La guerre et le nerf de la guerre, autrement dit l'argent : aux dernières nouvelles, et pour la première fois depuis longtemps, l'un et l'autre se portent plutôt bien ces jours-ci au Proche-Orient.
Au plan des opérations militaires, les frappes aériennes visant l'État islamique commencent à porter leurs fruits. À en croire le secrétaire d'État américain John Kerry, le singulier califat de Omar al-Baghdadi a déjà perdu des milliers de combattants, des dizaines d'installations gazières et pétrolières, et un bon cinquième du territoire qu'il contrôlait. Et on va voir ce qu'on va voir avec la campagne terrestre que s'apprêtent à lancer les forces armées irakiennes. Sur le deuxième point, les pays du G20 vont intensifier leur coopération en matière d'échanges d'informations pour lutter contre le financement du terrorisme; entre autres décisions, les banques centrales de ces pays se sont promis de renforcer la transparence des systèmes de paiement. Ce n'était pas trop tôt, depuis le temps que certains émirs du Golfe prodiguent leurs pétrodollars à des organisations prétendument caritatives servant de paravents (on ne peut plus transparents pourtant, ceux-là) à el-Qaëda, Daech, al-Nosra et compagnie. Par une heureuse coïncidence, les noms de certains de ces princes sont déjà connus, à la faveur des révélations de Swiss Leaks sur les évasions fiscales que favorisait, au bénéfice de ses clients les plus fortunés, la branche genevoise de la banque britannique HSBC.
Parallèlement à cette entreprise d'assèchement des ressources du terrorisme, l'Union européenne va accroître sensiblement son assistance aux populations de Syrie et d'Irak, mais aussi aux pays voisins confrontés à un énorme afflux de réfugiés, dont le Liban. Et comme un présent arrive rarement seul, le premier lot d'armements français acquis grâce à un don saoudite de trois milliards de dollars nous sera livré dès le mois d'avril : hélicoptères, blindés et autres joujoux s'ajoutant aux fournitures américaines de canons et de munitions.
Il reste que dans cette guerre qui ne ressemble à nulle autre, les canons et l'argent ce n'est pas tout. L'arme suprême, en l'occurrence, c'est... le minaret. Dès l'apparition de cet
effroyable phénomène, il était évident en effet que l'éradication du terrorisme jihadiste était l'affaire moins du monde occidental que des musulmans eux-mêmes ; gouvernements, élites et chefs religieux confondus. Cette arme absolue, celle du dogme officiel opposé aux criminels délires des fanatiques, doit néanmoins être maniée avec précaution. Une preuve en était fournie au lendemain de l'atroce exécution par le feu d'un pilote jordanien quand le grand imam de l'université d'al-Azhar appelait les fidèles à tuer, crucifier et mutiler les terroristes : propos pour le moins malheureux, à l'heure où cette profonde injustice qu'est l'amalgame menace les minorités musulmanes d'Europe.
Sauf le respect dû à la prestigieuse instance du Caire, c'est de la deuxième ville du Liban multiconfessionnel, et pour l'honneur de notre pays, que se fait entendre la voix de la foi authentique, de la foi responsable. Tripoli, bastion des musulmans : c'est contre ce slogan apposé en caractères géants à l'entrée de la cité – contre aussi les drapeaux noirs rappelant fâcheusement l'emblème de Daech que s'est élevé le mufti du Nord. Fluette est peut-être la voix du vieux dignitaire ; tonnant, assourdissant est en revanche l'admirable, le courageux, le patriotique message de cheikh Malek Chaar.
Au plan des opérations militaires, les frappes aériennes visant l'État islamique commencent à porter leurs fruits. À en croire le secrétaire d'État américain John Kerry, le singulier califat de Omar al-Baghdadi a déjà perdu des milliers de combattants, des dizaines d'installations gazières et pétrolières, et un bon cinquième du territoire qu'il contrôlait. Et on va voir ce qu'on va voir avec la campagne terrestre que s'apprêtent à lancer les forces armées irakiennes. Sur le deuxième point, les pays du G20 vont intensifier leur coopération en matière d'échanges d'informations pour lutter contre le financement du...

