Rechercher
Rechercher

Liban - Assassinat Hariri

Hamadé au TSL : Nasrallah m’a assuré qu’il n’était pas derrière l’attentat qui m’a visé

Les audiences consacrées au témoignage du député Marwan Hamadé se sont poursuivies hier au Tribunal spécial pour le Liban, dans une atmosphère survoltée, mais non dépourvue d'intérêt.

 

Hier, c'était au tour de la défense d'orchestrer le contre-interrogatoire, sous le regard vigilant du président de la chambre de première instance qui a fait preuve d'une patience à toute épreuve.
Interrogé tour à tour par Antoine Korkmaz, le conseil de Moustapha Badreddine, puis par Vincent Courcelles-Labrousse, qui défend les intérêts de Hussein Hassan Oneissi, le témoin a été invité à répondre à une série de questions qui portaient sur certains appels téléphoniques qu'il aurait échangés sur son portable avant et après l'attentat qui l'a visé, en octobre 2004.
Selon la théorie avancée par la défense, les personnes contactées auraient des liens présumés avec Moustapha Badreddine, alias Sami Issa selon l'accusation. M. Hamadé a été également interrogé sur la position « compatissante » du Hezbollah avec la famille de Rafic Hariri, lors des funérailles de ce dernier, ainsi que sur ses articles « complaisants » à l'égard du régime syrien, des écrits qui tranchent avec sa position ultérieure par rapport à ce régime, dira la défense. Également au menu du contre-interrogatoire, les directives que M. Hamadé avait données alors qu'il se trouvait à la tête du ministère des Télécoms, dans la perspective d'une coopération avec la commission internationale d'enquête dans l'affaire de Rafic Hariri.

 

(Pour mémoire : Hamadé au TSL : La polarisation 8-14 Mars a conduit le Liban au bord de l'abîme)


Inaugurée par le contre-interrogatoire d'Antoine Korkmaz sur les données téléphoniques, l'audience matinale a très vite viré à un dialogue de sourds ponctué d'échanges fébriles entre le témoin et la défense d'une part, entre celle-ci et les juges d'autre part, et enfin entre la défense et l'accusation.
Muni d'une liste de numéros de téléphone, Antoine Korkmaz a cherché à comprendre à plusieurs reprises pourquoi l'ancien numéro de M. Hamadé – qui, selon ce dernier, a été détruit durant l'attentat qui l'a visé en octobre 2004 – continuait d'être opérationnel après l'explosion. L'avocat lui soumet une série de numéros affectés à des noms de personnes en relation avec Moustapha Badreddine. Des noms que le témoin affirme ne pas connaître.
« Peut-être qu'il s'agit de personnes qui ont essayé de m'appeler après l'attentat pour s'enquérir de ma santé », soutient M. Hamadé.
« Connaissez-vous Jihad Hussein Annan ? » « Je ne me souviens pas de ce nom. Je ne le connais pas », répond M. Hamadé avant de lancer irrité : « Badreddine, Sami Issa, Élias Saab (autre nom attribué à Badreddine), etc. Vous me demandez si je connais des personnes qui ont de surcroît autant de surnoms et qui m'auraient appelé. Je n'en sais rien. »
Sur l'insistance de la défense qui revient à la charge, M. Hamadé finit par suggérer que son ancien numéro a peut-être été utilisé par les services de renseignements syriens « pour semer le doute autour de l'affaire et perturber l'enquête ». D'autant que ces derniers « ont mis leur main sur le dossier de l'attentat, comme je l'ai déjà souligné », ajoute-t-il, à bout de nerfs.
C'est alors qu'intervient la juge Janet Nosworthy – réputée en général pour son amabilité relative envers les équipes de la défense – pour mettre un terme à un échange qui commençait à dérailler. « Monsieur Hamadé vous a déjà dit à plusieurs reprises qu'il ne sait pas qui a utilisé son numéro, que peut-être c'est quelqu'un d'autre qui l'a utilisé. Pouvez-vous passer à autre chose ? »

 

(Pour mémoire : Hamadé : Hariri est sorti de la réunion avec Assad avec l’impression que les Libanais étaient des moins que rien aux yeux des Syriens)


S'invite alors à la partie le président David Re qui conteste à son tour la manière dont ont été avancés les données et documents par la défense, arguant d'une « erreur de présentation ». Il sera relayé par le juge Nicola Lettieri, qui critique la « lisibilité » des listes soumises à la cour.
Imperturbable, M. Korkmaz reprend : « Ce que j'essaye de prouver ici, c'est que le numéro de M. Hamadé (qui finit par 80-00) a effectué des contacts avec d'autres numéros, lesquels sont en contact avec Sami Issa (alias Moustapha Badreddine, selon l'accusation) », rétorque l'avocat.
Hamadé répond : « J'étais ministre de l'Économie à l'époque. J'étais en contact avec beaucoup d'hommes d'affaires, qui, eux, étaient peut-être en contact avec Sami Issa et avec cette société basée à Khiam. Vous devez vous enquérir sur le fait de savoir pourquoi cette société est entrée en contact avec Sami Issa. Ceci est inacceptable », s'offusque encore le témoin.

 

(Pour mémoire : Assad à Rafic Hariri : « Je détruirai le Liban sur ta tête si... »)


M. Korkmaz conclut le chapitre des appels et passe à une seconde batterie de questions, portant cette fois-ci sur le Hezbollah. Il revient sur la période qui a succédé à l'assassinat de Rafic Hariri, mettant en exergue l'attitude compatissante du parti chiite après la tragédie. Il relève ainsi le fait que son secrétaire général, Hassan Nasrallah, avait envoyé une délégation présidée par le cheikh Naïm Kassem pour présenter ses condoléances à la famille, soulignant que le numéro un du parti se rendra lui-même par la suite à Koraytem en secret pour exprimer sa solidarité avec les Hariri. L'avocat demande à M. Hamadé s'il était au courant des promesses faites à l'épouse de Rafic Hariri par Hassan Nasrallah, qui s'était engagé à faire toute la lumière sur l'assassinat.
« Je ne pourrai pas vous répondre de manière aussi tranchée puisque je n'étais pas présent. Mais je peux vous dire que j'ai moi-même rencontré le secrétaire général du Hezbollah », dit-il. Et de préciser qu'il s'était rendu auprès de lui sur les conseils de Walid Joumblatt pour lui demander si son parti était derrière l'attentat qui l'a visé. « Non », lui dira Nasrallah, qui ajoute « ne pas savoir si ce sont les Syriens », raconte le témoin.
M. Korkmaz présente ensuite à M. Hamadé une série d'articles rédigés et signés par lui, entre la période qui s'étend de 97 à 2000. Dans ces articles, M. Hamadé fait l'apologie du régime syrien, de son président et du parti Baas.
« Comment pouvez-vous rendre hommage à un chef d'État que vous accusez d'avoir tué Kamal Joumblatt ? » lui demande l'avocat. Ce à quoi M. Hamadé répond en soulignant notamment que « la page avait été tournée au nom de la sauvegarde de la paix, de l'unité et de l'arabité du Liban ». « Les relations avec Damas étaient normales jusqu'à ce que le régime baassiste commence à étendre son emprise sur le Liban, jusqu'à ce qu'il se transforme en un régime qui cherche à annexer le Liban », assure-t-il.

 

(Lire aussi : Hamadé devant le TSL : « Les rêves de Rafic Hariri étaient incompatibles avec ceux des Syriens »)


L'avocat affecté à la défense des intérêts de Hussein Hassan Oneissi, Vincent Courcelles-Labrousse, enchaîne en interrogeant le témoin sur les fonctions du ministère, ses prérogatives et ses liens fonctionnels avec les deux sociétés de téléphonie mobile, connues alors sous les noms de Cellis et LibanCell. La défense demande avec insistance à M. Hamadé sur quelle base juridique ou contractuelle il s'était fondé à l'époque pour imposer à la direction des deux sociétés de téléphonie mobile l'obligation de coopérer avec la commission internationale d'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri. Ce à quoi M. Hamadé répond que son attitude était dictée par les obligations de respecter les engagements de l'État libanais, par le biais des mémorandums signés entre ce dernier et les Nations unies et conformément au chapitre VII sous lequel a été placé l'accord entre le Liban et l'Onu.
« En tant que ministre, aviez-vous l'autorité de donner des directives à des sociétés privées ? » lui demande la défense.
« Le Liban était lié par le chapitre VII. Nous avions l'obligation de faciliter la coopération », répond le témoin qui devra poursuivre aujourd'hui son témoignage, pour le dernier jour probablement.

 

Pour mémoire
Assad, le retour, l'éditorial de Issa Goraieb

Le Temps du Tribunal, la feuille de route de Michel Hajji Georgiou

Les audiences consacrées au témoignage du député Marwan Hamadé se sont poursuivies hier au Tribunal spécial pour le Liban, dans une atmosphère survoltée, mais non dépourvue d'intérêt.
 
Hier, c'était au tour de la défense d'orchestrer le contre-interrogatoire, sous le regard vigilant du président de la chambre de première instance qui a fait preuve d'une patience à toute...
commentaires (2)

JE M'EXPRIME PLUS CLAIREMENT : TOUTES LES APOLOGIES ET DIRES DE HAMADÉ AU TSL... DU OUOUOUMMM... ET DU... OUOUOUFFFF !

LA LIBRE EXPRESSION

09 h 18, le 11 décembre 2014

Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • JE M'EXPRIME PLUS CLAIREMENT : TOUTES LES APOLOGIES ET DIRES DE HAMADÉ AU TSL... DU OUOUOUMMM... ET DU... OUOUOUFFFF !

    LA LIBRE EXPRESSION

    09 h 18, le 11 décembre 2014

  • DU... UUUUMMMMMM.... ET DU.... OUOUOUFFFFF !

    LA LIBRE EXPRESSION

    07 h 59, le 11 décembre 2014

Retour en haut