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The Mira Kaddoura effect

Beyrouth insight - Rencontre

Tout en elle sourit, reflet joyeux de son âme... Son regard vif encadré de grandes lunettes carrées, ses longues boucles rousses indisciplinées, ses grandes mains impatientes et son bavardage contagieux. Mira Kaddoura est plus qu'une graphic designer inspirée qui a travaillé dix ans auprès des géniaux Wieden + Kennedy. Avec sa propre agence Red&Co, elle continue d'être un vent créatif et humain. Pour preuve, la campagne « Made with Code » de... Google.

Carla Henoud | OLJ
16/01/2015

Le Liban reste un passage de cœur obligé pour cette femme à la trentaine explosive. Mira Kaddoura. Son nom est dans la presse américaine et les plus belles campagnes publicitaires. Ses projets se bousculent pour des clients prestigieux : Nike, Coca-Cola, Belvedere Vodka, Google. Et de nombreuses récompenses suivent, dont TED Ads Worth Spreading, D&AD Yellow Pencil, Art Directors Club Awards, I.D.Magazine Annual Design Review, British Television Advertising Award et plusieurs Lions d'or à Cannes. C'est à l'occasion d'une de ces retrouvailles sacrées avec ce pays où elle a longtemps vécu que se fait la rencontre. Une rencontre intense, tout comme elle, qu'il est difficile de ne pas identifier du premier regard dans ce lieu public grouillant de monde.


« Hi. I'm Mira Kaddoura. » Comme sur ses sites www.miramiramira.com et redandco.com, Mira aime, dans tout ce qu'elle fait, avec émotion, « raconter des histoires, régler des problèmes, trouver la vérité, être et rester optimiste »... Son histoire, qu'elle raconte à chaque fois comme si c'était la première fois, démarre par une enfance « fascinante » entre Toronto en paix et, plus tard, Beyrouth en pleines guerres. Des parents ouverts aux autres, « une réelle inspiration », des amis, des amours, des rencontres qui s'accordent avec son tempérament « surprenant. » « Je peux parler sans m'arrêter ! » Alors elle raconte. Généreusement. « Je voulais être médecin, comme mon père. J'étais fascinée, obsédée par ce métier. » Sauver des vies, quoi de plus beau, se disait-elle, avant de choisir, sur les conseils de son père, justement, de sortir explorer le monde et ses possibilités... Elle envisage un moment l'architecture, puis se tourne vers le graphisme et l'art conceptuel. « J'aime, précise-t-elle, travailler avec mes mains, créer. Et j'aime voir les choses se faire rapidement... »

 

Une énergie contagieuse
Très vite, elle est happée par l'agence Wieden + Kennedy, séduite par son côté rebelle et passionné. Dix années privilégiées pour une femme, étrangère de surcroît, venant de Beyrouth ! « Travailler avec les meilleurs photographes, producteurs, musiciens et pour des budgets aussi importants, c'était un réel défi... » Mira Kaddoura se fera vite remarquer, la campagne « I Feel Pretty » de Nike, avec Maria Shaparova, lui donne des ailes. « C'est parce que ma démarche est sincère et que vendre un produit n'est pas ce qui m'intéresse, mais plutôt donner un sens à mon travail. » La campagne « The Girl Effect » pour la Fondation Nike a rempli sa mission : « Montrer aux jeunes filles de 12 ans qui vivent dans les pays sous-développés qu'il existe d'autres possibilités que le mariage contraint, la prostitution ou le sida. » Dix extraordinaires années et puis, un jour, Mira Kaddoura décide de quitter sa famille de cœur. « Quand j'ai commencé avec Wieden + Kennedy, nous étions 100 collaborateurs, quand j'ai quitté l'agence, nous étions passés à 750. J'ai grandi avec eux. C'était le bon moment de prendre des risques et réaliser des projets auxquels je tiens. » Parmi lesquels, Wonder Clock, au départ une app venue d'un constat-tabou : l'horloge biologique d'une femme après 30 ans. Mira explique : « J'avais 30 ans et, au cours d'un examen de routine, le médecin me demande si je voulais avoir des enfants. Je le voulais, mais pas tout de suite... » Elle accouche plutôt de cette Wonder Clock qui calcule, à rebours, en fonction de la date de naissance de chacune, sa durée de fertilité. Cette application a surtout permis d'ouvrir le débat, proposer des éclaircissements sur la stérilité, la congélation d'ovules, la ménopause et permettre une prise de conscience.


Ses projets personnels devenant plus importants, Mira fonde en 2013, à Portland, Red & Co ; Red, évidemment, couleur-passion qu'elle porte bien, dans un studio qui regroupe des artistes, photographes, écrivains, scénaristes, autour de budgets ou de projets communs. C'est là qu'elle démarre « Made with Code » pour Google. L'objectif : encourager les filles à se diriger, dans le choix de leurs études, vers le secteur pointu de l'informatique, en les aidant à apprivoiser la technologie. Le projet prend de plus en plus d'importance, au fil des mois, pour aboutir à un immense site Web, 13 applications, 12 documentaires et un film. Une belle réussite...
Aujourd'hui, lancée dans de nouvelles campagnes, elle continue d'utiliser cette même énergie optimiste, qui se définit ainsi : « Faire ce qu'on aime, tout en répondant aux besoins de ce monde. Et puiser de l'amour des gens qui nous entourent. »

 

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