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Nos lecteurs ont la parole - Manaf A. Alhajeri

Charlie ira-t-il au Paradis ?

« ...Parce que les êtres humains possèdent en principe,
à défaut de qualité, une même quantité d'être, ils sont tous
en principe à peu près également présents... »
Michel Houellebecq, « Soumission »

Le monde arabe est une mosaïque hétéroclite de pays ; entre l'opulence des villes pétrolières et les camps palestiniens, point de dénominateur commun. Mensonge. On l'a vu, toujours le même acte provocateur pour faire sortir tous les pays arabes de leur gonds. Depuis la représentation de l'image du prophète Mohammad par le dessinateur danois Lars Refin pour la première fois en 2005, on dirait que les médias occidentaux prennent un plaisir polisson à provoquer un islam qui ne partage ni ses conceptions de la liberté ni ses sensibilités humoristiques.
Émerveillés, les Arabes ont assisté à la marche républicaine pour la liberté le 11 janvier dernier. C'est un émerveillement pourtant troublé par des souvenirs encore frais des images des victimes civiles tombées par milliers suite à un conflit armé entre diverses forces paramilitaires palestiniennes, dont le Hamas, et Israël. Dans son rapport, l'ONG Amnesty International parle de l'indifférence dont les forces israéliennes ont fait preuve face au carnage des civils. L'Arabe moyen, pourtant habitué à des images non moins pénibles (blocus de Gaza depuis 2007, guerre de Gaza 2008-2009, attentats quotidiens en Syrie et en Irak), trouve difficile cette fois de tolérer le gouffre qui sépare le respect dont témoigne le monde devant la perte d'une vie occidentale et l'indifférence quasi absolue face aux victimes qui tombent presque tous les jours dans des villes arabes.
Désorienté par des décennies de retard en matière de connaissance et de gouvernance, le Moyen-Orient ne peut constater la marche pour la liberté qu'avec amertume pour ses années, voire ses générations perdues.
À cette amertume s'en ajoute une autre. Un nombre grandissant de musulmans estiment que les dessins blasphématoires à leurs yeux ont pris une valeur iconique pour les médias occidentaux au nom de la laïcité. Une laïcité bienveillante et à égale distance de toutes les croyances semble céder la place aujourd'hui à une liberté d'expression aussi pleine de sous-entendus que de moins en moins neutre, créant des storytellings opposés – islamophobie contre antisémitisme.
Pour ce qui est de la violence de l'islam radical, il ne se combat qu'à ses sources. Il y a effectivement des bourgeons de réformes entreprises actuellement au Moyen-Orient et il faut aider à en hâter l'éclosion. Dans l'éducation arabe, longtemps accusée d'archaïsme, il y a une prise de conscience du retard qu'il faut combler et un mécontentement de ce qu'offrent les systèmes publics. Au Koweït et aux Émirats, 38 et 69 % respectivement des étudiants aujourd'hui sont dans des écoles privées – généralement exemptes de l'endoctrinement des écoles publiques. Il y a de reformes similaires dans presque tous les pays arabes dans le secteur financier où tout versement douteux d'argent est sanctionné.
La place du discours haineux dans la liberté d'expression est un concept nouveau. Pourtant, peut-être suite aux bouleversements de ce que l'on a appelé le printemps arabe, on constate des débats remarquables (voire des ébauches de lois en Égypte, au Koweït et en Tunisie) autour du sujet.
Un nouvel Orient s'annoncerait-il à l'horizon ? Pas pour demain en tous les cas.
Mais une chose est certaine, sans le soutien de l'Occident – dans la presse ou ailleurs –, l'Orient et l'Occident ne seront pas capables de sortir de l'impasse du terrorisme aussi longtemps que l'islam aura sa raison qu'une partie des médias occidentaux, comme Charlie Hebdo. semble rejeter.

Manaf A. ALHAJERI
Chef d'entreprise koweïtien

« ...Parce que les êtres humains possèdent en principe,à défaut de qualité, une même quantité d'être, ils sont tousen principe à peu près également présents... »Michel Houellebecq, « Soumission »
Le monde arabe est une mosaïque hétéroclite de pays ; entre l'opulence des villes pétrolières et les camps palestiniens, point de dénominateur commun. Mensonge. On l'a vu, toujours le même acte provocateur pour faire sortir tous les pays arabes de leur gonds. Depuis la représentation de l'image du prophète Mohammad par le dessinateur danois Lars Refin pour la première fois en 2005, on dirait que les médias occidentaux prennent un plaisir polisson à provoquer un islam qui ne partage ni ses conceptions de la liberté ni ses sensibilités humoristiques.Émerveillés, les Arabes ont assisté à la marche...
commentaires (2)

IL IRA AU : PA... RADIS...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

16 h 31, le 06 février 2015

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Commentaires (2)

  • IL IRA AU : PA... RADIS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    16 h 31, le 06 février 2015

  • Il faut admirer la correction arabo-musulmane molle, qui a remplacé le sans-gêne hardi de départ de l’arabe islamisé. On apprend que, comme il convient à une pareille entité "culturelle" musulmane, il s'est assimilé aussi les allures et le maintien n’est-ce pas, d'un "pur" arabo-islamique moudéré. À le voir se trimbaler et plastronner, on l'eût pris pour le repus le plus inoffensif du monde. Le "contenu" que l’homme arabe pseudo-nouveau donne à cette new vie "pacifiste" toujours selon la "norme" musulmane, est pire encore que sa forme. Il balance ainsi des raccourcis, pour donner au monde incrédule occidental le vivant et salutaire exemple de la "miséricorde" islamique. Ce n'est + sa propre nature qu'il doit représenter désormais, mais un dogme qui ne sert plus à grand-chose. Sa métamorphose "évoluée" a fait de cet arabe pseudo-nouveau un homme prudent et pondéré, qui guide sa conduite selon les règles de la crainte ou plutôt de la nouvelle sagesse craintive islamique. Le new arabo-musulman, moufte l’éhhh laïc arabe qui, dans son indiscrète simplicité, vend toujours la mèche, ne dira en effet mot qui vaille de l'assassinat du gentil Charlie de peur de se trouver compromis ! L’islamique pseudo-nouveau sait donc que l'assassinat de Charlie a été, quand mêêême, 1 acte tout à fait contraire à la loi. S'il n'en souffle que quelques baratins-mots bidon, c'est par crainte de se compromettre. "Sage" arabe islamisé, va !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    15 h 48, le 06 février 2015

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