Pino, ce musicien qui joue de ses mots.
Il est Malien et habite Madrid. Ibrahim Ahmed, aka Pino, joue le rôle principal dans le film d'Abderrahmane Sissako, Timbuktu, cinq fois césarisé et projeté au festival Ayam. Musicien de formation, c'est par hasard que la directrice du casting de Sissako entre en contact avec lui et propose le rôle de Kidane. « J'acceptais immédiatement, car l'univers d'Abderrahmane Sissako ressemblait à mon univers musical. » Une résistance calme et soumise uniquement au destin de Dieu ainsi qu'une foi énorme dans l'avenir animent à la fois le réalisateur et son acteur. Dans Timbuktu, Pino joue le rôle de Kidane, ce villageois vivant tranquillement avec sa femme et sa fille alors que les hommes armés viennent bouleverser leur vie.
Pino pleure dans le film et ses larmes valent tous les cris du monde. L'acteur musicien, qui se dit très fortement attaché aux traditions familiales, a vu sa famille dispersée dans tous les coins du monde. « Au Sahel, on est tous une grande famille et ça m'a fait mal de tout abandonner et partir. Ça fait mal ? bien sûr. D'ailleurs, je pleure rarement et je n'extériorise pas facilement mes sentiments. » Pino ne comprend pas comment on peut violer l'intimité des personnes en leur imposant ses propres lois. « Ce qui fait mal c'est que nous sommes impuissants, et à la merci d'un bourreau qui dirige notre vie. » La fille qui court à la fin du film représente l'espoir. Alors, après les larmes de Pino, il y a l'espoir ?


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef