Est-ce que tu viens pour les vacances ?
Bon, le Liban est petit. Soit, il y a plus de Libanais à l'étranger que sur le territoire même. Mais ce n'est que récemment que j'ai appris que ça n'arrive pas qu'aux autres. Révolu, le temps où j'écoutais Julia crier «Weyn msafer» et éprouvais toute la sympathie du monde pour elle, mais ne me sentais pas plus concernée que ça.
Plus jamais les plans
d'avenir en famille, entre amis ou en couple. Désormais, une seule réalité menaçante, épée de Damoclès prête à s'abattre à chaque instant. Comme certains vivent dans la crainte de la mort, je vis dans la hantise du départ. L'un après l'autre, les gens autour de moi sont partis. Des voisins, de vieilles connaissances, des parents lointains puis des amis, des confidents, des amours inexplorées. Hommes et femmes, jeunes et vieux, aisés et moins aisés, tous s'en vont. Tous abandonnent cette poignée de terre qu'on appelle nôtre, et moi avec.
Dorénavant, je décline mes jours selon le calendrier des immigrés. Je serai à Londres et Paris au printemps, à Montréal et New York l'été! Dubaï, peut-être en février? Non, pas d'Australie cette année! Viens passer Noël ici.
Et après? Suis-je condamnée à jouer les Ulysse, passant ma vie à sautiller d'un continent à l'autre pour abreuver un court instant ma soif de ces êtres chers? Ou, pis encore, les Pénélope, coulant mes jours dans la sédentarité, dans l'espoir de les voir revenir les uns après les autres? Reviendront-ils jamais? Peut-être si la situation politique se stabilisait? Si les conditions de vie s'amélioraient? Si les opportunités de travail se multipliaient? Si la sécurité sociale, si la pollution, si la retraite, si les droits de la femme, si les lois sanitaires...
Peut-être serait-il plus réaliste que je parte moi aussi...
Patricia MOUKARZEL
* * *
Un Nouvel An dans l'incertitude ?
C'est avec nostalgie que nous pensons à l'époque où nous fêtions le Nouvel An dans la joie et la sérénité avec nos vœux de prospérité et de paix, des mots disparus, hélas, de notre vocabulaire depuis des décennies. C'est d'ailleurs sans regret que nous enterrons une année 2014 jalonnée d'événements et de bouleversements douloureux devenus monnaie courante dans notre quotidien. Le printemps arabe était-il un piège pour replonger encore plus dans le despotisme et le totalitarisme auxquels ont fait face des populations entières assoiffées de justice après des années de soumission ? Voilà la question que se posent actuellement tous ces pays où la guerre civile s'est installée, mettant à rude épreuve le rêve d'un avenir meilleur, d'autant plus qu ils doivent faire face aux menaces de l'EI qui bouleverse tout le Moyen-Orient, recourant à la violence à l'encontre des civils innocents. Notre pays, lui, se maintient plus ou moins à l'écart grâce à notre armée, notre unique protectrice, qui mérite notre admiration. Pour renforcer notre protection, il serait sage que nos dirigeants règlent le problème du vide présidentiel afin de permettre aux institutions de redémarrer.
Bonne année quand même, dans l 'espoir de voir tous nos souhaits exaucés.
Hilda DADOURIAN
Bon, le Liban est petit. Soit, il y a plus de Libanais à l'étranger que sur le territoire même. Mais ce n'est que récemment que j'ai appris que ça n'arrive pas qu'aux autres. Révolu, le temps où j'écoutais Julia crier «Weyn msafer» et éprouvais toute la sympathie du monde pour elle, mais ne me sentais pas plus concernée que ça.Plus jamais les plansd'avenir en famille, entre amis ou en couple. Désormais, une seule réalité menaçante, épée de Damoclès prête à s'abattre à chaque instant. Comme certains vivent dans la crainte de la mort, je vis dans la hantise du départ. L'un après l'autre, les gens autour de moi sont partis. Des voisins, de vieilles connaissances, des parents lointains puis des amis, des confidents, des amours inexplorées. Hommes et femmes, jeunes et vieux,...

