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La parodie façon Jon Stewart, une nouvelle façon de traiter l’actualité

L’émission « The Daily Show » et son animateur, Jon Stewart, ont remporté 20 Emmy Awards tout au long des 16 ans de diffusion. AFP/Robyn Beck

L'humoriste vedette américain Jon Stewart, qui a annoncé son départ prochain du Daily Show, a hissé la satire politique vers de nouveaux sommets et bouleversé le paysage audiovisuel aux États-Unis.
Jon Stewart, âgé de 52 ans, et son émission «ont rendu l'actualité plus importante pour de nombreux jeunes, a commenté Ken Paulson, l'un des directeurs du musée de la presse Newseum à Washington et ancien rédacteur en chef du quotidien USA Today. Il a généré une motivation pour que les gens veuillent en apprendre davantage sur le monde qui les entoure.»
Même si la parodie de l'actualité n'était pas un genre nouveau, l'humoriste «l'a fait mieux que personne», a renchéri Dan Kennedy, professeur de journalisme à l'université Northeastern.
«Il a simplement une façon plus maligne et plus analytique d'appréhender l'information que n'importe lequel de ses prédécesseurs et, de ce fait, je pense que Stewart s'est révélé être l'un des critiques des médias les plus perspicaces», a-t-il poursuivi.
Cette émission, animée depuis 16 ans par l'humoriste et diffusée sur Comedy Central, constitue un passage obligé pour les responsables politiques, y compris le président Barack Obama, Hillary Clinton, le sénateur John McCain et bien d'autres.
S'il défend une position imperturbablement libérale, il sait être non partisan dans sa satire, faisant des plaisanteries à la fois sur l'Obamacare, la grande réforme du système de santé américain et sur le présentateur ultraconservateur Bill O'Reilley.

Un nouveau genre
Mais le Daily Show n'est pas que divertissement. Des chercheurs ont déterminé que les programmes satiriques informent souvent mieux les téléspectateurs que les émissions traditionnelles sur les sujets importants.
Selon une enquête de l'institut de sondage Pew Research menée en 2014, 16 % des Américains ont indiqué faire confiance à l'émission, moins que CNN et le New York Times, mais mieux que des médias comme Bloomberg ou The Economist. Cette émission et ses rejetons, comme The Colbert Reports, également sur Comedy Central, ont créé une nouvelle façon de traiter de l'actualité.
«Nous avions l'habitude d'avoir quelques minutes de parodie dans les talk-shows du soir, mais avoir un programme entier d'une demie-heure consacré à la parodie de l'actualité, c'est un nouveau genre qui a émergé ces quinze dernières années», a commenté Bruce Hardy, chercheur en communication politique à l'Université de Pennsylvanie.
Selon lui, la parodie est une force positive car elle permet de faire participer le spectateur. «La comédie repose surtout sur l'élément de surprise et, lorsque les gens sont surpris, cela accroît leur intérêt et leur engagement.»
Reste que «c'est assez consternant de voir qu'une génération entière obtient ses informations de Jon Stewart, mais c'est beaucoup mieux que de ne pas avoir d'informations du tout », a-t-il poursuivi.
The Daily Show a servi de rampe de lancement à de très nombreux comédiens, en particulier Ed Helms, Steve Carrell, Stephen Colbert et John Oliver. L'émission et son animateur ont notamment remporté 20 Emmy Awards.
L'annonce de ce départ, dont la date n'est pas fixée, intervient au moment où le monde de l'information aux États-Unis vit une véritable secousse après la suspension pour six mois, sans salaire, du présentateur vedette de la chaîne de télévision NBC.

Les théâtres d'improvisation
Brian Williams, 55 ans, est accusé d'avoir entre autres embelli des souvenirs d'Irak datant de 2003, notamment dans une édition de son journal télévisé fin janvier.
Un sujet bien entendu abordé par Jon Stewart qui a estimé que M. Williams souffrait d'un «syndrome de confusion d'"infotainment"», jeu de mot entre information et divertissement et évoquant le syndrome de stress post-traumatique (PTSD) ressenti par certains anciens combattants.
Mais si l'animateur est salué pour avoir transformé le journalisme à la télévision d'aujourd'hui, ses racines sont dans les théâtres d'improvisation, pas dans la presse.
«Il est arrivé à un moment où les médias se divisaient en plusieurs audiences différentes, a relevé Dan Kennedy. Il a été capable d'en tirer avantage et de créer sa propre audience.» Selon lui, Jon Stewart est parvenu à trouver le juste équilibre, raillant les événements et les gens qui font l'actualité «sans avoir la main trop lourde», ce qui explique son succès.

(Source : AFP)

L'humoriste vedette américain Jon Stewart, qui a annoncé son départ prochain du Daily Show, a hissé la satire politique vers de nouveaux sommets et bouleversé le paysage audiovisuel aux États-Unis.Jon Stewart, âgé de 52 ans, et son émission «ont rendu l'actualité plus importante pour de nombreux jeunes, a commenté Ken Paulson, l'un des directeurs du musée de la presse Newseum à Washington et ancien rédacteur en chef du quotidien USA Today. Il a généré une motivation pour que les gens veuillent en apprendre davantage sur le monde qui les entoure.»Même si la parodie de l'actualité n'était pas un genre nouveau, l'humoriste «l'a fait mieux que personne», a renchéri Dan Kennedy, professeur de journalisme à l'université Northeastern.«Il a simplement une façon plus maligne et plus analytique d'appréhender...
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