En visite dans les Alpes, Carsten Spohr s’est recueilli devant une stèle érigée à la mémoire des victimes du crash. Pascal Guyot/AFP
Neuf jours après le crash de l'A320 de Germanwings, le procureur Brice Robin a exigé dans un communiqué, hier, que toute personne qui disposerait d'une vidéo montrant « les derniers instants des victimes » la remette sans délai aux enquêteurs de la gendarmerie française. Il a nié « qu'en l'état actuel des investigations, figurent à l'enquête une ou plusieurs vidéos filmant le crash de l'Airbus A320 ».
L'hebdomadaire français Paris Match et le quotidien allemand Bild avaient affirmé avoir visionné une vidéo tournée dans l'avion juste avant le crash, révélant que les passagers étaient pleinement conscients que l'appareil allait s'écraser, criant « Mon Dieu » en plusieurs langues. L'hebdomadaire français avait assuré sur son site Internet n'avoir « aucun doute » sur la provenance de l'enregistrement, en l'occurrence un téléphone portable. De son côté, la gendarmerie française avait indiqué qu'il n'y avait « plus de corps sur la zone du crash » et que l'évacuation de ces derniers était terminée. Le travail des équipes sera désormais de « récupérer les effets personnels » des passagers alors que la seconde boîte noire, contenant les paramètres du vol, était toujours activement recherchée. Les autorités françaises ont promis une identification rapide des restes des victimes sur la base de leur ADN.
L'aide se poursuit
Cette annonce intervient alors que Carsten Spohr, patron de Lufthansa, maison mère de Germanwings, s'est rendu en visite au Vernet, une localité proche des lieux de la catastrophe, accompagné du PDG de Germanwings, Thomas Winkelmann, pour se recueillir devant une stèle érigée à la mémoire des 150 victimes de la catastrophe du 24 mars. « Je donne ma parole aux victimes, notre aide ne va pas s'arrêter cette semaine. Nous continuerons d'apporter notre aide tant qu'elle sera nécessaire », a assuré M. Spohr. Il a également rappelé que cette visite avait aussi pour but de « remercier les centaines de personnes qui ont fait un travail formidable pour aider au cours de ces dernières semaines », citant les policiers, les gendarmes, l'armée, les « médecins qui aident à l'identification des victimes », ainsi que les habitants de la région.
Pour faire face aux probables demandes de dommages et intérêts des familles, le consortium d'assureurs conduit par le géant allemand Allianz a mis de côté 300 millions de dollars (279 millions d'euros), selon Lufthansa. Même s'il était prouvé qu'Andreas Lubitz a volontairement provoqué le drame, cela ne changerait rien aux indemnisations auxquelles les proches des victimes ont droit, selon des spécialistes du secteur.
Par ailleurs, après avoir révélé mardi que le copilote soupçonné d'avoir provoqué le crash a connu un « épisode dépressif sévère », Lufthansa affirme avoir procédé à « de nouvelles recherches internes » pour fournir des pièces qui concernent sa formation au pilotage, des « documents médicaux » et la « correspondance par courriels entre le copilote et l'école de pilotage ». Tout cela « dans l'intérêt d'une élucidation rapide et sans faille » des circonstances du drame.
(Source : AFP)


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