Pourquoi le Hezbollah est-il si déterminé à ouvrir le front du Qalamoun face aux rebelles, en territoire syrien ? Pourquoi considère-t-il qu'il s'agit là d'une « responsabilité nationale » ? Pourquoi amplifier les répercussions qui pourraient viser le Liban en cas d'échec des combattants du Hezbollah dans leur mission, à tel point que certains cadres du parti ont été jusqu'à dire que les extrémistes pourraient arriver jusqu'à Jounieh et que l'État pourrait s'effondrer ? Si bien que Samir Geagea a dû répondre à ces propos et souligner que c'est à l'armée que revient le devoir exclusif de protéger les frontières nationales et de défendre les citoyens.
Une source sécuritaire bien informée affirme que la bataille du Qalamoun est stratégique, autant pour le régime et ses alliés que pour l'opposition. Après les défaites subies au nord comme au sud et l'effondrement de ses forces, le régime syrien a décidé de recouvrer les positions qu'il a perdues et de consolider son fortin damascène. Des sources iraniennes avaient laissé entendre, dans ce cadre, que le régime pourrait s'installer à Tartous, confirmant ainsi l'existence d'une menace sérieuse contre Damas. Or les rebelles présents dans le Qalamoun représentent une menace frontale pour les assises du régime dans la capitale syrienne, et il est entendu que la chute de Damas signifierait l'anéantissement du régime comme acteur d'un éventuel règlement. L'opposition syrienne, boostée par le renouveau arabe qui a suivi l'opération « Tempête de la fermeté » et par l'entente saoudo-turco-qatarie, cherche pour sa part à provoquer un bouleversement dans la donne sur le terrain. Pour les rebelles, remporter la bataille du Qalamoun permettrait d'avoir le dernier mot, dans la mesure où l'opposition pourrait ensuite foncer sur Damas et consolider ses acquis dans le nord et dans le sud du pays.
(Repère : Pour l'armée de Bachar el-Assad, une série de revers en quelque mois)
Compte tenu de l'enjeu de la bataille, des sources sécuritaires s'attendent à ce qu'elle soit longue, nul n'étant actuellement en mesure de l'emporter, quand bien même les forces militaires et sécuritaires libanaises sont tout à fait capables de protéger la frontière et d'empêcher les rebelles d'entrer au Liban. Les deux camps ont massivement mobilisé leurs troupes, surtout le Hezbollah, qui souligne en substance qu'il souhaite éloigner les extrémistes de la frontière pour protéger les villages libanais et mettre fin au conflit à son avantage, de manière à renforcer sa suprématie sur le terrain.
Mais il n'y a pas que l'enjeu militaire. La bataille s'inscrit également dans un cadre stratégique diplomatique, à l'heure où les efforts vont bon train pour trouver une issue à la crise syrienne au plan international, notamment à la veille du sommet de Camp David entre le président des États-Unis, Barack Obama, et les pays du Conseil de coopération du Golfe, et avant l'accord final sur le nucléaire iranien, fin juin, entre Téhéran et le G 5 + 1.
Si le sort de la bataille est plus que jamais incertain, une seule certitude s'en dégage déjà : que le Hezbollah en ressorte triomphant ou défait, le grand vainqueur de la partie sera le renforcement de l'extrémisme. C'est pourquoi Saad Hariri, conscient des répercussions du conflit syrien sur le Liban, a exhorté le parti chiite à ne pas s'impliquer dans cette guerre.
Il reste en revanche que la bataille du Qalamoun pourrait répondre à une question fondamentale : les lignes rouges internationales protégeant le régime Assad existent-elles encore ? Selon des sources diplomatiques, les derniers développements sur le terrain et le basculement des rapports de force chercheraient en fait à pousser le régime à accepter le principe d'un compromis, d'autant qu'il ne peut plus compter sur la même fermeté de la part de ses alliés russes et iraniens. Le régime est au bord de l'effondrement, et la bataille du Qalamoun pourrait bien signifier l'entrée en matière vers la solution de compromis en Syrie, après quatre ans de lutte entre les deux camps sans possibilité de victoire totale.
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L'UNIQUE ENJEU POUR LE RÉGIMES ET SES COMPARSES... N'EST PAS DE DANSER LA COMPARSITA BIEN SÛR... C'EST D'ESSAYER DE GARANTIR... À L'ÉCHÉANCE TRÈS PROCHE DE LA CHUTE... UN MINI ETAT ALAOUITE... QUI AURAIT DES FRONTIÈRES... OU UNE CONTINUATION... AVEC SON MINI ETAT D'À CÔTÉ... C.A.D. DE CHEZ NOUS !!!
14 h 04, le 08 mai 2015