Hier, dans l'enceinte du tout nouveau Yatch Club de Beyrouth, une soixantaine de femmes se sont retrouvées pour discuter. « Énième » sobhiyé « mondaine », songez-vous, tant le lieu comme le public semblent le suggérer. Pourtant, il s'agit d'un événement très « corporate », qui a réuni des femmes entrepreneuses, des cadres de haut vol ou de jeunes créatrices de start-up.
Il était organisé par la Blessing Foundation, une association qui entend favoriser le parrainage des « femmes par des femmes ».
L'objectif de la rencontre d'hier était de mettre en relation des mentors (des femmes expérimentées) avec des mentorées (des femmes inexpérimentées).
« Les hommes ont accès à de multiples réseaux professionnels, qui les aident tout au long de leur carrière. Pour une femme, au Liban, ces cercles n'existent pas. C'est ce que nous créons : un réseau qui favorise la rencontre, le partage entre professionnelles pour augmenter nos chances de succès », explique la présidente de la fondation, Rima Kotaich el-Husseini, PDG par ailleurs de la société Blessing, une chocolaterie qui réalise également des cadeaux de mariage, de naissance, de ramadan, des cartes de vœux...
L'efficacité du parrainage n'est plus à prouver : il permet de transmettre un savoir-faire et d'ouvrir des portes vers d'autres réseaux, de susciter des collaborations, des opportunités nouvelles... « Mais l'expérience internationale démontre que les hommes sont plus spontanément enclins à parrainer leurs pairs que les femmes. »
Rima Kotaich el-Husseini a eu l'idée de la Blessing Foundation après avoir été sélectionnée pour rejoindre le programme américain de mentorat de Fortune 500. Pendant un an, elle a été parrainée par une des plus grandes businesswomen, Suzanne Whiting, vice-présidente de Nielsen (aujourd'hui retraitée). De retour au Liban, Rima Kotaich el-Husseini décide d'importer l'idée. La première session démarre en 2012 avec une vingtaine de femmes. Aujourd'hui, la fondation compte 150 mentors potentiels dans son carnet d'adresses.
Pour l'heure, leur profil reste assez identique : des citadines, issues des milieux aisées. C'est d'ailleurs pour toucher des femmes d'horizons plus variés que la Blessing Foundation lancera un site Internet en juin prochain. « Notre ONG se veut un tremplin pour toutes. Ce n'est pas un entre-soi. Et nous espérons vraiment trouver les moyens d'identifier de nouveaux profils. »
Économie - Parrainage
La Blessing Foundation lance son quatrième programme de mentorat
Une soixantaine de femmes se sont retrouvées hier pour partager leurs expériences professionnelles.
OLJ / Par Muriel ROZELIER, le 07 mars 2015 à 00h00

