Des obsèques officielles ont été organisées hier à Téhéran pour le général de brigade Hamid Taghavi, en présence de hauts responsables politiques et militaires. Atta Kenare/AFP
Au moins neuf personnes, dont quatre soldats, sont mortes et 15 blessées hier dans un attentat à la voiture piégée près d'une usine de gaz dans la province syrienne de Homs, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
« Nous avons reçu des informations contradictoires, certaines affirmant que les assaillants s'étaient fait exploser, d'autres qu'ils avaient essayé de s'échapper », a précisé Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. L'agence officielle Sana a fait état de cet attentat sans fournir de bilan. « Les gardiens (de l'usine) ont capturé les deux terroristes qui ont fait exploser la voiture alors qu'ils cherchaient à s'enfuir », a-t-elle annoncé sans autre précision. L'État islamique (EI) a revendiqué dans un communiqué cette attaque, affirmant qu'elle avait été menée par deux kamikazes.
De l'autre côté de la frontière, au moins 17 pèlerins chiites sont morts hier dans un attentat-suicide au nord de Bagdad, ont rapporté des responsables et des survivants. L'attaque, qui a visé une tente sous laquelle étaient servis des rafraîchissements aux pèlerins dans la région de Taji, a également blessé au moins 35 personnes. Les victimes étaient en route vers Samarra, à 110 km au nord de Bagdad, pour y commémorer la mort de Hassan al-Askari, l'un des douze imams révérés par la communauté chiite, majoritaire en Irak. « Nous étions en train de distribuer de la nourriture, des fruits et du thé aux pèlerins en route vers Samarra lorsqu'un (kamikaze) s'est fait exploser », a raconté Sajjad, 25 ans, depuis l'hôpital de Bagdad où était traité son frère, qui a reçu des éclats. Le kamikaze portait, pour passer inaperçu, un drapeau chiite, et a crié « Allah Akbar » (Dieu est grand) avant de faire détoner les explosifs qu'il portait, a ajouté le jeune homme.
La ville majoritairement sunnite de Samarra abrite l'un des grands lieux saints chiites du pays, le mausolée des imams Ali al-Hadi et Hassan al-Askari. L'attaque n'a pas été immédiatement revendiquée, mais les attentats-suicide sont en très grande majorité le fait d'extrémistes sunnites en Irak, dont l'EI.
Par ailleurs, l'EI a revendiqué hier le meurtre d'un haut gradé iranien tué en Irak alors qu'il conseillait les forces armées dans la lutte antijihadistes, mais sans préciser comment le militaire avait été tué, selon des sites islamistes. Pour rappel, dimanche, les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime iranien, a annoncé la mort du général de brigade Hamid Taghavi « tombé en martyr » lors d'une mission pour conseiller l'armée et les volontaires irakiens contre l'EI à Samarra.
Coopération Iran-Irak
Téhéran a toujours nié avoir des troupes en Irak, mais a admis avoir envoyé des armes et des conseillers militaires. Des obsèques officielles ont été organisées hier à Téhéran pour le général de brigade, en présence de hauts responsables politiques et militaires. « Certains malades demandent quel rapport y a-t-il entre Samarra et Hamid Taghavi, en quoi ce qui se passe en Syrie et en Irak nous regarde ? » a demandé Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de la Sécurité nationale lors des obsèques, selon l'agence Fars. « La réponse est simple. Si des gens comme Taghavi ne donnent pas leur sang à Samarra, nous devons verser notre sang au Sistan (Baloutchistan), à Chiraz, à Ispahan, a-t-il dit. Si des gens comme le martyr Taghavi ne s'engagent pas en Syrie et en Irak contre les terroristes, l'ennemi cherchera certainement à créer l'insécurité dans notre pays. »
Le gouvernement iranien entretient des liens étroits avec les autorités, majoritairement chiites, de Bagdad. Le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi s'était rendu à Téhéran en octobre. Et hier, son ministre de la Défense Khaled al-Obeidi est arrivé à Téhéran pour parler de la coopération entre les deux pays. « Le soutien de la République islamique d'Iran à l'armée et aux forces militaires irakiennes est une politique stratégique », a déclaré le ministre iranien de la Défense, le général Hossein Dehgan, à l'occasion d'une première rencontre avec son homologue irakien. « L'Iran est prêt à développer sa coopération militaire pour renforcer les capacités défensives de l'Irak », a ajouté le ministre, cité par l'agence officielle Irna. De son côté, M. Obeidi a souligné que « le soutien de l'Iran à l'armée irakienne est une nécessité stratégique ».
(Source : AFP)


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