Musicienne amoureuse des partitions baroques (et modernes) les plus rares, enseignante rompue à la tâche dans son « Aula » (école) qui a progressivement occupé une place prépondérante dans la capitale libanaise pour voir surgir même une université du pays de Goethe en terre du Cèdre, femme vouée à l'art de peindre depuis des lustres, Lotti Adaïmi est certainement une figure de proue de la culture allemande en Orient. Un demi-siècle de labeur entre fonction administrative, nuances de la langue germanique, gammes sur violon, lecture de partitions, chevalet à tout vent et coups de pinceaux.
Cheveux blancs comme neige, yeux clairs comme ceux d'une poupée de Saxe, fidèle à sa simplicité et à son dynamisme, aujourd'hui, du haut de ses 83 ans, l'artiste cède au regard du public un lot de toiles aux mixed medias panachées de couleurs à la fois vives et estompées.
Des toiles qui parlent d'infini et d'éternité, en termes d'abstractions à l'architecture savamment dentelée, découpée, morcelée, arrangée. Architecture dominée par des lignes verticales et horizontales, d'une précision fine et malicieuse où coucher de soleil, paysages de tous bords, figures humaines ou animalières se télescopent en images évoquant des rêves d'évasion, de liberté.
Bannir le temps et l'espace pour mieux retrouver l'infini et l'éternité. Deux notions fuyantes qui font éloigner les pinceaux de l'artiste des mosaïques du monde arabe qu'elle a opulemment fouillé et exploré avec ses contes, ses mythes et ses légendes pour s'élancer dans des espaces nouveaux, plus éthérés, plus insaisissables. Mais, comme par magie ou irrésistible nostalgie, surgissent des fragments de calligraphies d'un Levant de mystère et de sensualité. En traits rythmés, en mouvements ondulatoires ou saccadés. Pour une pluie inventée, des vagues inlassablement recommencées, des nuages polymorphes et cotonneux, ou des fleurs en colliers, épanouis et rangés comme un essaim de jeunes filles volubiles et exubérantes...
Des camaïeux de bleus sur fond gris ou noir, des ocres denses comme des terres conquises mais soigneusement entretenues, des verts entre jaune et orange éclatants, voilà un mélange détonant et sobre à la fois (où jamais une note criarde ou vulgaire n'est la bienvenue !), pour insuffler une vie chaleureuse et optimiste. Pour une vibrante vitalité, toujours joyeuse et constructive.



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JE NE VOUDRAIS PAS M'EMBARQUER À JUGER CETTE PALETTE SANS AVOIR VU LES AUTRES 24... MAIS QUE MONTRE CELLE-LÀ ? L'ART QUI DOIT ÊTRE EXPLIQUÉ... N'EST PAS DE L'ART !!! C'EST DU BAZAR !!!
13 h 07, le 21 janvier 2015