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Nos lecteurs ont la parole - Mounir El-Khoury (Ul)

Le pape François : il y a deux ans

« Un peu de miséricorde change le monde, rend le
monde moins froid et plus juste. » Le pape François

 

Par la renonciation historique de Benoît XVI à son pontificat, le 11 février 2013, qui fut qualifiée par «un coup de tonnerre dans un ciel serein», le conclave des cardinaux électeurs s'est tenu le 12 mars 2013 pour élire le 226e successeur de Pierre.
À la chapelle Sixtine, sous la somptueuse fresque de Michel-Ange, chef-d'œuvre de la Renaissance et véritable bible illustrée, et dans ce cadre imposant, les princes de l'Église, de 64 nationalités différentes, se sont réunis à huis clos sous la toile de La remise des clés où le Christ remet solennellement à saint Pierre agenouillé les clés du royaume de Dieu.
Dans l'esprit des cardinaux, une multitude de problèmes qui hantent leurs esprits. Qui va conduire 2 milliards de chrétiens? Qui va gérer l'universalité de l'Église? Comment cette Église qui devient mondialisée va promouvoir, par l'action internationale du Saint-Siège, la justice et la paix? Comment affronter les grandes difficultés qui se présentent dans le monde d'aujourd'hui?
Après 2 jours de conclave, le mercredi 13 mars 2013, et au 5e vote, la fameuse fumée blanche apparaît de la cheminée de la chapelle Sixtine. Le cardinal-diacre Jean-Louis Tauran proclame du balcon papal la célèbre phrase en latin «Habemus papam» (Nous avons un pape). Le cardinal archevêque de Buenos Aires, Jorge-Mario Bergoglio, est élu souverain pontife.
C'est une grande surprise. C'est une première. Depuis 1300 ans, un pape non européen, argentin, vient de l'hémisphère Sud. Avec les acclamations de «Viva il papa» de la foule, massée à la place Saint-Pierre, Jorge-Mario Bergoglio apparaît au balcon de l'administration papale.
Un pape de 76 ans latino-américain. C'est un symbole, c'est là où se trouve la majorité du plus grand bataillon des catholiques du monde. Pour la première fois dans l'histoire de la papauté, un jésuite devient souverain pontife. En effet, l'ordre des jésuites fait partie des quatre ordres, à savoir les franciscains, les dominicains et particulièrement les salésiens, d'où sont issus les papes qui se sont succédé à Rome.
«Bonsoir à tous», réclame le nouveau pape, souriant et chaleureux, du haut de la fenêtre des appartements pontificaux. Avec beaucoup de simplicité, il poursuit : «Vous le savez, le conclave donne un évêque à Rome.»
Premier pape jésuite austère et modéré, simple et humble qui, pour la première fois, prend le nom de François, par antécédence à saint François d'Assise, lié aux pauvres et aux humbles. «J'ai pensé à François d'Assise... et le nom est venu dans mon cœur», avoue-t-il. En fait, aucun pape ne l'avait porté (François) des 265 prédécesseurs.
«Avant tout, je voudrais une prière pour notre évêque émérite, demande-t-il à la foule. Prions tous ensemble pour lui.» Commençons ensemble ce chemin, un chemin d'amour, de confiance, de fraternité, et je vous demande une prière de vous sur moi.» Avec ces mots, l'homme en blanc se prosterne devant des milliers de personnes et des millions de téléspectateurs, et devant le monde entier, et il demande à la foule de prier pour lui et de le bénir avant que lui-même la bénisse parce qu'il savait ce qu'il l'attend.
Il est vrai qu'«il vient de l'autre bout du monde », comme il l'a dit lui-même, et qu'il porte les souffrances et les larmes des déshérités parce qu'il vient du Sud. Ces souffrances le conduiront à travailler pour que les plus pauvres, les écrasés, les opprimés soient soulagés au modèle du Christ qui a donné son cœur, son esprit aux pauvres, avant de donner sa vie pour le salut de l'humanité.
Pour son premier Angélus, le 17 mars, le pape François demande aux fidèles, massés place Saint-Pierre, de prier pour lui. «Priez pour moi, je vous le demande», lance-t-il.
La veille, il rencontre les journalistes, avec simplicité et humour, dans un geste inédit d'un pontife qui, en moins de quatre jours, a étonné le monde par ses gestes de proximité. Et on entend des acclamations dans la salle: «François, tu es le printemps de l'Église!» Oui, le pape François veut réformer l'Église. L'aventure humaine est en panne et le futur n'est plus porteur de promesse. L'humanisme alors a besoin d'être refondé. C'est alors qu'il faut chercher des dimensions dans la foi, dans l'éducation. Éduquer les enfants à la «tendresse», à la «bonté», à «l'espérance», à la «fidélité », à «l'humilité». Telles sont les assises sur lesquelles le pape François insiste à pousser les jeunes vers elles.
À la messe d'inauguration de son pontificat officiel le mardi 19 mars, François apparaît comme un pape qui aime le contact avec la foule. Le Saint-Père reçoit du cardinal Jean-Louis Tauran le Pallium, et du cardinal Angelo Sodano, le doyen du collège, l'Anneau du pêcheur, symboles forts du pouvoir pontifical. Après la lecture de l'Évangile en grec, l'homélie du pape François insiste à «garder le Christ dans notre vie ». «Garder la création tout entière.» «Garder les enfants et les personnes âgées.» «Prendre soin l'un de l'autre.» «Quand l'homme manque à la création, il détruit le visage de l'homme et de la femme.» «Nous sommes tous gardiens de l'humanité.» «Le vrai pouvoir est le service, le service humble et concret.» «Ouvrons les horizons à la bonté, à la tendresse, à la fidélité, à l'humilité, à l'espérance.»
Le moment fort de cet événement mondial est la rencontre œcuménique au Vatican, le mercredi 20 mars. Le pape François a prôné le respect de toutes les religions. «Nous sommes proches de tous les hommes et femmes qui, même s'ils ne se reconnaissent dans aucune tradition religieuse, sont à la recherche de la vérité, de la bonté et de la beauté», déclare le pape.
Avec les orthodoxes, il affirme en insistant sur «l'unité entre tous ceux qui croient dans le Christ», souhaitant une «loyale collaboration» entre les confessions chrétiennes.
Des représentants des communautés musulmane, juive, bouddhiste, jaïne, sikh assistaient à la rencontre avec le nouveau pape. Il a dit voir dans leur présence «la volonté de coopérer pour le bien de l'humanité» et les a appelés à une «coexistence pacifique entre les religions». Aussi, il a insisté sur la présence au Vatican de «dignitaires musulmans qui adorent un Dieu unique, vivant et miséricordieux», comme les chrétiens.
Ce qui marque cette rencontre est la présence de Bartholomée Ier, premier patriarche de Constantinople qui est venu à son intronisation. Du jamais-vu depuis le schisme entre Orient et Occident en 1054 !
C'est vrai que l'élection du pape François a provoqué des stimuli pour que les dignitaires religieux, de tendances différentes, se réunissent au Vatican et que les gouverneurs et décideurs gouvernementaux du monde se joignent personnellement ou par leurs représentants à la cérémonie d'intronisation. C'est vrai aussi que le pape François, par sa simplicité, son humilité et sa bonhomie, a créé un impact de rapprochement et peut-être une entente dans le proche avenir. Il appelle les cardinaux, les évêques et les prêtres à «cheminer, édifier, professer» leur foi, mais tout cela n'est que «mondain» si ce n'est pas ancré dans le Christ. Il adresse un message aux gouvernants, aux dirigeants, aux politiciens, aux directeurs, pour entamer un dialogue pour le futur.
Puisque le monde s'est débarrassé de la menace soviétique et au lieu de s'engager dans les chemins de la paix, de la solidarité et de la dignité humaine, c'est l'anarchie qui le secoue. On a avancé qu'un nouvel ordre mondial s'est imposé sur la planète. Est-ce vraiment un nouvel ordre ou désordre mondial?
Mais ce qui se présente aujourd'hui, c'est que la mondialisation, tirée par la technologie, a conduit à une stabilisation politique généralisée, mais trouée par des foyers de haine et d'extrémisme ! C'est ainsi que la mondialisation nous rend fragile. En effet, pour un virus informatique ou biologique, une personne seule pourra saccager
l'humanité!
Certes, le pape François et la curie sont conscients des maux du monde et des dangers qui le menacent. Ils ne sont certainement pas de l'avis de Thierry Desjardins, le directeur adjoint du Figaro, qui écrit: «On a bien l'impression que ce siècle qui commence va voir le déchaînement sans pitié d'un islam renaissant, voulant dominer le monde et faire payer à la civilisation chrétienne les quelques siècles pendant lesquels elle a régné sur la planète. Ils ne sont non plus de l'avis que les pays émergents et leurs petits frères aillent mettre les États-Unis et l'Europe à la croisée des chemins. C'est pour cela que le pape François fait appel au retour à la foi, à la vérité, à la bonté et à la beauté. Comme si il voulait dire, et en vrai visionnaire, que la vraie menace ne vient pas de l'émergence de nouvelles puissances, mais de notre perte de confiance dans la civilisation.
Le pape François encourage-t-il les décideurs gouvernementaux ou autres à réfléchir et prévoir à long terme afin que les scénarios pessimistes ne se réalisent pas et que ceux optimistes puissent avoir les meilleures chances de se concrétiser? Poussera-t-il le monde à un peu de miséricorde pour le rendre moins froid et plus juste? Pourra-t-il promouvoir la paix, la solidarité et la dignité humaine?

« Un peu de miséricorde change le monde, rend le monde moins froid et plus juste. » Le pape François
 
Par la renonciation historique de Benoît XVI à son pontificat, le 11 février 2013, qui fut qualifiée par «un coup de tonnerre dans un ciel serein», le conclave des cardinaux électeurs s'est tenu le 12 mars 2013 pour élire le 226e successeur de Pierre.À la chapelle Sixtine, sous la somptueuse fresque de Michel-Ange, chef-d'œuvre de la Renaissance et véritable bible illustrée, et dans ce cadre imposant, les princes de l'Église, de 64 nationalités différentes, se sont réunis à huis clos sous la toile de La remise des clés où le Christ remet solennellement à saint Pierre agenouillé les clés du royaume de Dieu.Dans l'esprit des cardinaux, une multitude de problèmes qui hantent leurs esprits. Qui va conduire 2...
commentaires (1)

Merci Mr Khoury pour cet article...un article a la jesuite...je m'incline....

Soeur Yvette

16 h 20, le 17 mars 2015

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Commentaires (1)

  • Merci Mr Khoury pour cet article...un article a la jesuite...je m'incline....

    Soeur Yvette

    16 h 20, le 17 mars 2015

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