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Moyen Orient et Monde - Disparition de l’avion d’AirAsia

Les États-Unis, la Russie et la Chine... « forces du bien » en Asie ?

Derrière les recherches pour retrouver l'épave, une lutte d'influence entre Washington, Moscou et Pékin.

Les recherches se poursuivaient hier pour retrouver l’épave de l’avion d’AirAsia disparu en mer de Java et les corps des victimes. Toutefois, les opérations étaient ralenties par les mauvaises conditions météorologiques et le manque de visibilité sous l’eau. Adek Berry/pool/AFP

Les États-Unis, la Russie et la Chine se sont pressés pour aider l'Indonésie à retrouver l'épave de l'avion d'AirAsia, dans une mer qui borde le Pacifique, surtout pour montrer leurs capacités d'influence dans cette région stratégique, estiment des experts.
Dans les eaux de la mer de Java, des bateaux de guerre des plus grandes puissances de la planète naviguent à proximité les uns des autres, montrant ainsi leur volonté d'unité après la catastrophe aérienne de l'Airbus A320-200, qui a disparu peu après son décollage le 28 décembre de la ville indonésienne de Surabaya pour Singapour. Mais les États-Unis, la Russie et la Chine profitent clairement de cette opportunité pour mettre en avant leurs moyens militaires comme une « force du bien » en Asie. « Ces pays sont parfaitement conscients des retombées très positives d'un engagement très constructif dans ce genre de situation. Il y a des bénéfices importants et durables », déclare John Blaxland, analyste des questions de défense.
Pour les États-Unis, l'accident est tombé à point nommé pour montrer à la région les avantages de la stratégie du président Barack Obama d'accroître les moyens militaires américains en Asie : l'USS Forth Worth, l'un des deux navires de guerre déployés en mer de Java, venait tout juste d'arriver à Singapour pour entamer une mission de 16 mois dans la région. Ces déploiements sont un élément-clé de la stratégie des États-Unis pour afficher leur puissance militaire en Asie-Pacifique, ce qui irrite la Chine. Et contribuer à l'assistance humanitaire est un « faire-valoir pour une puissance forte dans la région », souligne M. Blaxland.
Aux yeux de Grégory Poling, expert de l'Asie du Sud-Est, des opérations comme celles des recherches de l'Airbus d'AirAsia ou l'aide apportée aux Philippines en 2013 après le supertyphon Haiyan ont permis aux États-Unis de gagner des soutiens dans la région. « Au cours des dernières années, il est devenu clair que le plus important bénéfice retiré par les États-Unis de leur présence sécuritaire continue en Asie du Sud-Est est la capacité à répondre à l'assistance humanitaire et au secours des sinistrés », explique M. Poling.

Pékin plus « sensible »
La Chine commence, elle, à jouer un plus grand rôle dans sa réponse aux désastres dans la région, une stratégie largement perçue comme une tentative pour contrer les États-Unis. Pour les opérations liées à la catastrophe d'AirAsia, la Chine a rapidement déployé un navire de secours de la marine avec des plongeurs à son bord, ainsi que des experts pour aider à retrouver les boîtes noires de l'avion. La réponse rapide de Pékin, et sa proposition d'envoyer davantage de moyens, montre que la Chine a tiré les leçons de ses erreurs à l'occasion du typhon Haiyan : elle avait alors offert une aide conséquente seulement après avoir été critiquée pour sa maigre proposition initiale. Mais depuis, « Pékin est beaucoup plus sensible à l'importance » d'apporter de l'aide, souligne M. Blaxland.
La Russie de Vladimir Poutine a, elle aussi, envoyé deux avions militaires et plus de 70 personnes pour les recherches de victimes et de débris de l'avion en Indonésie. Cette initiative a attiré l'attention dans la mesure où la Russie n'avait, d'une part, pas participé aux recherches de l'avion de Malaysia Airlines (vol MH370) disparu en mars 2014 dans la région, et, d'autre part, après les vives critiques contre Moscou pour son rôle présumé dans la chute d'un autre avion de Malaysia Airlines (vol MH17) abattu en juillet 2014 en survolant l'est de l'Ukraine, dans une zone contrôlée par des rebelles prorusses armés par les Russes, selon les Occidentaux.
La Russie figure parmi les équipes de recherches en Indonésie « pour des raisons évidentes liées au MH17, cherchant à être perçue comme un " bon joueur " » après que l'avion de Malaysia Airlines eut été abattu, estime ainsi l'analyste politique Bridget Welsh.

Karl MALAKUNAS/AFP

Les États-Unis, la Russie et la Chine se sont pressés pour aider l'Indonésie à retrouver l'épave de l'avion d'AirAsia, dans une mer qui borde le Pacifique, surtout pour montrer leurs capacités d'influence dans cette région stratégique, estiment des experts.Dans les eaux de la mer de Java, des bateaux de guerre des plus grandes puissances de la planète naviguent à proximité les uns des...
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