Accompagné des ministres Samir Mokbel et Gebran Bassil, le chef du gouvernement, Tammam Salam, a multiplié les réunions de travail dans la capitale française. Photo Ani
Le chef du gouvernement, Tammam Salam, a résumé la teneur de ses entretiens avec les hauts responsables français, au cours de sa deuxième journée de sa visite officielle en France, dans le mot qu'il a adressé en soirée aux Libanais de France à la villa Copernic : l'élection présidentielle, l'aide à l'armée libanaise et le drame des réfugiés syriens au Liban.
En ce qui concerne l'élection présidentielle, le chef du gouvernement a réaffirmé que « malgré la présence d'un gouvernement qui assume ses responsabilités, les institutions libanaises ne pourront fonctionner pleinement qu'avec un nouveau président de la République ». La France, a dit notamment M. Salam, « reconnaît l'importance de cette échéance et déploie tous les efforts nécessaires pour mettre fin à la vacance à Baabda notamment par des contacts locaux, régionaux et internationaux ». Il a ajouté qu'il évoquera le scrutin présidentiel ce matin avec le président François Hollande, qui le recevra à l'Élysée.
À l'Élysée justement, le président Hollande a évoqué l'élection présidentielle libanaise lors d'un entretien avec la presse à l'occasion de la cérémonie de l'illumination du sapin de Noël au palais présidentiel. Il a reconnu que ce scrutin est « compliqué et difficile » et qu'il est à la recherche d'une sorte « d'issue à la crise avec les capitales concernées ».
À cet égard, M. Jean-François Girault, rencontré par un de nos collaborateurs hier soir à l'ambassade du Liban, a fait savoir qu'il repartira au Moyen-Orient avant Noël pour y poursuivre sa mission visant à débloquer la crise présidentielle libanaise. Il doit se rendre notamment à Riyad et à Téhéran.
Sur un autre plan, le chef du gouvernement a indiqué dans son discours à la villa Copernic qu'il demandera aujourd'hui vendredi au président Hollande l'accélération du processus de livraison du matériel français destiné à l'armée libanaise grâce au don saoudien de trois milliards de dollars, en insistant « pour que la première cargaison se fasse immédiatement en raison d'un besoin urgent d'armement approprié sophistiqué pour affronter le terrorisme ».
Pendant la réception à l'ambassade libanaise, le chef du gouvernement a annoncé qu'une réunion se tenait au moment même à la rue Saint-Dominique en présence du vice-président et ministre de la Défense libanais, Samir Mokbel, et de son homologue français, M. Jean-Yves Le Drian, avec la participation de hauts officiers libanais et français pour mettre la dernière main au mécanisme des livraisons de matériels militaires et la finalisation de la « Shopping list » à la lumière des récentes fluctuations des taux de l'euro par rapport au dollar, ce qui a pour conséquence un surplus de matériel pour le Liban.
Le dossier des réfugiés
Pour ce qui est du troisième axe des pourparlers franco-libanais, à savoir le drame des réfugiés syriens au Liban, le chef du gouvernement a indiqué que lors de sa réunion hier matin avec le président Claude Bartolone, Mme Elizabeth Guigou, présidente de la commission des Affaires étrangères au Palais-Bourbon, lui avait fait part de l'intérêt particulier manifesté par les parlementaires à l'égard de ce dossier. Au point où il a été décidé par un groupe de ténors de l'Assemblée de gauche et de droite de former une commission spéciale d'enquête et d'information pour connaître avec précision les besoins du Liban et assurer aux réfugiés les aides nécessaires et urgentes.
Mme Guigou a affirmé devant MM. Bartolone et Salam que les parlementaires « ont été si affectés par l'exposé de M. Salam au Palais-Bourbon qu'ils se sont engagés à rester vigilants en ce qui concerne le soutien de la France au Liban ».
Sur ce point précis, un membre de la délégation libanaise a confié à L'Orient Le Jour qu'il était désormais persuadé que la France n'abandonnera jamais le Liban et que « les dirigeants français éprouvent une réelle responsabilité à l'égard du Liban aux niveaux historique, moral et politique ». « Cette visite, a-t-il ajouté, a permis à la délégation libanaise de mesurer le souci de la France de demeurer aux côtés du Liban qui représente pour Paris une ligne rouge à ne pas dépasser de la part de n'importe quelle organisation extrémiste qui menacerait la sécurité du pays. » « La France ne restera pas les bras croisés si cette ligne rouge était dépassée », a-t-il dit.
Dans cet élan d'enthousiasme en faveur du Liban, le président du Sénat, Gérard Larcher, et le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, se sont dit prêts à se rendre au Liban pour apporter une preuve concrète du soutien français au pays du Cèdre.
M. Salam clôturera sa visite en France aujourd'hui. Après son entretien au palais de l'Élysée avec le président François Hollande, il doit tenir une réunion à l'hôtel Matignon avec son homologue français Manuel Valls.
Dans l'après-midi, il recevra au George V le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui lui rendra compte des résultats de sa réunion avec son homologue libanais, Samir Mokbel. À cet sujet, nous apprenons de bonne source que le mécanisme de livraison du matériel militaire sera officiellement rendu public. Ceci étant en quelque sorte l'épilogue de la visite du président Tammam Salam au Liban.
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Salam nous disait il y a 2 jours on reçoit les armes dans quelques semaines , et là il dit vouloir accélérer les livraisons , ça veut dire quoi au juste ? va t on voir les armes arriver dans quelques jours ? Mr Salam si vous ne savez pas ce que vous dites , taisez vous ! avec tout le respect qu'on vous doit ! mais ne jouez pas avec nos nerfs svp !
10 h 27, le 12 décembre 2014