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Liban - Interview

Geagea à « L’OLJ » : J’invite certains médias à organiser un face-à-face entre Aoun et moi-même

Dans un entretien avec « L'Orient-Le Jour », le leader des Forces libanaises Samir Geagea dénonce « un mouvement aouniste incompatible avec la dynamique sociale ».

Photo Aldo Ayoub

Le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, parvient à puiser, dans une lecture réaliste de l'état d'immobilisme actuel, des motifs d'optimisme. Cet optimisme n'exclut pas une fermeté de ton à l'égard du chef du Courant patriotique libre, Michel Aoun, avec lequel il dit avoir tenté, en vain, de frayer un terrain d'entente, y compris par le biais de la société civile, pour débloquer la présidentielle.

Il porte ainsi un regard lucide sur le dialogue prévu entre le Hezbollah et le Futur, qui doit produire « un apaisement sunnite-chiite ». Ce dialogue est « positif » sur le plan du principe, mais il permettra au Hezbollah de « maintenir son projet et ses actions politiques en marche sans que ce projet n'affecte ses relations avec la communauté sunnite », affirme-t-il. De la même manière, le courant du Futur pourra « se libérer de la tension latente qui risque à tout moment d'entraver sa démarche politique ».

 

« Un ennemi commun... »
Ce dialogue, « souhaité en premier lieu par le Hezbollah », permettra de « gagner du temps en toute tranquillité ». Samir Geagea craint cependant que le dialogue prévu entre le Futur et le Hezbollah ne « cautionne implicitement la continuité de la crise ». Ayant toujours refusé le dialogue qui occulte les points de litige profonds, M. Geagea avait boycotté les séances de dialogue nationale dès 2011.
Quoi qu'il en soit, il se dit « rassuré » quant à la situation sécuritaire. En effet, « pour la première fois dans l'histoire du pays, les Libanais s'entendent sur un ennemi commun, à savoir les organisations jihadistes ». Mais cette union ne doit pas conduire à favoriser politiquement le Hezbollah, qui se présente comme le fer de lance de la lutte contre le terrorisme. Cette nuance ne doit pas se dissiper, souligne le leader des Forces libanaises.
Il affirme en outre que « les tentatives du parti chiite d'armer les chrétiens des villages frontaliers, en vue de créer des Brigades de la résistance, ont échoué ». Il ne manque pas de saluer dans ce cadre « le déploiement efficace de l'armée aux frontières ».

 

Situation profitable aux chrétiens
S'agissant du rôle des chrétiens du Liban, il estime d'abord que les craintes de leur disparition démographique progressive sont infondées. Il dénonce à la fois l'inexactitude des chiffres, souvent différents, avancés sur la question et rejette « l'évolution démographique linéaire » que ces chiffres entendent démontrer. Se basant sur une étude effectuée en 2013 sur « la réalité démographique libanaise », il critique les approches « approximatives » et les fausses impressions que pourraient inspirer par exemple, à tort, les images transmises sur des manifestations populaires relevant de telle communauté ou de telle autre.
Il estime surtout que la situation actuelle des chrétiens peut leur être fort profitable en politique.
« Deux éléments se rencontrent aujourd'hui pour la première fois en faveur des chrétiens : l'unanimité à leur concéder entièrement le choix d'un président de la République, d'une part, et leur degré d'éducation et de contribution à l'économie durable, par les petites et moyennes entreprises, d'autre part », relève le président des FL. Il revient dans ce cadre sur sa dernière visite en Arabie saoudite, au cours de laquelle « le prince Saoud al-Fayçal a réitéré devant moi l'invitation aux chrétiens du Liban de s'entendre sur un chef de l'État, et tout le reste suivra ».

 

« La néoplasie aouniste »
Sauf qu'il existe un élément viciant actuellement l'exercice libre du rôle substantiel des chrétiens. Ce « facteur », qu'il dénonce avec le souci de situer ses propos « en dehors de la rivalité politique », est incarné par le Courant patriotique libre. « Le mouvement aouniste, en ce qu'il rompt avec la dynamique sociale et ses spécificités, est un mouvement idiosyncratique, voire néoplasique », ayant un rapport presque nul avec son environnement.
Ce rapport s'est réduit à néant, selon lui, à l'instant où les actions du CPL et son discours sont devenus antinomiques. Ainsi, « le courant qui s'était positionné contre le féodalisme, la corruption et la tutelle syrienne a aujourd'hui pour porte-parole des chantres de Damas, et pour représentants au sein du pouvoir des ministres qui entreprennent des actes trois fois pires que ceux qu'ils dénoncent sous le slogan du changement et de la réforme ».
Pourtant, « d'autres ministres, notamment le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, et le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, font actuellement preuve du plus grand zèle dans le sens de la réforme, sans avoir arboré à la base le slogan du changement », relève-t-il, louant avec insistance leurs initiatives respectives dans la lutte contre la corruption.
Ce sont des initiatives pareilles, relevant souvent de la personne du ministre ou du responsable, qui sont capables d'ébranler
« l'attitude défaitiste qui tend à prévaloir chez les Libanais », souligne le leader des FL, exhortant les Libanais à surmonter leur lassitude.
Il soutient son appel par deux considérations. D'abord, « la décrépitude et les horizons bouchés disparaîtront en un clin d'œil lorsque l'instant politique opportun surviendra ». Ensuite, d'une manière générale, « tous les mouvements politiques, y compris les mouvements authentiques, sont voués à disparaitre tôt ou tard. Cette réalité est donc loin d'épargner la néoplasie aouniste », celle-ci étant, selon lui, à l'origine du blocage actuel de la présidentielle.

 

(Pour mémoire : Hariri : Avec le Hezbollah, "je veux un dialogue sérieux qui ait des résultats")

 

« Le Hezbollah n'a pas le luxe de perdre Aoun »
Alors que Samir Geagea est certain que « la présidentielle ne se joue qu'à l'intérieur des frontières libanaises », sans interférence étrangère, il met l'accent sur le rôle du chef du CPL et sa responsabilité directe, voire personnelle, dans la vacance à la magistrature suprême. « Le général Michel Aoun perçoit la présidentielle comme son ultime bataille et il est profondément convaincu que seul lui parviendra à sauver le pays. Sa pensée est cohérente sur ce point et ne fait l'objet d'aucune manœuvre », estime Samir Geagea. En contrepartie, poursuit-il, « le Hezbollah n'est pas gêné outre mesure par la vacance présidentielle, ni il n'a le luxe de perdre son allié. Jamais il ne mécontenterait le général Aoun pour combler cette vacance ».
Autrement dit, « le Hezbollah soutient son allié avec l'espoir d'obtenir, à travers lui, une hausse des enchères qui lui assure des gains ultérieurs... Sauf que, cette fois, il n'y aura pas de phase ultérieure, il n'y aura pas de Doha », explique-t-il.
Il s'oppose ainsi à l'idée selon laquelle le leader du CPL serait contraint par le Hezbollah à bloquer la présidentielle. « C'est Michel Aoun qui exerce des pressions sur le Hezbollah, et non l'inverse, preuve en est son dernier appel à élire un président de la République sans lui, un appel qui est visiblement adressé à son allié chiite, en prévision du dialogue que celui-ci prévoit avec le Futur. »
Même si le chef du courant du Futur, le député Saad Hariri, ou son représentant à la table de dialogue prend l'initiative d'évoquer le dossier de la présidentielle avec le Hezbollah, « il se heurtera à la réponse classique du parti chiite, le priant d'examiner la question avec le CPL », estime Samir Geagea.

 

Appel à « la bonne conscience du général »
Cette lecture le conduit à s'en remettre « à la bonne conscience du général Aoun pour débloquer la présidentielle ». « Le Hezbollah est en dehors du pays, mais Michel Aoun, où est-il ? » s'interroge-t-il. « Sa présence à l'hémicycle est le seul moyen d'éviter une élection consensuelle », ajoute-t-il, tout en réitérant sa disposition à se retirer éventuellement de la course en cas de solution viable pour le 14 Mars, fondée sur le nom d'un candidat accepté par les deux camps.
Mais en attendant, « étant donné que le général Aoun a officialisé sa candidature et demandé de restreindre la course présidentielle à sa candidature et à la mienne, j'invite les médias concernés (radio, télévision, journaux) à organiser un débat entre Michel Aoun et moi-même sur tous les sujets liés à la présidentielle », déclare le leader des Forces libanaises. Il appelle notamment la LBCI, la MTV, la OTV, ainsi que L'Orient-Le Jour, an-Nahar ou al-Akhbar et Radio Liban libre, à œuvrer pour inciter le général Aoun à relever le défi de ce face-à-face médiatique. « Pour ma part, je suis prêt », conclut-il.

 

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Le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, parvient à puiser, dans une lecture réaliste de l'état d'immobilisme actuel, des motifs d'optimisme. Cet optimisme n'exclut pas une fermeté de ton à l'égard du chef du Courant patriotique libre, Michel Aoun, avec lequel il dit avoir tenté, en vain, de frayer un terrain d'entente, y compris par le biais de la société civile, pour débloquer la présidentielle.
Il porte ainsi un regard lucide sur le dialogue prévu entre le Hezbollah et le Futur, qui doit produire « un apaisement sunnite-chiite ». Ce dialogue est « positif » sur le plan du principe, mais il permettra au Hezbollah de « maintenir son projet et ses actions politiques en marche sans que ce projet n'affecte ses relations avec la communauté sunnite », affirme-t-il. De la même manière, le courant du Futur...
commentaires (12)

CORRECTION ! MERCI : ".... que l’on "discute" avec lui comme tente vainement de le faire le Hakîm...."

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

08 h 30, le 06 décembre 2014

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Commentaires (12)

  • CORRECTION ! MERCI : ".... que l’on "discute" avec lui comme tente vainement de le faire le Hakîm...."

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 30, le 06 décembre 2014

  • Ça changera rien....

    CBG

    01 h 21, le 05 décembre 2014

  • El Hakim n'a jamais été intéresser par la présidentielle, juste un rappel des faits a la fin des années 80 la Syrie a demander a geagea de devenir ministre et après le mandats hraoui devenir président ou alors de subir les foudres de damas, mais bien sur tout cela a un prix qui été de devenir un laquais du régime syriens ce que bien entendu en bon patriote et sincere libanais a refuser et cela lui a valu 11 ans de prison, partent de la comment peut on encore dire être corrompu ?!?!? Maintenant a peopos de l'Arabie saoudite bien avant geagea et hariri l'Arabie été conciderer au liban comme un grand frère et un allier.. Ce qui n'ete pas le cas de l'Iran !!! Pour finir oui l'Arabie saoudite et l'allié du liban non de seulement geagea mais le Hezbollah n'est pas l'allié de l'Iran il en fait une partie intégrante de celle ci

    Bery tus

    15 h 37, le 03 décembre 2014

  • "TANT-PIS" EST DEVENU MAÎTRE... EN PLAçANT LES BALLES... L'UNE APRÈS L'AUTRE... CHEZ "S'EN-FOUT" !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 06, le 03 décembre 2014

  • Quand les libanais vont-ils se décider de se débarrasser de ces croulants politiques qui ont bien profité du pays?

    FAKHOURI

    11 h 47, le 03 décembre 2014

  • J'espère de tout cœur que ce face-à-face aura lieu et que Samir Geagea et Michel Aoun parviendront à se mettre d'accord. Sans conteste, Samir Geagea ferait le meilleur président pout le Liban et je verrais bien le général Michel Aoun comme chef suprême d'une Armée nationale, rendue assez puissante pour ne pas avoir à compter sur le Hezbollah afin d'assurer la défense et l'autonomie du pays et pouvoir se débarrasser de la tutelle de la Syrie. C'est en dissolvant toutes les milices armées, y compris celle du Hezbollah, et en établissant un régime démocratique, où chaque confession religieuse sera libre de pratiquer ses croyances, que le Liban pourra recouvrer la paix et la prospérité.

    Jacques MARAIS

    11 h 29, le 03 décembre 2014

  • Dans cette rencontre au "sommet " des forces qui forment le socle de la chretiennete au Liban , geagix nouveau converti ,va tenter de convertir son adversaire au salafowahabisme et le phare Aoun bien sur resistera de facon intelligente mais ferme . L'anaphylaxisme ou allergie du General aux theses importees de la binsaoudie , pour evidente que cela soit, ne prendra pas sur lui . Mais si je concede une chose a geagix c'est qu'il vient de reconnaitre que la binsaoudie est son mentor et allie . Chose que meme les sunnites du Liban ont honte de declarer ouvertement . Il vient de me plaire un peu ce geagix .

    FRIK-A-FRAK

    11 h 10, le 03 décembre 2014

  • Jusqu'à quand ces deux obsédés de la présidentielle: Samir Geagea et Michel Aoun vont-ils continuer a nous servir leurs analyses, entretiens etc. sur tous les médias ? Ne comprennent-ils pas qu'ils empêchent tout un pays de...respirer et vivre normalement ? Sont-ils vraiment persuadés qu'il n'y a qu'eux de valables pour diriger le Liban ? Nous ne voulons ni l'un ni l'autre ! Car nous savons trop bien que si l'un d'eux gagne cette présidentielle, l'autre, le perdant, n'aura qu'une idée: entraver toutes les actions du gagnant pour pouvoir dire: "vous voyez...c'est un icapable !" Nous demandons un Président de la République honnête, fort et avant tout patriote, qui n'aura ainsi plus besoin d'être "consensuel". Il y a plein de personnalités libanaises possédant ces qualités. Cherchez-les, mais pas parmi ceux qui depuis des décennies n'ont rien fait de concret pour leur pays ! Irène Saïd

    Irene Said

    10 h 50, le 03 décembre 2014

  • À CE JOUR, POUR LA MAJORITÉ DES LIBANAIS, GEAGEA EST CONSIDÉRÉ COMME UN PATRIOTE LIBRE, VU SON PARCOURT EN POLITIQUE. IL N'AURAIT PAS DU PRONONCER CETTE PHRASE: " LE PRINCE SAOUD AL FAYÇAL......" QU'EST CE QU'ON A À FOUTRE DE CE QU'IL PENSE CE PRINCE". LES LOIS APPLIQUÉES LA BAS NOUS FAIT FRISSONNER. "UNE FEMME VIOLÉE, UNE FEMME CONDUCTRICE ETC..." PERSONNE NE PEUT REPROCHER À GEAGEA POUR UN VOYAGE TOURISTIQUE OU D'AFFAIRE EN ARABIE, MAIS À EN NOUS DONNER DES LEÇONS SUR L'AVIS POLITIQUE DU PRINCE SUR LE LIBAN POUR NOUS RASSURER ! ! ! ÇA NE NOUS INTERESSE PAS DU TOUT. LE LIBAN ET L'ARABIE SONT DEUX MONDE COMPLÈTEMENT DIFFÉRENTS.

    Gebran Eid

    09 h 03, le 03 décembre 2014

  • Tiens, tiens, revoilà boSSfèèèr, qui repasse comme il passe toujours quand on a envie de rire. Et puisque le bigaradier prétend être attaché à ce pays, que l’on "discute" avec lui comme tente de le faire le Hakîm, de ces étranges fakkîhistes ainsi dénominés parce qu’ils prêtent tant à rire. Car, comment reconnaître le Sain du Malsain ? Portons 1 biquette indigène à ébullition dans 1 marmite-"Ttanjrâ" bääSSàRienne. Si l’1 s’insurge ou s’en réfère à Sfééér comme Samîr, c’est 1 Sain. S’il la laisse bouillir genre chevrette, c’est 1 Malsain oranginé. C’est donc chaque jour que le caporal découvre l’eau chaude ! Sa plus belle trouvaille à boSSfaïr est qu’on a intérêt, quand on avance 1 argument Oüéééte, à l’objectiver. Cette mirobolante sémantique signifie, dans son langage biaisé, qu’on prendra soin de le vérifier cet argument Fort et de l’authentifier. Ce que, bien entendu, il n’est pas venu à l’esprit du Hakîm de le faire ! Car, de même qu’on accepte sans barguigner que le niveau d’1 argumentation de sa part oscille entre 2 inepties éhontément mensongères, il est admis que toute analyse "géostratégique" de son Beauf concernant la diplomatie se révèle parfaitement fantaisiste pour peu qu’on l’examine + avant. D’où l’objectivation, l’appel à des "experts", dont on espère qu’ils n’auront pas envie, eux aussi, d’avancer n’importe quoi au hasard de leurs humeurs senteurs boSSfèèèr. Auquel cas, il faudra sûr faire appel, pour objectiver l’objectivation, à des "experts d’experts"....

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 45, le 03 décembre 2014

  • 1-"Samir Geagea craint que le dialogue prévu entre le Futur et le Hezbollah ne "cautionne implicitement la continuité de la crise" ? Mais c'est archisûr que le Hezbollah ne cèdera rien du tout au Futur, tout particulièrement en ce qui concerne son "jihad" en Syrie, et c'est sûr que la "continuité de la crise" est assurée. 2-Le chef des FL invite les Libanais à "surmonter leur lassitude" ? Une des premières choses, dont les Libanais sont "las", c'est la rivalité et l'impossibilité d'entente entre Aoun et Geagea. Aoun en profite au maximum pour tenter son ultime chance et, avec le Hezbollah à qui cela convient, paralyse la présidentielle, les institutions et tout le Liban. De ce pays, toute la classe politique pourrie et irresponsable devant les dangers inouis qui le menacent, s'en fout éperdument. Qu'elle aille au diable !

    Halim Abou Chacra

    05 h 03, le 03 décembre 2014

  • Dans le baba.... bon-papa !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    03 h 12, le 03 décembre 2014

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