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Liban

À Tripoli, Mgr Barbarin dialogue avec ses « frères en humanité »

Le primat des Gaules est venu à la rencontre des lieux saints du Liban-Nord et des personnalités religieuses, témoins du dialogue qui caractérise ce pays multiconfessionnel.

Mgr Barbarin a visité deux mosquées à Tripoli.

Le Liban a délivré son « message » au cardinal Philippe Barbarin et au recteur de la grande mosquée de Lyon. « Je suis accueilli comme un frère dans une maison dans laquelle je ne suis jamais venu, dans une ville où je viens pour la première fois », s'émerveille l'évêque de Lyon devant le cheikh Malek Chaar, mufti de Tripoli, qui le reçoit chez lui. En cette dernière journée de son périple au Liban, Mgr Barbarin – invité par l'Amicale des anciens du Collège Notre-Dame de Jamhour pour la fête islamo-chrétienne de l'Annonciation – a continué le dialogue avec ses « frères en humanité » dont il n'a cessé avec son acolyte recteur de la grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, de dire qu'il a « beaucoup à apprendre ».
Au lendemain de la grande conférence islamo-chrétienne du 25 mars, la délégation venue de France a tenu à visiter des lieux saints importants du nord de Beyrouth. Le monastère de saint Charbel puis celui de sainte Rafqa ont
accueilli à bras ouverts Mgr Barbarin et le cheikh Kabtane, qui ont reçu avec émotion des reliques et des icônes des grands saints du Liban. Après le déjeuner avec le mufti de Tripoli et les évêques maronite, melkite et grec-orthodoxe du chef-lieu du Liban-Nord, le cardinal et le recteur ont aussi visité deux mosquées du centre de la ville à majorité sunnite.
La religion à promouvoir comme vecteur de paix, d'amour et de miséricorde, c'est ce à quoi ont appelé tous les responsables religieux, chacun avec ses mots. « Celui qui voit dans chaque homme son frère, celui-là n'a pas de place pour la haine dans son cœur. Je crois que le remède le plus efficace contre le terrorisme, c'est d'enseigner les valeurs de la religion », a ainsi déclaré le mufti de Tripoli. « Des valeurs qui ne sont pas les nôtres, mais celles de Dieu », a renchéri le cardinal. Le cheikh Malek Chaar le dit avec une simplicité qui touche la délégation française : « Je me sens en quiétude avec le chrétien qui connaît sa religion. »

Apprendre le dialogue auprès des frères d'Orient
Le pays-message a accompli une fois de plus la prophétie du pape Jean-Paul II. L'impression laissée par la « convivialité » du pays, selon les termes employés par le primat des Gaules, est forte. « Depuis 1 600 ans, nous vivons ensemble, cela n'a pas toujours été facile mais nous avons toujours fini par dépasser nos différends », souligne l'évêque maronite de Tripoli, Georges Abou Jaoudé, qui rappelle que ses homologues tripolitains des autres confessions sont devenus des « amis » au fil du temps. Mgr Barbarin et le cheikh Kamel Kabtane sont venus apprendre « des siècles d'expérience du dialogue ». Pour organiser un événement de l'ampleur de la rencontre islamo-chrétienne de Jamhour ?
Dans l'entourage du cardinal, on considère qu'un événement de ce type mérite d'être adapté à la culture française, mais qu'il faudrait trouver un lieu et un protocole qui ne choqueraient pas les mentalités. Pour la première fois cette année, un pèlerinage islamo-chrétien a eu lieu en France, rappelle-t-on.
L'évêque de Lyon ne cache pas en aparté que les musulmans et les chrétiens ne se côtoient en France que depuis relativement peu longtemps ; ainsi, la grande mosquée dont le cheikh Kabtane est le recteur a été inaugurée en 1994. « Il faut apprendre à vivre ensemble réellement car maintenant l'islam se voit et les musulmans ont droit à des mosquées, personne ne veut d'un "islam des caves" », estime Mgr Barbarin. Et cela passe par les « trois étapes de la tolérance, puis du respect mutuel et enfin de l'admiration », développe-t-il. De cette visite, son ami musulman lyonnais attend aussi des indications, des conseils pour former les imams de France éclairés par l'expérience de la mixité confessionnelle. Pour qu'il puissent un jour tenir des propos similaires à ceux du cheikh Malek Chaar qui ont tant touché le cardinal : « Je vous aime autant que vous aimez la Vierge Marie. »


Le Liban a délivré son « message » au cardinal Philippe Barbarin et au recteur de la grande mosquée de Lyon. « Je suis accueilli comme un frère dans une maison dans laquelle je ne suis jamais venu, dans une ville où je viens pour la première fois », s'émerveille l'évêque de Lyon devant le cheikh Malek Chaar, mufti de Tripoli, qui le reçoit chez lui. En cette dernière journée...

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