L’une des cérémonies commémoratives du 6 Mai , place des Martyrs, à Beyrouth. Marwan Assaf
En dépit de leur gravité, les développements militaires dans le Qalamoun syrien, où le Hezbollah affirme avoir progressé, ne sont pas parvenus à éclipser les cérémonies commémoratives du 6 Mai qui se sont tenues mercredi en différents lieux à Beyrouth et Damour.
La demande insistante – venue de différents horizons – de réinstauration du 6 Mai dans le calendrier des fêtes nationales laisse croire qu'un réel besoin de ressaisir le passé du Liban et son parcours historique existe au sein de l'opinion. Cette conscience de mal connaître l'histoire se fait sentir à divers niveau et a été bien exprimée par le ministre de l'Information, Ramzi Jreige, qui a souligné l'évidente dialectique entre le souvenir exact et l'ouverture sur l'avenir qui sont tous les deux nécessaires à la vie d'une nation.
Ces commémorations coïncident, et c'est pour ainsi dire une chance, avec les séances du TSL au cours desquelles les Libanais ont l'occasion d'écouter certaines des personnalités les plus marquantes du monde politique, comme hier Walid Joumblatt, raconter leurs déboires avec le régime syrien, et en dénoncer les travers et les crimes. Toute l'histoire de la déstabilisation du Liban et de la guerre civile qui l'a ravagé après 1975 est en quelque sorte passée là en revue. Pour les générations montantes, c'est une extraordinaire occasion de mieux connaître le processus de violence qui a écrasé leur pays et que leurs aînés ont peine à leur transmettre.
Ce n'est pas la moindre des ironies des temps que le Liban assiste à cette évocation détaillée de sa guerre alors que le régime syrien, qui s'était érigé comme un bastion de nationalisme arabe ombrageux et intransigeant, se bat à son tour pour sa survie.
Le grand et profond débat opposant les partisans et les adversaires de l'ingérence militaire du Hezbollah aux côtés de ce régime est, à ce titre, hautement significatif. « Le régime syrien mérite-t-il que des Libanais meurent pour lui ? Et qui a donné mandat au Hezbollah d'envoyer de jeunes hommes à la mort ? » s'interrogent certains milieux chiites. « L'ingérence du Hezbollah en Syrie éloigne-t-elle le danger jihadiste du Liban ou, au contraire, l'attire-t-elle vers lui ? » se demandent pour leur part des personnalités de tous bords.
(Lire aussi : Pour le 14 Mars, seule l'armée est capable de protéger le Liban)
Avec une guerre à ses frontières orientales, une Chambre des députés autoprorogée, sans président, sans budget, voici que les responsables s'emploient à faire respecter, à coups d'amendes exorbitantes approchant du salaire minimum, un nouveau code de la route. Le député Serge TerSarkissian y a vu hier une dérive mercantile qu'il a dénoncée. Le parlementaire a critiqué avec virulence le nouveau code, dans une conférence de presse au Parlement. M. TerSarkissian a estimé que cette loi allait à l'encontre de l'intérêt général (financier) de la population. « Au lieu que ce code ne veille à la sécurité publique, on assiste à une application stricte de mesures restrictives qui pèse très lourd sur les épaules des citoyens. »
Ainsi, le député a considéré que le but principal de ce nouveau code était de remplir les caisses de l'État et de consacrer des allocations suspectes à certains entrepreneurs, notamment en ce qui concerne la vente d'extincteurs, de pneus et de triangles de signalisation.
M. TerSarkissian a également fait référence à un article paru récemment dans le Financial Times qui souligne, en substance, « l'absurdité de l'application de cette nouvelle loi dans un pays ou le chaos règne à tous les niveaux ».
« Je lance un appel a tous les concernés, et en particulier le ministre de l'Intérieur, qui devrait reconsidérer les procédures d'application de ce code, tout en faisant des campagnes de sensibilisation auprès des citoyens », a conclu le député.
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08 h 45, le 08 mai 2015