Les décombres des habitations dans le village de Sathighar au nord de Katmandou. Palani Mohan/AFP
Quatre jours après le séisme qui a fait plus de 5 000 morts, des échauffourées ont opposé les survivants et les forces de l'ordre. Des milliers de personnes sans logement, épuisées par les répliques et confrontées à des réserves alimentaires qui baissent, s'étaient rassemblées avant l'aube à la gare routière pour monter à bord d'un des cars spéciaux promis par le gouvernement. Mais la colère est montée dans la foule, devant l'absence de ces véhicules, et des heurts ont éclaté avec la police antiémeute envoyée pour tenter de maîtriser la situation. Des rescapés ont par ailleurs obligé un camion transportant des bonbonnes d'eau à s'arrêter et ont grimpé sur le toit pour s'emparer de bouteilles d'eau et les jeter à la foule. Les colonnes de la police antiémeute se sont postées derrière des rouleaux de fil barbelé pour riposter à des hommes armés de bâtons, s'engouffrant dans une rue pour attaquer des bus et plusieurs autres véhicules. Par ailleurs, à Dolakha, des habitants en colère ont détruit les vitres d'un bâtiment de l'administration locale, selon un haut responsable, Prem Lal Lamichhane. « Plus de 200 000 personnes sont sans abri. On nous a dit que du matériel allait arriver, mais on n'a encore rien reçu », dit-il.
415 millions USD
Le gouvernement a reconnu être dépassé par l'ampleur de la catastrophe, face au séisme le plus meurtrier depuis plus de 80 ans au Népal. « Il y a eu des faiblesses dans la gestion des opérations de secours », a admis le ministre des Communications, Minendra Rijal, dans un entretien avec la chaîne népalaise Kantipur Television. « La catastrophe est tellement énorme et sans précédent que nous n'avons pas été en mesure de répondre aux attentes des personnes. Mais nous sommes prêts à reconnaître nos faiblesses, apprendre et aller de l'avant de la meilleure façon possible », a-t-il assuré. Un constat similaire a été fait par l'ambassadrice de France Martine Bassereau, pour qui « les autorités népalaises sont débordées. L'aide humanitaire arrive de toutes parts et pour un tout petit pays comme celui-là, c'est vraiment très difficile d'arriver à tout mettre en place », a-t-elle dit. L'Onu a lancé, hier, un appel de fonds de 415 millions de dollars pour venir en aide au Népal, tout en soulignant que ce pays ne souhaitait plus accueillir d'équipes de secours étrangères, jugeant leur nombre suffisant. La congestion de l'unique aéroport international rend difficile l'arrivée des équipes de secours et du matériel. Un avion humanitaire français était bloqué hier à Abou Dhabi, faute de pouvoir atterrir à Katmandou.
Par ailleurs, les répliques du séisme ont nettement diminué, mais des centaines de milliers de personnes continuent de dormir dans la rue, leur logement ayant été détruit ou fragilisé. Certains revenaient cependant sur les ruines de leur maison pour essayer de retrouver leurs affaires. Dans les villages difficilement accessibles, le désespoir est aussi à son comble, les survivants demandant à être évacués quand un hélicoptère de secours parvient jusqu'à eux.
(Source : AFP)


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