Soumis à un sévère contrôle des changes depuis 2003, le Venezuela, qui importe la quasi-totalité de ce qu’il consomme, dispose de plusieurs systèmes officiels d’allocations de devises ainsi que d’un marché noir. Archives/AFP
Les autorités du Venezuela ont annoncé mardi une libéralisation partielle du marché des changes, une mesure toutefois insuffisante pour donner de l'air à une économie en récession dans un pays soumis à un strict contrôle monétaire, jugent des économistes.
Dans les faits, trois systèmes distincts d'allocations de devises continueront d'exister, comme actuellement, mais l'un d'entre eux devient libre et sera opéré par les banques et les maisons de changes. Cette annonce a toutefois laissé sceptiques les économistes locaux, qui attendent toujours une franche dévaluation de la monnaie locale et estiment que les effets de ce nouveau système seront limités.
Ce « système marginal de devises » (Simadi) « est ouvert, il est libre », a assuré le ministre des Finances Rodolfo Marco Torres, lors d'une conférence de presse. Entre 5 et 10 % des devises disponibles seront allouées via ce système. « Les vendeurs et les acheteurs (de devises) pourront se rencontrer » sur ce marché qui sera régulé par l'offre et la demande, a-t-il poursuivi. Les détails de cette annonce seront connus à partir de mercredi, selon le ministre. Les achats quotidiens en maison de changes ne pourront toutefois pas excéder 300 dollars, la vente de devise sera quant à elle libre, a précisé M. Torres.
Soumis à un sévère contrôle des changes depuis 2003, le Venezuela, qui importe la quasi-totalité de ce qu'il consomme, dispose de plusieurs systèmes officiels d'allocations de devises ainsi que d'un marché noir.
Le Simadi vient en effet s'ajouter au Cencoex, marché entièrement contrôlé par l'État sur lequel le billet vert cotise à 6,30 bolivars, et le Sicad, un système d'enchères où la devise américaine est mise à prix 12 bolivars puis fluctue en fonction de l'offre et de la demande, dans une marge contrôlée par le gouvernement.
Le Cencoex allouera 70 % des devises, destinées à financer les importations des produits de première nécessité (comme les aliments ou les médicaments) ou des matières premières nécessaires à la production de ces produits. Le Sicad gérera autour de 20-25 % des devises et s'adresse aux voyageurs désireux d'acquérir des dollars avant un départ à l'étranger ou encore aux importateurs du reste des produits du panier de base.
(Source : AFP)

