Le moment de grande alarme vécu par les parents des militaires et policiers otages en Syrie, qui a accompagné la reprise en main de la situation à la prison centrale de Roumieh, semble être retombé.
Le groupe de parents qui s'était mobilisé à nouveau dans le périmètre du Grand Sérail a annoncé hier qu'il renonçait à reprendre son escalade, après « des assurances » fournies par le ministre de la Santé, Waël Bou Faour.
Ces assurances ont suivi une réunion, mercredi soir, de la cellule de crise, en présence du Premier ministre Tammam Salam, et se sont confirmées en matinée lors de conciliabules engagés en marge du Conseil des ministres.
En gros, il ressort des milieux concernés que le vice-président de la municipalité de Esral, Ahmad Fliti, et le cheikh salafiste, Moustapha Hojeiri, ont reçu un « feu vert » pour entrer en contact avec les ravisseurs.
Négociateurs officieux
Dans un entretien accordé à l'agence al-Markaziya, le dignitaire religieux salafiste a précisé que si le gouvernement le tient pour l'un des deux négociateurs principaux dans le dossier des otages, il n'en est pas pour autant un « négociateur autorisé ».
« Certains des ministres que je respecte ont souhaité que j'intervienne, a-t-il dit, mais je ne peux pour autant me considérer comme un négociateur officiel sans un communiqué du gouvernement en bonne et due forme. Pour l'instant, donc, le seul négociateur officiel dans ce dossier est le directeur général de la Sûreté, le général Abbas Ibrahim. »
Le cheikh Hojeiri a précisé pourtant qu'il allait intervenir de sa propre initiative, comme il l'a fait par le passé, mais il a souhaité qu'il ait les coudées plus franches que par le passé et qu'il dispose d'« une certaine marge de manœuvre pour arrondir les angles et rapprocher les points de vue, et écarter les menaces ».
Est-ce que le Front al-Nosra a renoncé à exercer des représailles contre les otages, comme il avait menacé de le faire, au lendemain de l'opération contre Roumieh ?
Retour au point zéro
À cette question, le cheikh Hojeiri a répondu plutôt vaguement, tout en insistant sur le capital de confiance dont semble jouir M. Bou Faour auprès des ravisseurs, dont il est lui-même particulièrement proche...
« Le ministre Waël Bou Faour a fourni des assurances aux parents, a-t-il répondu. Ceux-là se sont calmés et ont renoncé à leur escalade. Mais je n'ai aucune donnée entre les mains en ce qui concerne al-Nosra. On peut dire que le ministre de la Santé est aujourd'hui le grand pompier. Je dois quand même ajouter que toutes les assurances fournies ont des limites d'expiration. Après ce qui s'est passé à Roumieh, les choses ont changé, et, malheureusement, nous sommes revenus au point zéro. »
« C'est déjà arrivé par le passé, a enchaîné le responsable religieux. Chaque fois qu'un progrès est réalisé, quelque chose se produit qui nous ramène en arrière. Ce qui s'est passé à Roumieh n'a pas aidé au règlement de ce dossier. Quel besoin avait-on de lancer cette opération aujourd'hui ? Ne pouvait-on pas attendre le retour des otages pour le faire ? »
En conclusion, le dignitaire religieux a affirmé : « D'immenses efforts sont nécessaires, dans ce dossier, pour obtenir des progrès infimes. Waël Bou Faour affirme que des négociations sont en cours. J'ai confiance en lui ; il est sincère, et ses propos se basent sur des données concrètes. J'espère que ses efforts porteront des fruits. »
Et de préciser que l'interlocuteur de Daech dans les négociations en cours est Ahmad Fliti.


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