Les négociateurs du courant du Futur et du Hezbollah doivent reprendre leur dialogue vendredi prochain, 16 janvier, à Aïn el-Tiné, en présence du ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, représentant le président de la Chambre, Nabih Berry.
D'un autre côté, on s'attend dans les milieux des Forces libanaises et du Courant patriotique libre à ce que le dialogue entre les chefs des deux formations, Samir Geagea et Michel Aoun, démarre dans quelques semaines.
La rencontre entre les deux leaders aura lieu dès que les négociateurs des deux parties, le député Ibrahim Kanaan pour le CPL et le responsable de la communication Melhem Riachi pour les FL, parviendront à mettre au point un ordre du jour commun.
Une source ministérielle souligne qu'avec le démarrage du dialogue sunnito-chiite et à la veille de la prise de contact Aoun-Geagea, le pays est entré dans une nouvelle phase de consolidation de la scène intérieure.
De son côté, un ancien ministre relève qu'il existe de nombreux dénominateurs communs entre les deux dialogues, ainsi que des objectifs partagés, même si les pourparlers interchrétiens se caractérisent par certaines spécificités et des thèmes qui sont absents de la table du dialogue entre le Futur et le Hezbollah.
Le but essentiel des deux dialogues est de réduire les tensions et de mettre de l'ordre dans la gestion des désaccords entre les divers protagonistes, de façon à assurer par exemple la survie du gouvernement, quelles que soient les divergences entre ses membres. Sur cette ques tion, un ministre chevronné propose que l'on modifie la règle du jeu adoptée au sein du cabinet à l'ombre de la vacance présidentielle. Pour ce ministre, on devrait revenir à la règle démocratique (majorité-minorité) pour toutes les questions ordinaires, la règle d'exception (chaque ministre a un droit de veto) ne devant s'appliquer que sur les dossiers à caractère national.
En outre, les deux dialogues portent sur le dossier de la crise présidentielle et la remise en ordre des institutions.
Pour ce qui est des chrétiens, il existe un objectif fondamental propre au dialogue Aoun-Geagea, touchant à la réactivation ou la réhabilitation du rôle chrétien au sein de l'État libanais. Il s'agit, pour les milieux entourant les deux leaders, de mettre un terme à l'état de marginalisation des chrétiens prévalant depuis l'époque de Taëf.
Selon ces milieux, le dialogue interchrétien vise ainsi à créer autour du général Aoun et de M. Geagea un tandem chrétien qui serait conçu à la manière du duo entre le Hezbollah et le mouvement Amal. Ce tandem chrétien verrouillerait la scène chrétienne exactement comme son alter ego chiite fait avec l'espace de cette communauté. On sait qu'aucune décision centrale touchant aux chiites ne peut être prise, en politique, en économie, dans la fonction publique, etc. sans prendre en compte l'avis du duo Amal-Hezbollah. Le tandem chrétien serait ainsi appelé à jouer un rôle similaire pour tout ce qui concerne les intérêts chrétiens.
Reste un dossier fondamental au centre des discussions à venir, et c'est naturellement la loi électorale. Le projet dit orthodoxe n'est désormais plus de mise. Quant aux formules mixtes ou composites, mélangeant les modes de scrutin majoritaire et proportionnel, elles sont contestées, y compris sur le plan constitutionnel. Un ancien ministre de la Justice considère ainsi que ce type de scrutin viole la Constitution dans la mesure où il porte atteinte au principe d'égalité entre les électeurs.
De sources proches des Forces libanaises et du CPL, on indique que les efforts des deux formations se concentrent sur la mise au point d'un projet commun qui serait de la même veine que la proposition dite orthodoxe. C'est-à-dire qu'il faudra une loi électorale qui soit considérée par ces deux formations comme étant authentiquement représentative des chrétiens. Les deux parties sont persuadées de l'importance de parvenir à un accord entre elles sur ce point précis, dans la mesure où toute la réforme politique dans le pays en dépend. En cas de succès, le dialogue Aoun-Geagea pourrait alors s'élargir à d'autres acteurs chrétiens.
Pour le moment, il semble que les choses soient bien engagées, en tout cas assez suffisamment pour amener le général Aoun à s'y consacrer pleinement, au point de négliger la question présidentielle, comme le rapporte un ancien ministre qui s'est rendu récemment en visite à Rabieh.
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13 h 06, le 13 janvier 2015