Les dommages de l’attentat ayant tué 18 personnes à Bagdad, jeudi. Ahmad al-Rubaye/AFP
Les jihadistes de l'État islamique (EI) ont avancé dans les environs de l'important aéroport militaire de Deir ez-Zor, a indiqué hier une ONG.
De ce fait, l'EI a pris le village d'al-Jaffrah, adjacent à l'aéroport militaire tenu par les forces gouvernementales, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Et cette avancée met en grande difficulté les soldats présents car ils sont quasiment encerclés et n'ont plus qu'une seule ligne de ravitaillement terrestre, à l'ouest de l'aéroport. Ainsi, au cours des dernières 48 heures, 30 soldats et supplétifs ont été tués dans les combats ainsi que 27 jihadistes, selon l'OSDH, qui a précisé que deux membres des forces du régime avaient été décapités après leur capture. Par ailleurs, l'OSDH a indiqué qu'au moins 15 jihadistes avaient été tués lors d'une frappe de la coalition contre un convoi de l'EI près de Bou Kamal, à la frontière avec l'Irak.
Parallèlement, l'aviation française a mené hier un raid « important » sur des objectifs en Irak dans le cadre de l'action de la coalition internationale contre l'EI, a annoncé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. « Nous sommes tout à fait déterminés (...) à empêcher le prétendu État islamique d'occuper l'Irak. Grâce à l'action de la coalition internationale, nous avons mis un coup d'arrêt à l'expansion de Daech, mais le coup d'arrêt ne signifie pas que la guerre est finie », a ajouté M. Le Drian. Le ministre a par ailleurs jugé « scandaleux » les propos du président syrien Bachar el-Assad publiés jeudi par l'hebdomadaire Paris Match, selon lesquels les frappes aériennes en Syrie contre l'EI sont inefficaces.
Nécessité d'un dialogue Riyad-Téhéran
Sur un autre plan, le programme occidental d'équipement et d'entraînement des rebelles syriens modérés devrait démarrer au plus tôt à la fin du mois de février, a déclaré un des responsables de l'opposition à Bachar el-Assad, hier. Mais Hadi al-Bahra, chef de file de la Coalition nationale syrienne basée en Turquie, a estimé que les États-Unis et leurs alliés devaient trouver de nouveaux moyens d'accroître l'aide fournie à ces rebelles modérés.
En outre, s'exprimant à l'ouverture de la 10e édition annuelle du « Dialogue de Manama » organisé par l'Institut international d'études stratégiques (IISS), le ministre irakien des Finances Hoshyar Zebari a déploré qu'il n'y ait « pas de mécanisme » permanent de dialogue entre Riyad et Téhéran. Et en réponse à des questions sur des ingérences négatives prêtées à l'Iran dans plusieurs pays, M. Zebari a reconnu qu'il y avait « une influence iranienne en Irak », mais « nous faisons la différence entre influence et confiscation de la prise de décision ». Pour sa part, un chercheur iranien, Seyed Hossein Mousavian, ancien chef de la commission des Relations étrangères du Conseil suprême pour la sécurité nationale en Iran, a lui aussi estimé que le dialogue entre Téhéran et Riyad était « très important ». « L'absence de plateforme pour la coopération (régionale) fait grandement défaut », a expliqué M. Mousavian en plaidant en faveur d'un système de coopération qui inclurait l'Iran, l'Irak et les six pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Qatar, Oman).
Enfin, un Allemand de 20 ans a été condamné hier à trois ans et neuf mois de prison pour avoir rejoint l'EI en Syrie, au terme du premier procès d'un jihadiste né en Allemagne.
(Sources :agences )


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