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Liban - Liban

Salam devant la commission des AE de l’Assemblée nationale : une réunion franco-libanaise décisive sur la « shopping list »

Tammam Salam a affirmé hier à Paris devant la commission des AE de l’Assemblée nationale française que la participation du Hezbollah en Syrie est un fait accompli et que le gouvernement n’a pu l’en dissuader. Photo Ani

Le temps fort du jour 1 de la visite officielle du Premier ministre Tammam Salam en France aura été l'exposé du chef du gouvernement devant les membres de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, exposé qui a été suivi de questions posées par une trentaine de députés de diverses tendances et régions. La présidente de la commission, Élisabeth Guigou, a accueilli M. Salam par un mot, soulignant les liens séculaires entre la France et le Liban, et affirmant l'intérêt que portent les responsables français à la situation au pays du Cèdre.

 

Le Premier ministre a pris la parole en français pour brosser un tableau réaliste de la situation, insistant sur les dangers qui menacent le pays du fait de la guerre à nos frontières. Il a notamment affirmé que le Liban « traverse une des périodes les plus difficiles de son histoire », expliquant qu'en sus de la crise politique que le gouvernement tente de juguler, d'autres dangers proviennent des organisations terroristes qui sévissent dans la région, ce qui aggrave le danger et menace la sécurité et la stabilité du pays. À propos de sécurité, Tammam Salam a relaté les graves événements tels que « les attaques terroristes contre l'armée, le rapt et l'assassinat de sang-froid de soldats et le chantage exercé sur les familles des otages ». « Ces défis, a ajouté M. Salam, menacent l'existence même du pays, expliquant qu'une élection dans les plus brefs délais d'un nouveau président de la République est une question vitale pour le maintien de l'équilibre qu'exige l'entente nationale. »


Il a encore dit que la riposte à l'extrémisme ne peut provenir que par un « renforcement du camp de la modération et par la recherche d'une solution juste et durable du conflit israélo-palestinien sur la base des résolutions internationales et de l'initiative de paix du roi Abdallah d'Arabie saoudite ». « L'instauration d'une paix au Moyen-Orient et la fin de la tyrannie sont les seules raisons qui apporteront à la jeunesse de la région de l'espoir et une confiance en l'avenir », a-t-il ajouté.
« Nous affrontons les causes de l'inquiétude actuelle pour défendre l'avenir du Liban et notre conception de l'ouverture vers l'autre, la démocratie et la modération », a dit Tammam Salam, avant de poursuivre : « Autant de valeurs qui ont illustré la spécificité du Liban tout au long de l'histoire. Il appartient maintenant à la communauté internationale de déployer tous les efforts possibles pour défendre ces valeurs. »
Après cet exposé, plusieurs parlementaires ont réaffirmé le soutien de la France et posé des questions sur les divers aspects de la situation présente. Le Premier ministre y a répondu avec franchise et clarté, reprenant des éléments contenus dans son exposé en développant certains points.
Toujours en réponse aux questions des députés, il a estimé que l'abolition du confessionnalisme au Liban nécessite encore du temps et que les circonstances présentes n'y sont pas propices.


Au sujet de la participation du Hezbollah à la guerre en Syrie, Tammam Salam a reconnu que c'est là un fait accompli et que le gouvernement n'a pu dissuader cette intervention en Syrie malgré la présence en son sein et aussi à l'Assemblée de représentants de ce parti. « L'engagement du Hezbollah en Syrie a des conséquences négatives sur la situation intérieure malgré la politique de distanciation à laquelle le gouvernement reste attaché », a-t-il affirmé.


Il a également évoqué le dossier des 1,5 million de réfugiés syriens au Liban, expliquant que les autorités libanaises ont décidé de contrôler le statut de toute personne entrant au Liban, comme l'ont fait d'autres pays limitrophes de la Syrie, sans que cela ne provoque des protestations comme cela s'est passé au Liban.
« Les réfugiés syriens représentent des charges énormes pour notre pays, notamment au chapitre de l'alimentation. C'est là un danger de plus pour le Liban. Notre pays n'a pas reçu les aides nécessaires pour faire face à ce problème malgré un rapport présenté par la Banque mondiale au groupe de soutien au Liban, rapport qui chiffre les pertes du pays à 7 milliards de dollars. Le Liban n'a pas reçu jusqu'ici ces aides sinon cent millions qui ont été offerts lors de la conférence de Genève. »
« Il faut donc, a indiqué M. Salam, répartir les réfugiés syriens installés au Liban entre plusieurs pays, la seule réponse étant bien entendu un règlement du problème syrien puisque 90 pour cent de ces réfugiés rentreraient dans ce cas chez eux. » Il a précisé qu'un grand nombre d'entre eux se trouvant au Liban sont originaires de régions limitrophes de la Turquie et de l'Irak, et devraient normalement trouver refuge dans ces pays.

 

(Pour mémoire : À Ghazzé, dans la Békaa-Ouest, les réfugiés syriens sont cinq fois plus nombreux que les habitants)


En conclusion, le Premier ministre a estimé qu'il est « très urgent de commencer à livrer le matériel militaire au Liban prévu dans l'accord franco-saoudien de 3 milliards de dollars, qui a été signé depuis un an et qui n'a pas encore connu un début de concrétisation ».
Pour l'anecdote, Tammam Salam a expliqué aux députés présents qu'il a appris le français au Lycée français de Beyrouth, il y a soixante ans, et qu'il n'a plus pratiqué la langue de Molière depuis. « Mais je suis parvenu quand même à m'exprimer en français, ce qui est une nouvelle preuve de l'attachement des Libanais aux liens historiques avec la France, ces liens que nous voulons sauvegarder », a-t-il dit...


Aujourd'hui, M. Salam rencontrera le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, puis les Libanais de France au cours d'une réception à la Villa Copernic. Vendredi, il est attendu à l'Élysée pour un entretien avec le président François Hollande, entretien qui sera probablement l'événement le plus important de sa visite en France.
Autres rencontres, toujours vendredi : celle avec son homologue français Manuel Valls à l'Hôtel Matignon et celle avec le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qu'il accueillera au Georges V. Sur cette dernière réunion, on apprend de source gouvernementale que certains malentendus franco-libanais sur la « shopping list » seront réglés. Notamment, la question des hélicoptères de combat, le réseau de télécommunications militaire ainsi que l'armement des patrouilleurs prévus dans les accords. Les responsables français et libanais compétents pourraient signer dans les prochains jours les textes définitifs concernant les délais de livraison du matériel prévu dans le cadre de l'accord des trois milliards de dollars. De plus, il est possible que, lors de cette rencontre, une annonce officielle soit rendue publique sur la date de la première livraison de matériel français.
De source ministérielle libanaise, on apprend que le Liban accorde une importance particulière à la visite de M. Salam en France, qui se déroule, souligne-t-on, dans un climat régional et international positif et prometteur. Sans compter une position française prépondérante au sujet de l'élection présidentielle grâce à des contacts entre Paris, Moscou, Washington, le Vatican, Téhéran et Riyad.

 

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