M. Girault reçu hier en soirée par Walid Joumblatt en présence du fils de ce dernier, Taymour, et du député Henry Hélou, candidat à la présidence. Photo Ani
Dépêché par Paris, le directeur du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord au ministère français des Affaires étrangères, Jean-François Girault, a entamé hier une visite officielle diplomatique de deux jours, placée principalement sous le signe du déblocage du dossier de la présidentielle.
Accompagné de l'ambassadeur de France, Patrice
Paoli, M. Girault s'est rendu hier auprès du Premier ministre, Tammam Salam, du président de la Chambre, Nabih Berry, de l'ancien chef de gouvernement, Nagib Mikati, du chef de la diplomatie, Gebran Bassil, du patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, du chef du bloc parlementaire du Futur, Fouad Siniora, et du chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Il sera reçu aujourd'hui par l'ancien président Michel Sleiman ainsi que par le chef des Kataëb, Amine Gemayel.
Dans une déclaration à la presse à sa sortie du Sérail, l'émissaire français a souligné l'inquiétude de son pays face au blocage qui se poursuit au Liban, affirmant qu'il est chargé de mission dans le pays. « C'est dans ce cadre que j'ai rendu visite au Premier ministre à qui j'ai réitéré le soutien de la France et transmis une lettre de condoléances après la mort de six soldats libanais (dans une embuscade à Ersal) et la liquidation terrifiante d'un agent des FSI parmi les otages » aux mains d'al-Nosra et de l'État islamique. « La France reste l'amie loyale du Liban et se tient à ses côtés quelles que soient les circonstances. Elle reste attachée à son unité, sa sécurité et sa souveraineté », a-t-il poursuivi.
« La vacance présidentielle qui dure depuis sept mois inquiète la France et ses partenaires. Face à cette impasse, elle agit de manière objective et sincère, et place ses capacités au service du Liban », a encore dit Jean-François Girault, avant d'insister sur le fait que l'élection présidentielle « est une affaire nationale libanaise ». « La France n'a pas de candidats ou de veto contre qui que ce soit. Elle soutient l'État libanais et le fonctionnement des institutions », a fait valoir l'émissaire français qui a encouragé les Libanais à se dépêcher de choisir leur président sans « intervention étrangère et à s'entendre entre eux autour d'un candidat ». « Il faut qu'il y ait un accord. La France propose de faciliter l'aboutissement à un accord si le Liban le souhaite », a-t-il affirmé.
Plus tard dans la journée, le bureau de presse de Samir Geagea a fait paraître un communiqué dans lequel il a indiqué que la conversation entre les deux hommes a porté sur la situation au Liban et dans la région, et que l'émissaire français a mis l'accent sur l'attachement de son pays à la souveraineté, l'indépendance et la liberté du Liban. M. Girault, poursuit le texte, a expliqué que la procédure engagée pour rééquiper l'armée a sensiblement avancé et réaffirmé que la présidentielle est une affaire libanaise, mais que son pays envisage de déployer tous les efforts qu'il faut pour faciliter cette échéance, sans intervenir dans les noms des éventuels candidats.


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