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Nos lecteurs ont la parole

Les lecteurs ont voix au chapitre

Nos petites monarchies
La rumeur des prochaines passations de leaderships – de papa à fiston – est sur toutes les lèvres, sur toutes les pages. Quoi donc de plus naturel dans un pays qui n'en finit pas de décevoir, tant au niveau des dirigeants qu'à celui d'une société civile égarée, qui accueille sans broncher des initiatives politiques d'un autre temps ? Et le plus aberrant, c'est que ce népotisme familial sera très probablement entériné par suffrage. C'est dire le niveau politique de la société libanaise.
Je n'ai pas entendu une voix discordante s'élever pour exprimer son mécontentement ou son incompréhension devant un comportement qui fait que le Liban ne sort pas de son Moyen Âge politique, qu'il recule à tous les niveaux et qu'il pousse ses enfants à l'émigration. C'est vraisemblablement ce que cherchent aussi nos petits monarques, soucieux de faire hériter – de leur vivant et dans une atmosphère de résignation collective – leurs rejetons de privilèges politiques ancestraux, au mépris de l'intelligence humaine et de la règle du mérite qui prévaut dans toutes les sociétés modernes.
Nos rois ont démissionné, vivent nos rois !

Élie BARDAWIL


Chef État ou coup d'État ?
Un chef d'État, c'est une image rassurante qui s'adresse au peuple, à tout le peuple, quelle que soit son allégeance politique à des moments cruciaux : à la veille d'une année nouvelle pour dresser un bilan et établir un programme, au lendemain d'une attaque sur le territoire national ou aux frontières afin d'endiguer le chômage, les grèves, des catastrophes climatiques ou autres qui ont pu occasionner des dégats majeurs. C'est aussi une figure qui peut, en dernier recours, amnistier des condamnés ou condamner des criminels. Cette figure emblématique manque dans le paysage politique de notre pays depuis plusieurs mois, et la situation risque de perdurer.
Prenons l'exemple des réactions sucitées par la rispote d'Israël , le 28 janvier, au tir de missiles du Hezbollah en represailles à l'attaque contre Kuneitra et au sujet de laquelle chacun y va de sa déclaration : le Premier ministre, deux ex-chefs d'État, des chefs de parti, d'ex-ministres représentant des courants politiques. Déclarations aussi diverses que contradictoires de rendre le citoyen pour le moins inquiet sur son sort quand, dans tout autre pays, devant une situation qui menace la sécurité, il y a consensus autour d'une seule et unique priorité. Toute personne responsable déduirait qu'il y a urgence à doter le pays d'un président, à moins de préconiser un coup d'État. C'est peut-être ce à quoi on veut nous mener.

Dolly TALHAMÉ

Foi en danger
Les églises du Christ jour et nuit en France sont ouvertes; mais les piliers sont seuls, les stalles sont désertes, le marbre bleu des morts est humide, et personne ne sait plus l'essuyer des genoux. L'Église est devenue sans foi, un triste corps de pierre d'un autre âge qui avait pour âme la prière. Le peuple est fier de sa laïcité, mais cherche un Dieu pour l'adorer. Ce Dieu est venu dans d'autres confessions s'installer, plus de 2 500 mosquées ornent la France du nord au sud, de fervents croyants prient cinq fois durant la journée. Un choc de cultures entre pratiquants et non pratiquants. Et si Allah est grand, personne ne veut le voir ainsi, et au nom de la liberté d'expression, ils veulent se venger, et dans des caricatures burlesques et humiliantes, s'attaquer à la foi comme à un ennemi. Pourquoi au nom de cette liberté ne laisse-t-on pas à chacun le droit de respecter autrui sans recourir à cette course folle de dessins ? N'est-il pas plus sage de revenir tout simplement au christianisme, où la vie sera plus normale avec un baptême pour les enfants et un mariage religieux, en rejetant une fois pour toutes ces mariages homosexuels ? Enfin, messieurs, la loi du nombre dans chaque pays gérera un jour toutes les réformes sociales et culturelles. Réveillez-vous avant qu'il ne soit trop tard.

Antoine SABBAGHA

Pas de cadeaux pour les Grecs
Il est écrit dans le ciel que la troïka (la BCE, la CE et le FMI) fera la vie dure au parti Syriza au pouvoir et à son chef, Alexis Tsipras. Si elle devait plier, elle enverrait le message aux Espagnols, aux Italiens, aux Portugais, notamment, que la solution se trouve dans l'élection d'un parti de la gauche radicale (dont le Podemos, en Espagne, profiterait dès cette année).
Quant au patronat grec, il fera tout pour rendre la vie impossible au nouveau gouvernement, en n'investissant pas, en sortant l'argent du pays.
Bref, l'avenir est sombre pour les Grecs, qui n'auront pas de cadeaux.

Sylvio Le BLANC
Montréal (Québec)

Nos petites monarchiesLa rumeur des prochaines passations de leaderships – de papa à fiston – est sur toutes les lèvres, sur toutes les pages. Quoi donc de plus naturel dans un pays qui n'en finit pas de décevoir, tant au niveau des dirigeants qu'à celui d'une société civile égarée, qui accueille sans broncher des initiatives politiques d'un autre temps ? Et le plus aberrant, c'est que ce népotisme familial sera très probablement entériné par suffrage. C'est dire le niveau politique de la société libanaise.Je n'ai pas entendu une voix discordante s'élever pour exprimer son mécontentement ou son incompréhension devant un comportement qui fait que le Liban ne sort pas de son Moyen Âge politique, qu'il recule à tous les niveaux et qu'il pousse ses enfants à l'émigration. C'est vraisemblablement ce que cherchent...
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