Un membre de l'ancien groupe rebelle Hayat Tahrir el-Cham monte la garde près d'une image du président syrien Bachar al-Assad au quartier général de la quatrième division à Damas, en Syrie, le 23 janvier 2025. Photo Yamam Al Shaar / REUTERS
Le Liban a arrêté un ancien colonel syrien et ses complices accusés de fomenter des attaques contre les forces gouvernementales du nouveau pouvoir islamiste à Damas, a indiqué mercredi un responsable judiciaire libanais à l'AFP. Selon ce responsable qui a requis l'anonymat, un ex-général de l'armée syrienne, proche du président déchu Bachar el-Assad et établi comme lui à Moscou, dirigeait ce réseau depuis la capitale russe.
Outre l'ancien colonel, deux autres Syriens et deux Libanais ont été arrêtés par les autorités libanaises, qui ont saisi « des mitraillettes, des grenades et des explosifs » en leur possession, a précisé la même source, selon laquelle les membres du réseau ont « suivi un entraînement militaire auprès de miliciens du Hezbollah pro-iranien au Liban ». Selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), les suspects sont interrogés sous la supervision du procureur général près la Cour de cassation, le juge Ahmad Rami Hajj, qui a ordonné l’approfondissement de l’enquête.
Le Hezbollah a démenti mercredi en soirée tout lien « de près ou de loin » avec la cellule, selon un communiqué du parti-milice.
Des recrues hébergées par le Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth ?
Le média libanais al-Modon a rapporté, citant une source judiciaire sous couvert d’anonymat, que l’enquête avait débuté avec l’arrestation d’Ali Safi, un ancien colonel des renseignements de l’armée de l’air syrienne qui se cachait dans le Akkar (Liban-Nord), où il travaillait comme vendeur de café. Il aurait dirigé les opérations sur le terrain en coordination directe avec un officier syrien présenté comme l’un des dirigeants de la Brigade des Faucons du désert, actuellement établi en Russie.
Selon le média, le réseau aurait fait entrer clandestinement au Liban des recrues originaires de la région du littoral syrien, par groupes de cinq ou six, pour un total de près de 50 personnes. Après avoir été hébergées dans la banlieue sud de Beyrouth sous la supervision d’un responsable de terrain du Hezbollah, elles auraient été transférées dans un camp d’entraînement dans la Békaa, où elles auraient appris à fabriquer des explosifs, ainsi qu’à assembler et piloter des drones, avant d’être secrètement renvoyées en Syrie pour y attaquer les forces de sécurité.
Les forces de sécurité libanaises ont également perquisitionné plusieurs bâtiments à usage résidentiel et agricole dans le Akkar, où elles ont saisi des bombes, des armes et des détonateurs. Selon notre correspondant dans la région, Michel Hallak, des témoins avaient aperçu, il y a deux semaines, un important contingent des Forces de sécurité intérieure (FSI) venu de Beyrouth pour mener une perquisition, à Tall Biré, dans le Akkar.
Selon al-Modon, les forces de sécurité ont aussi perquisitionné un appartement à Bickfaya, dans le Metn, où un ressortissant syrien qui aurait participé à la dissimulation d’explosifs a été arrêté. Les investigations se poursuivent pour identifier et retrouver deux responsables du Hezbollah soupçonnés d’être liés au réseau. Les procédures visant à confirmer leur identité sont en cours, avant l’émission éventuelle de notifications judiciaires et de mandats d’arrêt à leur encontre.
Dans un communiqué diffusé mercredi en soirée, le Hezbollah a affirmé n’avoir « aucun lien, de près ou de loin, avec une quelconque cellule ou un quelconque groupe de ce type, et les allégations et accusations sont totalement et entièrement dénuées de fondement ». Le groupe chiite accuse « certains médias » de chercher à « ternir l’image du parti », et évoque « une entreprise malveillante destinée à attiser les dissensions et à porter atteinte à la stabilité sécuritaire du pays ». D'après le responsable libanais précité, les premiers éléments de l'enquête ont montré que les prévenus « fomentaient des attaques contre les forces syriennes sur le littoral » de la Syrie. Cette région est peuplée en majorité d'alaouites, la communauté dont est issu le président déchu, et avait été le théâtre de violences meurtrières en mars 2025.
Le Hezbollah était l'allié du pouvoir d'Assad et combattait à ses côtés lors de la guerre civile qui a ravagé le pays de 2011 jusqu'à la prise du pouvoir par une coalition islamiste fin 2024. Le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem avait surpris il y a un mois en se disant ouvert à « une rencontre publique » avec le nouveau pouvoir syrien.
Le Liban et la Syrie ont exprimé leur détermination à ouvrir un nouveau chapitre dans leurs relations depuis la chute du clan Assad et l'affaiblissement de son allié, le Hezbollah. Les autorités libanaises nient héberger des figures du pouvoir d'Assad et ont extradé en août un ancien général syrien, accusé de crimes contre l'humanité par Damas.



Le hezbollah n’est pas à un mensonge près. Bien sûr qu’il a hebergé ces gens, il a accueilli à bras ouverts tous les voyous de la terre. Toutes les accusations portées contre cette milice terroriste étrangère lui vont comme un gant. Il suffit de se rappeler combien de bons patriotes Libanais elle a assassiné. Mais qui vit par le glaive périra par le glaive.
08 h 35, le 03 septembre 2026