L’ancien chef de l’État, au cours de son intervention. Photos Mohammad Yassine
L'ancien président de la République, Michel Sleiman, a encore une fois appelé hier à l'élection d'un président de la République de toute urgence et dans les plus brefs délais, pour éviter que les institutions ne restent bloquées.
« Pourquoi ne suivrait-on pas l'exemple de la Grèce ou de l'Italie, qui ont réduit le nombre de députés requis pour l'élection du président de la République au terme de plusieurs séances manquées faute de quorum, la priorité étant l'élection d'un chef de l'État et non pas le blocage des institutions ? » s'est demandé M. Sleiman, lors d'une intervention à l'AUB sur le thème de l'exercice de la présidentielle, dans le cadre d'une série de débats et de rencontres organisés par l'Institut Issam Farès pour la politique publique et les affaires internationales, sous la direction de l'ancien ministre Tarek Mitri.
« Aucune instance ne peut remplacer la première présidence, à laquelle la Constitution a consacré plusieurs responsabilités. Ce ne sont pas des prérogatives, mais des responsabilités, qui permettent de renvoyer des propositions de lois ou des décrets lésant un des partenaires politiques et de rectifier le tir des institutions en cas de déviance. N'est-ce pas le rôle du chef de l'État, garant de la Constitution issue du pacte national ? » a-t-il souligné.
Pour la proportionnelle
Michel Sleiman s'est dit aussi favorable à l'adoption d'une nouvelle loi électorale. « Il est temps d'en finir avec une loi électorale désuète qui date de 1960, mais pas pour retomber sous le joug d'une loi pire encore, telle la proposition dite " orthodoxe ", qui nous ramène encore plus dans le passé », a noté l'ancien président de la République. Il s'est déclaré, à ce niveau, partisan de la proportionnelle, laquelle cadre mieux, selon lui, avec la formule de coexistence nationale.
L'ancien chef d'État a également appelé à une représentation plus juste des femmes au sein du Parlement ainsi qu'à la réduction du droit de vote à l'âge de 18 ans.
Revenant sur le thème de l'exercice du pouvoir de président d'une République démocratique goûtant fraîchement à sa liberté après une guerre civile accablante, suivie d'une période d'occupation handicapante, Michel Sleiman a souligné que c'est un véritable défi que les Libanais ont réussi à relever durant dix ans, entre 2005-2015. « Nous avons pu maintenir une structure unie de l'État libanais après le départ des troupes syriennes et surtout en l'absence de la tutelle et de l'arbitrage syriens », a-t-il souligné.
Dans ce même cadre, il a tenu à mettre en exergue le rôle unificateur de l'armée libanaise, qui a « pu contourner tous les pièges et crises qui ont obstrué son parcours durant cette période charnière, alors que beaucoup d'hommes politiques parlaient déjà de son échec ». « L'armée libanaise est l'une des meilleures de la région car c'est une institution qui défend la démocratie, le peuple, les libertés publiques, la liberté d'expression, les valeurs issues du pacte national et de la déclaration de Baabda, fruit d'un exercice démocratique de la première présidence durant une grande partie de cette période », a-t-il noté.
Le dialogue, un passage obligé
L'ancien chef d'État a en outre assuré avoir contribué durant ces dix années, que ce soit à la tête de l'armée ou de la République, à la restitution du rôle diplomatique du Liban sur la scène internationale après des dizaines d'années de tutelle. « L'entrée du Liban comme membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies en 2010-2011, la formation du Tribunal spécial pour le Liban et la visite historique du pape Benoît XVI, qui a couronné le Liban comme promoteur d'un message à l'échelle régionale, sont des signes que le Liban est enfin pleinement reconnu comme acteur au sein de la communauté internationale », a-t-il ajouté.
Il a indiqué que « le dialogue entre tous les partis politiques est un passage obligé pour respecter la règle de la démocratie », mais que « le blocage institutionnel fausse tout le jeu démocratique ». Pour qu'un dialogue soit efficace, selon M. Sleiman, il faut en effet que les différentes parties soient de bonne foi et qu'elles aient l'intention de se mettre d'accord, sinon ce dialogue est perdu d'avance.
Estimant que le député est élu par le citoyen et qu'il a une obligation envers son électorat et non pas envers le parti auquel il a prêté allégeance, Michel Sleiman a lancé l'appel suivant : « Sortons du clientélisme et œuvrons pour un État au sein duquel chaque citoyen peut bénéficier de ses droits. »
Il a enfin invité les législateurs à adopter des lois anticorruption, et les jeunes, ainsi que la société civile et les syndicats à sortir de leur apathie et de manifester afin de mettre la pression sur les institutions qui croient pouvoir remplacer le chef de l'État.
Pour mémoire


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Il est impératif que le Liban change le fonctionnement de la vie politique pour en arriver a ne plus tomber dans de telles situations. Pour cela il lui faut d'abord bâtir une vie politique beaucoup plus structurée et organisée. Pas de députés au parlement sans faire partit de parti politique. Pas de partis politiques au parlement s'il n'assure pas au moins 3 a 5% de votes. Pour fonder un parti il faut établir des conditions claires qui impose la présentation de son idéologie, de sa structure, des règles et statuts qui le régisse, et tout ceci se doivent d’être conforme a la constitution Libanaise. De plus, il faut réajuster les prérogatives du President de la République lui permettant de prendre des mesures lorsqu'il y a force majeure, etc... De plus il faut abolir au sein des deux grandes communautés (Chrétienne et musulmane) le communautarisme. Les Libanais sont Libanais avant tout, Chiites, sunnites, Druzes, Maronites, Orthodoxes, Catholiques ou autres après. Du coup, les partis politiques qui voudraient atteindre une majorité qui permettra de passer les projets de loi qu'ils défendent devront sans hésitations s'allier a d'autres ou même agrandir l’étendue de leur base a d'autres communautés. Le Liban étant ce qu'il est pourrait sembler avoir besoin d'une loi comme la dite Orthodoxe, mais l’expérience dit que si celle-ci passe aujourd'hui, il sera très difficile de passer a autre chose a l'avenir. Seul une ouverture courageuse nous sortira de nos maux actuels.
11 h 33, le 19 mars 2015