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Abbas Ibrahim : La menace d'attentats plane toujours sur les régions du Hezbollah

Liban

Combats entre le parti chiite et al-Nosra dans une région du Qalamoun frontalière du jurd de Ersal.

OLJ
04/01/2015

Le directeur général de la Sûreté générale libanaise, le général Abbas Ibrahim, a indiqué samedi que des combattants extrémistes sunnites tentent de prendre le contrôle de villages libanais frontaliers de la Syrie pour protéger leurs arrières, assurant néanmoins que les forces de sécurité sont prêtes à contrer toute éventuelle attaque.

Dans une interview à l'agence de presse Reuters, le général Ibrahim a ajouté que "pendant les périodes des fêtes, les risques d'attaques augmentent, l'ennemi misant sur un fléchissement de la part des forces armées mais ce n'est pas du tout le cas".

Le directeur de la SG a en outre estimé le nombre des combattants de Daech (acronyme arabe du groupe État islamique) au Qalamoun (localité syrienne frontalière du Liban) à près d'un millier. "Un chiffre en augmentation en raison des allégeances qui ont lieu, a précisé Le général Ibrahim. Récemment, environ 700 combattants ont prêté allégeance au groupe qui compte désormais dans ses rangs plus d'un millier de combattants, soit 70% des autres forces armées dans la région du Qalamoun".

En réponse à une question sur le risque de nouveaux attentats dans les régions du Hezbollah au Liban, Abbas Ibrahim a répondu que la menace plane toujours ce qui explique le déploiement militaire autour de la banlieue sud de Beyrouth. "Les dangers existent et la menace persiste, presque au quotidien et en public", a-t-il souligné.  

Le responsable militaire a dans ce contexte indiqué que plusieurs terroristes ont été récemment arrêtés et plusieurs opérations avortées. "Un grand de nombre de voitures piégées a été intercepté, mais nous n'avons pas annoncé cela pour ne pas semer la panique", a déclaré le général Ibrahim.

Il a par ailleurs estimé que le dialogue récemment entamé entre le Hezbollah et le Courant du futur, sous l’égide du chef du Législatif, Nabih Berry, a réduit la tension confessionnelle au Liban. Selon lui, "il n'existe pas au Liban un environnement propice au terrorisme comme dans les autres pays de la région".

Combats entre le Hezbollah et al-Nosra au Qalamoun
Le conflit en Syrie a exacerbé les tensions au Liban entre sunnites, qui appuient les rebelles, et chiites qui soutiennent le régime de Bachar el-Assad. La décision du Hezbollah d'envoyer des combattants pour soutenir le régime baasiste a soulevé la colère de groupes modérés et extrémistes en Syrie. Le Front al-Nosra (branche syrienne d'el-Qaëda) et d'autres groupes jihadistes ont visé les fiefs du Hezbollah, à Beyrouth et dans la Békaa, dans des attaques et attentats qui ont fait des dizaines de morts depuis 2013.

Parallèlement, depuis plusieurs mois, les affrontements sont fréquents entre l'armée libanaise et les jihadistes à Ersal, une localité sunnite dans la Békaa, frontalière de la Syrie. Début août, la ville a ainsi été le théâtre de violents combats entre la troupe et des jihadistes venus de Syrie. Une trentaine de soldats et policiers avaient alors été enlevés. Vingt-cinq militaires sont toujours aux mains d'al-Nosra et de l'EI qui exigent notamment la libération d'islamistes détenus à Roumieh pour relâcher les otages, dont quatre ont déjà été assassinés. Depuis la fin des combats, plusieurs affrontements ponctuels ont eu lieu entre la troupe et les éléments armés dans le jurd de la ville. Ces derniers ont tenté à plusieurs reprises de percer les lignes de défense de l'armée, afin de pénétrer dans la ville, mais sans succès.

Dans ce contexte tendu, des groupes proches d'al-Nosra ont mené une offensive dans la nuit du vendredi à samedi dans les collines entourant le village de Flita, au Qalamoun, où des unités de l’armée syrienne sont localisées. Les jihadistes auraient, selon les médias locaux, réussi à prendre le contrôle de ces collines dans une tentative d'avancer vers le village. Samedi matin, l'armée syrienne appuyée par le Hezbollah a riposté en lançant une contre-offensive pour reprendre les zones tombées aux mains des jihadistes. Les combats se poursuivaient samedi en soirée. Le Front al-Nosra a mobilisé un grand nombre de combattants pour cette bataille qui vise à prendre le contrôle de Flita, un village syrien frontalier du jurd de Ersal. Dans ce cadre, al-Nosra a annoncé samedi sur un de ses comptes sur Twitter avoir pris le contrôle d'une position du Hezbollah dans la région. L'agence de presse Reuters, citant des sources proches des services de sécurité libanais et syriens, a rapporté que trois combattants du parti chiite, cinq soldats syriens et une quinzaine de membres d'al-Nosra ont péri au cours de l'attaque.

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE HEZB DOIT AUSSI LACHER BEAUCOUP DE LEST DANS LE DIALOGUE POUR SE GARANTIR FUT-CE UNE ACCEPTATION MINIMALE ... CAR FRANKENSTEIN SUIVI DE DRACULA... APPROCHENT !

ACQUIS À QUI

Que dire ? sinon remercier le hezb résistant d'exister pour avoir empêcher les salafowahabites venus des binsaoudies mondiales nous envahir . Le pire ceux qui parlent le plus en ce moment sont ceux qui souhaitaient que ce parti de la résistance dépose ses armes et fasse le jeu des sionistes alliés à ces binsaouds égorgeurs , décapiteurs et au besoin cannibal .

Olivier Georges

"il n'existe pas au Liban un environnement propice au terrorisme comme dans les autres pays de la région", tout dépend là quelles sont les références? Il est vrai que la situation en Syrie et en Irak n'est pas enviable mais il serait bien de temps en temps de prendre exemple sur la Jordanie en matière de sécurité intérieure. Je serais intéressé de savoir si l'expression "région du Hezbollah" a réellement été utilisée... Vous avez dit raccourci?

Halim Abou Chacra

Le général Abbas Ibrahim est un homme de confiance, sérieux, efficace, discret et au sens de responsabilité respectable. Dès le début de la tragédie des soldats otages, le gouvernement aurait dû le charger de celle-ci en exclusivité. Beaucoup de tumulte autour de cette affaire aurait été évité

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