Lentement mais sûrement, les négociations sur la libération des militaires otages du Front al-Nosra et du groupe État islamique (EI) se poursuivent. Selon des sources proches du dossier, elles auraient même atteint le stade de l'examen du mécanisme de la libération, les autres étapes ayant déjà fait l'objet d'un accord. Il y a quelques jours, les preneurs des otages ont tenté d'utiliser cette carte pour faire pression sur le Hezbollah dans le but de reporter la bataille dite du Qalamoun. Une vidéo des otages chiites a même été envoyée à leurs parents et a circulé sur les réseaux sociaux. Dans cette séquence relativement courte, les otages demandent aux chiites non partisans du Hezbollah de se dresser contre la décision de ce dernier de mener la bataille du Qalamoun et en même temps, ils réclament le désistement du directeur de la Sûreté, le général Abbas Ibrahim, pour qu'il soit remplacé « par un négociateur honnête » comme les ministres Waël Bou Faour ou Achraf Rifi, selon les termes utilisés par les otages eux-mêmes.
Mais les sources proches du dossier affirment que la partie libanaise a réagi rapidement, dans la plus grande discrétion, et elle a réussi à obtenir la dissociation des deux dossiers, considérant que les combats en cours le long de la frontière libano-syrienne, dans les hauteurs, sont indépendants de l'affaire des otages militaires. Ils ont leur propre dynamique et leurs propres enjeux et par conséquent, les développements militaires sur le terrain ne doivent avoir aucune incidence sur les négociations avec les preneurs des otages.
D'autant qu'une troisième partie non négligeable est impliquée dans ces combats. Il s'agit de l'armée syrienne. La mêler aux négociations en cours ne ferait que compliquer une situation qui l'est déjà suffisamment. De plus, si l'État libanais parvenait à demander au Hezbollah de ne pas mener d'attaque dans la région dite du Qalamoun, l'EI et al-Nosra seraient-ils en mesure d'en faire de même et de marquer une pause dans leurs attaques répétées contre l'armée libanaise et ses positions ? La réponse est négative car les attaques sont dictées par d'autres considérations qui ont trait à un projet plus global. En suivant cette logique, il apparaît clairement que si l'on cherche à lier le dossier militaire sur le terrain et l'affaire des otages, cela signifie que la libération de ceux-ci est reportée aux calendes grecques et par conséquent, les avantages que pourraient en tirer les deux groupes jihadistes s'évaporeraient.
Il est en effet entendu, depuis le début des négociations officielles menées par le général Ibrahim, que l'État libanais devra payer un prix – comme c'est le cas dans toutes les négociations de ce genre – qui consiste en la libération de détenus islamistes. Justement, selon les sources précitées, les négociations auraient abouti à un accord sur les listes des noms, mais il ne resterait plus qu'à fixer les modalités de l'échange. Les sources précisent toutefois que le général Ibrahim ne se mêle pas de l'aspect financier des négociations, exactement comme cela avait été le cas de celles qu'il avait menées pour la libération des otages de Aazaz et des religieuses de Maaloula. Le mandat du général Ibrahim dans ce dossier qui lui a été a confié par le Conseil des ministres ne couvre pas une éventuelle rançon à verser. Ses discussions avec les parties concernées portent sur les listes de personnes et le mécanisme de l'échange. Dans ce contexte, le général Ibrahim a ainsi effectué plusieurs allers-retours dans différentes capitales arabes et régionales pour débloquer le processus et, selon des sources bien informées, le moment pourrait être opportun pour parvenir à un accord global.
En réalité, avec la guerre syrienne qui est visiblement appelée à se prolonger, le maintien du dossier des otages militaires libanais n'est d'aucune utilité pour peser sur le terrain syrien. Il n'est ni de nature à pousser le régime syrien à reculer ou à faire des concessions ni en mesure d'influer sur la décision du Hezbollah de participer aux combats qui se déroulent en Syrie. Son seul résultat est de mettre en difficulté l'État libanais, de l'affaiblir encore plus et de jeter un froid sur ses relations avec les pays qui ont une influence supposée sur les preneurs des otages.
L'enlèvement des militaires remonte au 2 août 2014 et pendant ces dix derniers mois, les preneurs des otages ont tout essayé pour obtenir un maximum de concessions de la part du Liban, du Hezbollah et éventuellement du régime syrien. Après une période de cafouillage, l'État libanais a finalement choisi la fermeté, et le plafond des concessions qu'il peut faire est désormais parfaitement connu, aussi bien par l'EI et al-Nosra que par d'autres parties qui pourraient être concernées par cette affaire. Le réalisme est donc désormais de mise. C'est la raison pour laquelle les négociations sont en train d'avancer et ont atteint un stade que l'on peut qualifier de final. Toutes les rumeurs qui circulent sur ce dossier ne sont donc que des tentatives d'arracher des acquis secondaires, voire personnels, et n'affectent pas le cours des négociations.
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UNE ANALYSE QUE L'ON PEUT QUALIFIER DE FRANCHE ET DE PRESQUE AUTHENTIQUE, TRÈS CHÈRE MADAME SCARLETT HADDAD, MAIS Où CERTAINES CONTRADICTIONS SE RÉVÈLENT. 1 - LES SOURCES PROCHES DU DOSSIER AFFIRMENT ( DANS LA PLUS GRANDE DISCRETION ) = CONTRADICTION ! 2 - LES AUTRES ONT COMMENCÉ L'OFFENSIVE ET NON PAS LES DIVINS COMME VOUS LE LAISSEZ COMPRENDRE = FAUSSE SOURCE ! BONNE JOURNÉE.
08 h 35, le 08 mai 2015