Le secrétaire d’État John Kerry et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif réunis à New York. Jason DeCrow/Pool/Reuters
Les États-Unis et les cinq autres grands pays sont plus près que jamais d'un accord définitif avec l'Iran, qui mettrait fin à 12 ans de crise sur le programme nucléaire de Téhéran, même s'il reste encore des négociations délicates à mener d'ici à la date butoir du 30 juin, a déclaré lundi soir (heure de New York) John Kerry. Le secrétaire d'État américain s'exprimait aux Nations unies, le jour de l'ouverture d'une conférence d'une durée d'un mois, destinée à faire le bilan du TNP (Traité de non-prolifération nucléaire), et avant de rencontrer le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif. Les deux hommes ont eu leur premier tête-à-tête depuis la fin des négociations marathon de Lausanne, qui ont abouti le 2 avril à un accord-cadre sur le nucléaire iranien. Ils ont abordé les efforts en cours pour trouver un accord définitif entre l'Iran et les puissances 5+1.
Cette entrevue, qui s'est tenue à New York à la résidence de l'ambassadeur d'Iran aux Nations unies, a été « productive », selon un haut responsable du département d'État américain qui a tenu à garder l'anonymat. « Ils ont discuté du travail effectué par les directeurs politiques et les experts, la semaine dernière à Vienne, et de la marche à suivre pour les négociations », a-t-il ajouté.
« Nous sommes, de fait, plus près que jamais du bon accord global que nous recherchons, et si nous pouvons y parvenir, le monde entier sera plus sûr », a déclaré John Kerry devant les délégués de la conférence, qui réunit les 191 parties signataires du TNP, ajoutant que replacer Téhéran sous l'autorité de ce traité a toujours été au cœur des négociations. « S'il est finalisé et mis en œuvre, (l'accord) privera l'Iran de tous les moyens d'accès aux matériaux nécessaires pour avoir l'arme nucléaire et donnera à la communauté internationale la confiance dont elle a besoin pour être certaine que le programme atomique de l'Iran est uniquement pacifique », a ajouté le secrétaire d'État américain. Cependant, il a ajouté que « le travail difficile est loin d'être terminé » et que « certains points-clés n'ont toujours pas trouvé de solution ».
S'adressant à la télévision iranienne à son arrivée à New York, Mohammad Javad Zarif s'est dit lui aussi préoccupé par les questions non résolues aux négociations en cours avec les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine et l'Allemagne.
« En plus de participer à la conférence, nous sommes venus ici entendre les explications des Américains sur les engagements de l'administration américaine », a dit le ministre iranien. « Nous tenons le gouvernement américain pour responsable du respect de ses engagements internationaux, en vertu du droit international, a-t-il ajouté. Aucun gouvernement ne peut se soustraire à ces engagements du fait de questions de politique intérieure. » Le chef de la diplomatie iranienne faisait, semble-t-il, allusion à l'engagement pris par les sénateurs républicains d'essayer de durcir un projet de loi censé donner au Congrès américain le pouvoir de réexaminer un accord sur le nucléaire iranien, démarche de nature à compliquer un peu plus les négociations.
(Source : Reuters)


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