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Économie

Les restaurateurs tributaires des banques

Bilan 2014 - Trois questions à Tony Ramy

En 2014, les faillites ont plus que doublé par rapport à 2013 dans le secteur de la restauration.

17/01/2015

Quel bilan dressez-vous de l'activité des restaurateurs en 2014 ?
L'année 2014 a été la plus difficile pour les professionnels de la restauration. Le chiffre d'affaires du secteur a baissé de 25 % en comparaison avec 2013 et d'au moins 50 % par rapport à 2011. Après la période 2009-2011 durant laquelle le secteur était à son apogée, de nombreux professionnels ont investi sans savoir que le pays connaîtrait la crise qu'il a subie depuis. Entre 2011 et 2014, au moins 1 000 établissements ont vu le jour chaque année, pour un investissement initial moyen de 300 000 dollars par restaurant, deux fois plus que sur la période 2009-2011.
En 2012 et 2013, les restaurants ont résisté en puisant dans les économies accumulées durant les « bonnes années » mais l'année dernière, 70 % d'entre eux ont dû recourir aux prêts bancaires pour pouvoir payer les employés, les factures d'électricité, les loyers... Beaucoup de professionnels n'ont même pas été en mesure de rembourser leurs prêts Kafalat. La multiplication des locaux vides dans le pays témoigne de l'accélération des faillites. On a dénombré quelque 250 faillites de restaurants en 2014 contre une centaine l'année précédente, alors que le ticket moyen dépensé a, lui, diminué de 20 % annuellement.

Quels établissements s'en sortent le mieux ? Le moins bien ?
Les établissements qui s'en sortent le mieux sont ceux qui affichent des tarifs raisonnables comme les cafés libanais, les sandwicheries ou encore les bistrots. Au contraire, les restaurants haut de gamme ont accusé une baisse de leur chiffre d'affaires de 30 à 40 % en 2014 tout comme les établissements de nuit. Le Libanais, qui était connu pour dépenser sans compter, choisit aujourd'hui scrupuleusement ce qu'il va commander. Il préfère dépenser moins pour continuer à sortir plusieurs fois par semaines. Un secteur tire toutefois son épingle du jeu : celui de la livraison à domicile. Les établissements proposant ce service ont vu leur activité grimper de 30 %.

Comment envisagez-vous 2015 ?
Nous gardons l'espoir d'un consensus politique. La seule sortie de crise possible doit passer par un accord du type de celui de Doha en 2008 et l'élection d'un président de la République. La stabilité politico-sécuritaire et le retour des touristes et expatriés sont la seule condition à la reprise du secteur et de l'économie en général. La légère amélioration enregistrée pendant les fêtes de fin d'année en témoigne. Dès que la situation se calme, le pays redevient une destination de premier ordre.

* Président du syndicat des restaurateurs

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