé à mettre en œuvre, figure la construction du barrage de l'Oronte, détruit par les raids israéliens en 2006.
L'un des projets les plus importants qui ont été débattus hier est celui relatif aux expropriations. Les échanges en Conseil des ministres auront révélé que la valeur des indemnités des expropriations s'élève à 800 milliards de livres libanaises, notamment les expropriations relevant du ministère de l'Énergie et de l'Eau. Selon des sources ministérielles, cette somme doit être impérativement versée par l'État, d'autant que des jugements définitifs ont été rendus, fixant le montant de ces indemnités. Tout retard dans le versement des indemnités est sanctionné par des astreintes.
Le débat sur ce projet doit être tranché, en principe, lors de la séance de demain.
Il est en tout cas prévu que le Conseil des ministres tienne plusieurs réunions cette semaine, afin d'accélérer l'adoption du nouveau projet de budget.
« L'important, c'est d'adopter le budget », a ainsi déclaré M. Azzi à la presse, espérant que les prochaines séances se déroulent comme celle d'hier, « dans un esprit de réconciliation ».
Certes, des divergences persistent sur l'inclusion, à ce projet, de la nouvelle échelle des salaires dans le secteur public. Aucune mention de cette échelle n'a été faite hier, selon des sources ministérielles.
Notons enfin que les ministres Boutros Harb, Arthur Nazarian, Ramzi Jreige et Élias Bou Saab, se sont absentés hier de la réunion.



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