Le ministre grec de la Justice Nikos Paraskevopoulos a menacé hier de donner son feu vert à l'application d'une décision de la Cour suprême grecque, jusqu'ici restée lettre morte, qui jugeait possible la saisie d'avoirs allemands en compensation des crimes commis par les nazis. « À titre personnel, je crois que l'autorisation d'appliquer cette décision devrait être donnée », a dit le ministre au cours d'un débat au Parlement sur la réactivation d'une commission parlementaire sur les crimes commis en Grèce par les nazis.
Des proches des victimes revendiquent depuis vingt ans des réparations allemandes, mais Berlin a toujours refusé de payer, considérant que la question des dédommagements a été réglée par un accord bilatéral avec la Grèce datant de 1960. La Cour suprême grecque avait en 2000 jugé qu'il était possible de saisir des avoirs allemands à la suite d'une plainte des proches des victimes du massacre de Distomo. Elle se basait sur une décision d'un tribunal grec en 1997, condamnant l'Allemagne à leur verser 28,6 millions d'euros. Mais à l'époque le ministre de la Justice socialiste n'avait pas autorisé l'application de ce jugement.
« Nous devrions nous concentrer sur les thèmes actuels », a répliqué le porte-parole de la chancellerie allemande, Steffen Seibert.
Économie
Le ministre grec de la Justice menace les avoirs allemands de saisie
OLJ / le 12 mars 2015 à 00h00

