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Liban

L’expulsion des pêcheurs de Dalieh était « abusive », selon des militants

La Campagne pour la préservation de Dalieh-Raouché a dénoncé hier l'expulsion des pêcheurs du port de Dalieh par les Forces de sécurité intérieure (FSI), à l'aube du samedi, et la destruction de leurs cabanes. Selon la campagne, « le prétexte de la suppression d'abus sur les biens-fonds maritimes ne tient pas la route, il s'agit d'une expulsion abusive, contraire en tout point aux droits de l'homme ». Le communiqué relève que « l'action a été perpétrée de nuit, rappelant en cela les méthodes des régimes totalitaires ».
« Même si le prétexte juridique était exact, pourquoi a-t-on ignoré les procédures juridiques d'usage comme les avertissements et les notifications ? », se demandent les militants de la campagne.
Rappelons qu'un différend juridique oppose les pêcheurs à de grandes compagnies, appartenant aux héritiers de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri selon des sources concordantes, et propriétaires des terrains adjacents à cette plage qui donne sur la grotte aux Pigeons. Un grand projet touristique serait prévu à cet endroit : c'est ce qui a donné naissance à la Campagne pour la préservation de Dalieh-Raouché, qui proteste contre la fermeture d'une nouvelle portion du littoral au public. Récemment, le ministère de l'Environnement a préparé un décret visant à classer Dalieh comme site naturel, mais il n'a pas encore été adopté.
Notons qu'une source des FSI contactée par L'Orient-Le Jour (voir notre édition du 4 mai), avait souligné que « ces familles ont été averties plusieurs fois » mais « qu'elles refusaient de quitter leurs habitations ».
Pour sa part, Ali el-Khalil, avocat des pêcheurs, fait remarquer que « toute décision d'évacuation doit faire l'objet d'une décision de justice, ce qui n'est pas le cas dans cette affaire ». « Le prétexte invoqué est que l'un des pêcheurs fait l'objet d'un mandat d'arrêt par contumace, dans une toute autre affaire, poursuit-il. Mais même dans ce cas, on aurait pu l'arrêter sans détruire les maisons. Sur un autre plan, même si ces cabanes se trouvent sur des biens-fonds publics, on ne peut évacuer les habitants de cette façon, sans avis préalable. » L'avocat précise qu'une plainte pourrait être déposée contre celui qui a donné l'ordre d'exécuter cette expulsion par la force.
Dans son communiqué, la Campagne pour la protection de Dalieh-Raouché se demande pourquoi « le plan de restitution des biens-fonds publics n'a pas été mis en application au plus vite, en vue de protéger des sites tels que celui de Dalieh ». Pourquoi ne pas s'attaquer à des abus plus importants comme des hôtels et des cafés environnants ? poursuit le texte. « Pourquoi les responsables, à leur tête le mohafez de Beyrouth, n'ont pas ôté les barbelés qui cachent la vue de la grotte aux Pigeons depuis plus de six mois, ajoutent les militants. Pourquoi les responsables n'ont pas réagi à des lettres urgentes envoyées par le ministre de l'Environnement concernant les empiètements sur les biens-fonds maritimes, alors qu'ils envoient des centaines d'agents de l'ordre terroriser quelques familles ? »
La campagne a déploré enfin « que certains individus soient plus puissants que l'État ».

La Campagne pour la préservation de Dalieh-Raouché a dénoncé hier l'expulsion des pêcheurs du port de Dalieh par les Forces de sécurité intérieure (FSI), à l'aube du samedi, et la destruction de leurs cabanes. Selon la campagne, « le prétexte de la suppression d'abus sur les biens-fonds maritimes ne tient pas la route, il s'agit d'une expulsion abusive, contraire en tout point aux...
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