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L’EI dit avoir abattu un avion militaire jordanien et capturé son pilote à Raqqa, Washington dément

offensive

Un kamikaze provoque la mort de 26 combattants en Irak.

OLJ/AFP
25/12/2014

Le groupe État islamique (EI) a capturé mercredi le pilote d'un avion militaire jordanien de la coalition anti-jihadiste qui s'est écrasé en Syrie dans des circonstances floues, l'EI revendiquant l'avoir abattu, ce que Washington dément. C'est la première fois qu'un avion de la coalition anti-EI tombe depuis le début des opérations contre les insurgés en Syrie fin septembre, et en Irak depuis début août.

"Les éléments de preuve indiquent clairement que l'EI n'a pas abattu l'appareil contrairement à ce que soutient l'organisation terroriste", a affirmé le commandement américain chargé de la région (Centcom), sans préciser les raisons du crash. En revanche, le général Lloyd Austin, patron du Centcom, cité dans le communiqué, a confirmé que le pilote était retenu en otage. "Nous soutenons tous les efforts déployés pour faire en sorte qu'il soit secouru et nous ne tolèrerons pas que l'EI déforme ou exploite ce malencontreux crash à des fins de propagande", a-t-il dit.

La Jordanie a indiqué pour sa part que l'un de ses appareils était "tombé" lors "d'une mission militaire menée par plusieurs avions de l'armée de l'air contre les repaires de l'organisation terroriste EI dans la région syrienne de Raqqa" (nord).

 

(Lire aussi : Un Noël au goût nostalgique dans les ruines de Homs)


La branche de l'EI à Raqqa, "capitale" du groupe extrémiste qui contrôle de larges pans de territoire en Irak et en Syrie, a publié sur des sites jihadistes des photos montrant des combattants entourant le pilote capturé, un sous-lieutenant de 26 ans. Selon ces images, l'avion qui s'est écrasé est vraisemblablement un F-16. Sur l'une des photos, on voit le pilote, vêtu seulement d'une chemise blanche, porté par quatre hommes qui le sortent d'une étendue d'eau. Une autre le montre à terre, encerclé par une douzaine d'hommes armés, dont certains affichent leur satisfaction. Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a demandé aux ravisseurs "de traiter le pilote selon les règles du droit humanitaire international".

Missile sol-air
Dans la légende d'une photo qu'il a distribuée, l'EI a indiqué avoir utilisé un missile sol-air muni d'un détecteur infrarouge qui permet au missile de s'accrocher à une source de chaleur, en l'occurrence le réacteur d'un avion.
Le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, a également déclaré que l'appareil avait été abattu par un missile sol-air, estimant qu'il était "vraisemblablement de fabrication russe et pris aux rebelles". D'après Eliot Higgins, un expert balistique du conflit, l'EI possède des missiles de fabrication russe et chinoise, dont le plus répandu est le Sam-7 russe qui se porte à l'épaule.

Concernant le jeune pilote, il est sorti de l'école de l'armée de l'air Roi Hussein et s'est marié il y a peu, selon le site jordanien Saraya, généralement bien informé. Son père, Youssef al-Kassabeh, a indiqué que le chef de l'armée de l'air lui avait assuré que le roi Abdallah II suivait attentivement les efforts menés pour sauver la vie de son fils.
"Je demande au roi de faire revenir mon fils et j'espère que Dieu distillera de la pitié dans le cœur de Daech (acronyme en arabe de l'EI) pour le libérer", a-t-il ajouté.

 

(Pour mémoire : « Les daechistes posent un soulier sur un Coran, et... »)



Nael Moustafa, un militant présent à Raqqa, a affirmé à l'AFP via Internet que les jihadistes étaient divisés sur le sort de l'otage. "Les Tchétchènes veulent sa mort mais les Irakiens veulent le maintenir en vie. Depuis un certain temps, il existe des dissensions entre eux sur qui doit avoir le commandement", a-t-il dit. Selon lui, la décision sera prise par le Conseil consultatif ("Majlis ach Choura"), où sont représentées toutes les nationalités.

Par ailleurs, en Irak, un kamikaze a provoqué la mort d'au moins 26 combattants luttant contre l'EI en faisant exploser la charge qu'il portait, selon des responsables. L'attaque, qui a fait aussi 56 blessés, s'est produite près d'une base militaire dans la zone de Madaën, au sud de Bagdad, où des membres des milices antijihadistes Sahwa étaient rassemblés pour toucher leurs salaires.
Elle n'a pas été revendiquée dans l'immédiat, mais les attentats-suicide sont généralement menés par des jihadistes sunnites, notamment le groupe EI.
A Kirkouk (nord), un homme a tué par balles le chef du contre-terrorisme de la province éponyme, selon un officier et un médecin.

 

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